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Harcèlement au travail : comment s’en sortir ?

Mercredi, mai 26th, 2010

Il touche de plus en plus de cadres. Pourtant peu de salariés osent s’élever contre le harcèlement moral. Une définition floue et des procédures longues entravent l’envie de s’en sortir. Pourtant, d’autres solutions existent.


Selon une enquête de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, 5 % des travailleurs de l’Union seraient victime de harcèlement moral. Un chiffre bien en-dessous de la réalité aux dires des spécialistes. L’association Harcèlement moral Stop (HMS) compte jusqu’à 11 000 prises de contacts par an de personnes en détresse au travail. « De plus en plus de cadres nous contactent. 30 % sont des seniors », constate Loïc Scoarnec. Et combien restent à se taire ? « A mon sens, un salarié sur mille parle de sa détresse, tous les autres souffrent en silence », estime Alina Paragyios, avocate en droit du travail au barreau de Paris.

Une définition tardive
Peur des représailles, dévalorisation de soi, manque d’écoute des collègues ou de la hiérarchie… les causes du silence sont nombreuses. D’autant que le harcèlement moral n’est défini que depuis 2002 par  le code du travail. Il se manifesterait par « des agissements répétés » amenant à une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits du salarié, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.

Des formes variées de harcèