A Paris, des cuistots dans les étals

Les « Top Chef » peuvent raccrocher la toque. C’est désormais en plein air que les marmitons entrent en action. En partenariat avec la Mairie de Paris, la Fédération française de cuisine amateur (FFCA) organise plusieurs fois par mois des cours de cuisine gratuits sur les marchés de la capitale. « Il suffit de s’inscrire à l’avance, explique Mathieu Boulanger, de l’association. On change d’arrondissement et de chef à chaque fois pour varier les plaisirs. »

Animation garantie
Ce matin-là, c’est au marché Molitor que les effluves de sauté de dinde caramélisée s’envolent parmi les étals. Et c’est Solène Peillon-Chaignon, chef amateur de la FFCA, qui officie derrière les fourneaux. « J’essaie de trouver des recettes simples, conviviales. De celles qu’on peut refaire chez soi pour la famille ou les amis. » C’est ce qui plaît à Sandra, venue prendre sa première leçon sur les marchés : « Ici, on découvre qu’avec peu de choses, on peut faire beaucoup. » Delphine et Nicole sont déjà des habituées. « C’est en prenant des cours de cuisine qu’on s’est rencontrées, raconte Nicole tout en découpant les filets de dinde. C’est dire si c’est convivial ! »
La chef les interrompt : « Vous savez comment on enlève la nervure de la volaille, mesdames ? » Les élèves ne se démontent pas : « On a un volailler en face, on va lui demander ! » Sitôt dit, sitôt fait. Les commerçants se prêtent au jeu. « Ça met de l’animation, s’enthousiasme Gaëlle, aux fruits et légumes. Comme ils viennent chercher les produits chez nous, c’est agréable. » Une évidence pour les membres de la FFCA : « Faire les courses ensemble, ça rajoute au plaisir, selon Mathieu Boulanger. Et ça permet de refaire un point sur les produits de saison. » Dans les allées, la foule s’est disséminée. Mais devant les cuisinières en herbe, les curieux continuent d’observer. Le panier plein de provisions, Bernard se promet de tenter l’expérience une prochaine fois : « La cuisine, c’est un patrimoine à partager. Et pour ça, quoi de mieux que l’ambiance d’un marché ? »

Tiphaine Réto © 20Minutes Grand Paris

Les justifications de Samy Naceri

Epilogue pour Samy Naceri. L’enfant terrible du cinéma, condamné plusieurs fois entre 2000 et 2007, comparaissait mardi devant le tribunal correctionnel de Paris. Le ministère public a requis cinq ans de prison, dont deux ferme.

L’acteur était cette fois-ci poursuivi pour avoir, le 8 janvier 2009, poignardé au cou un ami de son ex-compagne. «J’avais donné rendez-vous à Monsieur Naceri pour qu’on s’explique. Il n’arrêtait pas d’appeler son ex-amie et la menaçait, a avancé la victime. Au moment où j’allais partir, j’ai senti un coup. Et j’ai vu du sang couler. Quand je me suis retourné, j’ai vu quelqu’un de haineux, quelqu’un dont le regard indiquait qu’il voulait finir le travail». « Je reconnais les violences envers ce monsieur mais pas les menaces de mort ni le harcèlement téléphonique envers mon ex», s’est défendu Samy Naceri.

«J’ai pas à m’excuser»

Théâtral, mêlant humour et émotion, le comédien n’a rien cédé de l’audience. «Je vous explique madame la présidente. Si je ne vous explique pas tout, je vais encore être condamné. J’ai pas fait un coup en traître. C’était un truc à deux francs au sujet d’une fille.» Mimant la scène, Samy Naceri a expliqué avoir sorti son couteau pensant que son interlocuteur était armé: «J’ai cru qu’il avait sorti un truc en métal de son pull. J’ai pensé que c’était un pistolet du genre de ceux des “Mystères de l’Ouest”. J’ai voulu lui donner un coup dans la main. Je ne sais pas comment c’est arrivé dans son cou.»

S’échauffant de scènes en scènes, l’acteur a tout donné pour sa défense, malgré les soupirs agacés de ses avocats: «C’est facile de m’accuser avec mon curriculum. Je passe pour une pourriture aux yeux de tout le monde. Je n’ai pas le droit à un crédit voiture, à un compte en banque. Tout le monde m’a tourné le dos. Pourtant depuis deux ans, j’ai tout fait pour me reconstruire. Et ce geste a tout foutu en l’air.» Pas question, pour autant, de présenter des excuses. «J’ai pas à m’excuser. Pas auprès de lui.» L’affaire a été mise en délibéré au 28 avril prochain.

Tiphaine Réto © 20Minutes-Grand Paris

Le Marais se cherche-t-il ?

«Là, c’était le premier bistrot gay du Marais. Un petit troquet où se croisaient folles, cuirs et PD à moustaches. Je ne sais pas si c’est encore homo… » Hervé Latapie encadre des promenades dans le « triangle d’or » du quartier gay. Ce jour-là, en contant les grandes et petites histoires de la communauté, il égrène aux coins des rues la liste des bars disparus.

« Plus que des fringues ou des opticiens ! »

Parmi les plus emblématiques, Le Central, remplacé depuis peu par un bijoutier. « Ca a fait un choc parce que c’était l’un des plus anciens et qu’une autre activité a pris la place, explique Rémi Calmon, du Syndicat National des Entreprises Gaies. Mais c’est le principe de la libre entreprise. » Un principe qui ne plaît pas à tous. « Regardez autour de vous, avance Walter Paluch. Ce ne sont plus que des fringues ou des opticiens ! » Lui tient la librairie homosexuelle Les Mots à la bouche, installée rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie depuis 1983. Et observe, chagrin, la mutation du quartier : « Les lieux de convivialité, c’était ça l’âme du Marais. On va finir comme Saint-Germain : un quartier embourgeoisé. » Même avis pour Hervé Latapie : « Mais que faire ? Dans les années 1980, on lançait un bar avec rien. Aujourd’hui, c’est dur de racheter une affaire ici. » Selon la Chambre des Notaires de Paris, le 4e arrondissement est passé de 3 800 € le m² en 1990 à 9 300 € en 2010. Et les établissements qui ouvrent font face à d’autres enjeux. « Autrefois, le bar était le lieu de drague des gays, explique Rémi Calmon. On y passait forcément pour rencontrer du monde. Aujourd’hui, il y a Internet ! »

Autre temps, autres mœurs. Les habitués du quartier le savent. « L’identité du Marais, c’était aussi le militantisme, observe Walter Paluch. S’afficher dans les bars n’était pas anodin. » Des combats devenus des acquis pour une nouvelle génération moins revendicatrice. « Les jeunes ne fréquentent pas que des lieux communautaires parce qu’ils ne veulent pas être réduits à leur sexualité », remarque Rémi Calmon. De quoi s’interroger sur la survie d’un quartier gay ? La question n’effleure pas ce couple transi qui s’embrasse parmi les promeneurs de la rue des Archives. « Il y aura toujours besoin d’un territoire, même symbolique. Est-ce que ce sera ici ou ailleurs, ça, c’est difficile à prévoir. »

Tiphaine Réto © 20minutes Grand Paris

Djihad et grand banditisme devant les assises de Paris

« Ce n’est pas à moi que vous faites peur, c’est à vous même ! » Le regard noir et le geste large, Ouassini Cherifi, 36 ans, ne cachait pas sa colère hier, à la cour d’assises de Paris. Il y comparait jusqu’au 28 janvier, en compagnie de sept autres accusés, dans un dossier de financement présumé du terrorisme islamiste. Déjà condamné en 2002 à cinq ans de prison pour trafic de faux passeports, il est vu comme la tête pensante d’un réseau de malfaiteurs, dont les braquages auraient servi à financer des réseaux d’Al-Qaida.

Un arsenal dans un box

C’est en 2005, après un braquage raté d’une société de transport de fonds à Beauvais(Oise), et un vol de documents sur un site Chronopost de Fretin, dans le Nord, que l’affaire est mise à jour. L’interpellation de plusieurs suspects mènera à une nuit de perquisition à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). La police découvre un véritable arsenal, caché dans un box de stockage : dynamite, TNT, fusils-mitrailleurs, revolvers et munitions… Des sacs portant l’enseigne de Chronopost sont aussi découverts dans le box d’un restaurant de la ville  : Le Rendez-Vous Gourmand. Un établissement appartenant à Ouassini Cherifi. L’arrière-salle aurait servi de base logistique aux membres du groupe qui, d’après plusieurs témoignages, se serait proposés de participer au djihad et de mourir en martyr. Si certains des accusés ont admis leur participation au braquage, Ouassini Cherifi, lui, nie tout en bloc : « Vous me reprochez quoi ? D’avoir voulu tuer des Juifs ? Bien sûr, tous les barbus veulent tuer les Juifs. C’est écrit sur nos fronts, c’est ça ? Un musulman aujourd’hui en France, c’est forcément un terroriste. Moi, je veux juste qu’on m’oublie. »

Tiphaine Réto © 20minutes France

L’instit est devenu chercheur

Il se définit lui-même comme un RTTO : « Un Retraité Très Très Occupé ». De fait, Gérard Férey est difficile à croiser. A 69 ans, il cumule la vice-présidence de la Société Chimique de France, un siège à l’Académie des Sciences et une place au Comité Consultatif National d’Ethique. A 69 ans, surtout, l’homme vient de se voir décerner la médaille d’or du CNRS, la plus haute distinction scientifique française. « Je vois ma photo partout. Mais comme je sais que ça ne va pas durer, j’en profite », rigole-t-il, un rien cabotin. Déjà reconnu à l’international, il a pourtant su rester modeste. « Cette médaille a été remise à de grands scientifiques et d’immenses génies, comme l’ethnologue Claude Lévi-Strauss. Moi je ne suis qu’un humble artisan qui a la chance d’avoir été reconnu par ses pairs. »

« Gratter ce qui est inconnu »

Un besogneux. Un passionné. C’est ce qui ressort du parcours « bien loin du moule » de Gérard Férey. A 18 ans, reçu au concours normal d’instituteur, il prend un poste d’enseignant dans un village de la Manche. « J’y suis resté trois ans. J’en garde un souvenir merveilleux. C’est un plaisir immense de donner envie d’apprendre aux mômes. » Il est toutefois rattrapé par son directeur de l’Ecole Normale qui lui propose de reprendre des études à l’Université de Caen. C’est là qu’une de ses professeurs lui propose de faire de la recherche. Gérard Férey en rit encore : « Je lui ai répondu : « Mais Madame… Je ne sais pas ce que c’est la recherche. » » Le virus le prend. Définitivement. « J’aime gratter ce qui est inconnu. Découvrir ce qui existe et comprendre pourquoi ça existe. La vie d’un chercheur est chaque jour différente. C’est un métier d’homme libre. »

Libre, l’homme a choisi de le rester toute sa vie. A 55 ans, « âge quasi canonique », on fait appel à lui pour monter l’Institut Lavoisier de Versailles (78), une unité mixte de recherche universitaire. « On est parti de rien. J’avais la liberté de créer la recherche telle que je la rêvais. Entière et passionnée. »

En 1992, il commence ses travaux sur les solides poreux hybrides, pour lesquels le CNRS a choisi de le récompenser. « C’est comme un gruyère atomique géant. A la différence que dans la matière atomique, les trous du gruyère sont organisés. J’ai essayé de comprendre comment ils se formaient. » Pendant des années, le professeur Férey fabrique donc des trous. Qu’il essaie de remplir au mieux. « On peut y emprisonner les gaz à effet de serre, l’hydrogène nécessaire à la réalisation des piles à combustible ou encore des molécules de médicaments pour lutter contre la leucémie, le cancer et le Sida. » Environnement, énergie et médecine : les débouchés de ses recherches sont multiples. « Quand la science parvient à rendre la société meilleure, c’est toujours une réussite. »

A ses yeux, pourtant, sa réussite est autre. « Ma fierté, c’est d’avoir pu former des jeunes prêts à prendre la relève. » Le scientifique marque une pause. « Dans la vie, il faut savoir faire de beaux enfants. J’en ai eu génétiquement et spirituellement. C’est dire si j’ai de la chance. »

Tiphaine Réto © 20minutes Paris

Les bronzés sont-ils des drogués ?

La fréquentation des cabines à UV rend-elle accro ? C’est ce qu’avance une étude du Memorial Sloane-Kettering Cancer Center et de l’université d’Albany. L’enquête s’est intéressée à 421 étudiants, dont plus de la moitié aurait utilisé les UV artificiels dans l’année. Passés aux cribles d’un questionnaire utilisé pour le dépistage des addictions au tabac et à l’alcool, plus de 30 % d’entre eux ont révélé des signes d’accoutumance. 78 % auraient même tenté d’arrêter les séances d’UV. Sans succès.

Les résultats font sourire Marc Boutet, président du Syndicat National des Professionnels du Bronzage en Cabine (SNPBC): « La moitié des étudiants fréquentaient des cabines ? La moyenne se situe habituellement à 10 %. En France, ce n’est que 8 % de la population ». Pourtant, la dépendance aux UV existe. Elle porte même un nom : la tanorexie. « Elle serait causée par la libération d’endorphines sécrétées lors d’une exposition aux ultra-violets, explique William Lowenstein, médecin spécialiste des addictions. Le corps s’y accoutumerait et réclamerait sa dose. »

L’effet endorphine est connu des professionnels du bronzage : « C’est ce qui donne une sensation de bien-être, reprend Marc Boutet. Mais de là à rendre accro aux cabines… » En France, la législation limite la pratique des UV artificiels de 30 à 60 séances par an. Selon le SNPBC, les utilisateurs s’y rendent en moyenne pour 10 à 15 séances annuelles. « Mais comme pour toute addiction, souligne le docteur Lowenstein, certains vont se limiter à un usage raisonnable, d’autres vont abuser. »

Tiphaine Réto © France Soir

Patrick Moureaux, dermatologue

« Le soleil est à la peau ce que le tabac est aux poumons »

Peut-on être dépendant des UV comme du tabac ?

A la différence de l’addiction chimique au tabac, la dépendance au soleil relève d’une addiction comportementale, telle que celle du jeu. Mais les schémas d’accoutumance sont tous les mêmes : une recherche de plaisir et de bien-être, qui mène à un excès d’exposition, qui lui même conduit à la dépendance. Même consciente des risques de cancer, la personne continue à s’exposer. Au moment où la sensation de bien-être disparaît, elle sombre dans un état de manque. Elle devient anxieuse et agitée. Il lui faut renouveler sa dose. Le soleil est à la peau ce que le tabac est aux poumons.

Qui sont les plus touchés ?

Plusieurs éléments favorisent l’addiction : un facteur familial, un facteur sociologique associant teint hâlé et beauté ; et enfin, un facteur environnemental. On observe plus d’addictions dans les régions où la température est clémente et où les activités ludiques d’extérieur sont faciles. Les UV artificiels ne sont pas seuls responsables de l’addiction.

Comment sortir de cette addiction ?

Il faut rompre avec ses habitudes. On trouve des compensations plaisantes pour remplacer ses rituels quotidiens. A la place d’une séance de bronzage, on propose un cours de sport ou de maquillage… jusqu’à ce que la personne se « déshabitue » du soleil. C’est un long chemin. Les tanorexiques connaissent les effets des UV sur le développement de cancer, mais un discours mettant en évidence le risque d’un vieillissement accéléré de la peau est plus porteur pour les faire décrocher.

Gambie : le prix du sexe

Texte : Delphine Barrais / Photos : Tiphaine Réto.

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Un jeûne alsacien devant l’Assemblée nationale

Ni barouf, ni baroud. Seule la détermination est palpable sous la grande tente qui occupe la place Edouard Heriot, à proximité de l’Assemblée Nationale. Ici, du 6 au 17 septembre, neuf hommes ont décidé de jeûner pour protester contre le projet de loi sur l’immigration. Parmi eux, l’Alsacien Pierre Rosenzweig. « Nous sommes choqués pas les expulsions, explique-t-il. Nous voulons provoquer le débat pendant les auditions du ministre de l’Immigration, Eric Besson, à la commission des Lois. »

« Les étrangers vont déguster. Nous, nous jeûnons. », affirme une banderole tendue dans les arbres. Pendant dix jours, les protestataires n’avaleront rien d’autres que de l’eau. Un acte revendicatif auquel est habitué Pierre. Militant de longue date, cet ancien prof d’histoire au lycée professionnel de Selestat (67) en est à son septième jeûne. « C’est presqu’un professionnel », sourit Dominique Lalanne, l’un de ses amis de Sortir du Nucléaire. Violette, sa femme, est habituée à son engagement : « Il a préféré arrêter l’enseignement pour pouvoir vivre pleinement son militantisme, raconte-t-elle. Le respect des autres est un vrai moteur pour lui. » Restée dans leur village de Matzenheim (67), elle soutient comme elle peut son époux. « Je vais jeûner moi aussi. Mais seulement une journée, parce que je n’ai pas la force de Pierre. »

Une bonne préparation

A 61 ans, Pierre Rosenzweig porte la silhouette élancée d’un coureur de fond. « Il est impressionnant de résignation, reprend Dominique Lalanne. Quand il jeûne, il ne montre aucune faiblesse. » « Je me prépare à l’avance, raconte Pierre, en commençant à me restreindre sur la viande. Ensuite, pour tenir, on a besoin du soutien des gens. » La veille une quarantaine de personnes, intriguées par l’action, est passée encourager le petit groupe. « Totalement non-violent, le jeûne interroge et permet d’expliquer le pourquoi de la revendication. »

Et des revendications, l’homme en a plein la tête. Sous ses airs calmes, on devine une véritable inquiétude : « On ne peut pas attendre sans cesse qu’on nous prive de nos libertés. Sinon, on ne pourra pas se plaindre quand ce sera à notre tour d’être, comme les Roms, désignés comme boucs émissaires. »

Tiphaine Réto © 20minutes Strasbourg

Action

Les jeûneurs siègent devant l’Assemblée Nationale de 11 à 21h. Ils organisent des rassemblements thématiques entre 18 et 19h. Des « jeûnes tournants » seront organisés dans différentes villes de France. Rien n’est prévu pour l’heure à Strasbourg.

Un Touche-à-tout à la tête du 104

Les rumeurs ne le plaçaient pas en favori. C’est pourtant José-Manuel Gonçalves, 48 ans, qui a été nommé, hier, à une « écrasante majorité » à la tête du CentQuatre, le lieu culturel de l’Est parisien (19e). « Son projet nous a convaincu par sa part de démesure et d’utopie », s’enthousiasme Christophe Girard, adjoint (PS) de la Culture à la Mairie de Paris. Homme de terrain touche-à-tout, l’actuel directeur de la Ferme du Buisson en Seine-et-Marne (77), responsable de la société de production « Made in Productions » et président de l’école nationale du cirque de Rosny (93), entend faire du CentQuatre un lieu de coopération et d’ouverture. « J’aimerais que les gens se sentent libre de fréquenter le lieu de manière décontractée. »

Mélanger les types d’art

Au coeur de ce vaste projet, une programmation éclectique allant des arts visuels aux arts forains et de la bande dessinée au théâtre. Le tout appuyé sur des partenariats, tant avec de grands établissements parisiens, comme le théâtre de la Ville ou du Rond Point, qu’avec des associations de quartier et des établissements scolaires. « On ne va rien se refuser », promet José-Manuel Gonçalves.

Rien, ou presque. Car le nouveau directeur a également séduit par ses qualités de gestionnaire. « C’est un homme moderne qui n’a pas peur de parler d’argent », prévient Christophe Girard. Le rapport d’un ex-directeur financier du CentQuatre dénonçait un endettement de 3,25 millions d’euros en 2009. Faux, répond l’adjoint sur la base d’un audit lancé par la Mairie : « Il n’y a pas de déficit. » Un simple déficit d’intérêt qu’il appartient désormais à José-Manuel Gonçalves de combler.

Tiphaine Réto ©20minutes Rubrique Grand Paris

Patron, la note (de frais), s’il vous plaît !

Un taxi pour se rendre à ce rendez-vous urgent à l’autre bout de la ville ou un restaurant chic pour impressionner ce client un peu guindé… Les notes de frais font partie de la vie du cadre. Mais quelles sont les obligations de vos employeurs en la matière ?

Les notes de frais ne sont pas seulement ces petits bouts de papiers qui s’entassent dans le portefeuille de bien des cadres. « Les frais professionnels répondent à une définition précise : ce sont tous les frais engagés dans le cadre d’une activité professionnelle dans l’intérêt de l’employeur », explique Eric Rocheblave, avocat au barreau de Montpellier, spécialisé en droit social. L’entreprise a obligation de vous les rembourser sans délai limite, sur justificatif de votre part.

Zones d’ombre
Reste que la « note de frais » est source de bien des questionnements. « La façon dont le salarié engage ses frais est une zone d’ombre, remarque Stanislas Bertheloot, directeur marketing de KDS. Le remboursement d’un repas avec un client, par exemple : entre un déjeuner au caviar ou un sandwich au bistrot du coin, il y a une marge à laquelle l’employeur peut être sensible. » Sans parler des connexions internet utilisées dans un hôtel pendant un congrès : ont-elle servi pour le travail ou pour échanger les nouvelles avec le petit dernier ? Les entreprises choisissent donc aujourd’hui de plus en plus des parades à la note de frais sur justificatif. Les avances forfaitaires ou la  carte de l’entreprise plafonnée à un certain montant prennent lentement du galon dans les grands groupes.

Une véritable corvée
Mais la note de frais n’est pas morte. Souvent au grand dam du cadre lui-même. Selon une étude réalisée en 2008 par KDS, leader européen des solutions de gestion des déplacements professionnels en ligne, 69 % des salariés français l’envisagent comme une corvée. 15 % des sondés de trois pays (France, Grande Bretagne et Etats-Unis) y passent au moins une heure… parfois prise sur leur temps de pause. Et ils sont près de 20 % en France à attendre plus d’un mois leur remboursement.

10 à 50 euros de perdus
« Si le délais est trop long ou si l’employeur refuse de payer, le salarié peut aller devant les prudhommes, note Eric Rocheblave. Mais il faudra là encore présenter tous les justificatifs des frais engagés. » Résultat : la note de frais passe régulièrement à la trappe, par négligence ou par ras-le-bol. « Les montants perdus varient entre 10 et 50 euros, reprend Stanislas Bertheloot. Ce n’est pas énorme, mais c’est la preuve d’un dysfonctionnement. »

Des tricheries pour pallier
Pour pallier ces pertes d’argent et de temps, les tricheries ne sont pas rares. Toujours selon KDS, en France, 18 % des sondés avouaient avoir déjà gonflé leur facture. 49 % déclaraient savoir comment le faire : une même note de restaurant utilisé par deux salariés, des kilométrages de voiture surévalués ou un livre d’art acheté soi-disant pour un client et qui servira à l’anniversaire de belle-maman…  « Si l’employeur s’aperçoit d’une fraude, il peut se retourner vers les Prud’hommes », prévient Eric Rocheblave. Licenciement et poursuite pour vol peuvent suivre la découverte du pot-au-rose. D’une manière générale, néanmoins, l’employeur s’en tient au blâme. « De toutes façons, les tricheries ne dépassent pas en moyenne les 10 euros », tempère Stanislas Bertheloot, de KDS.

Tiphaine Réto ©Cadremploi.fr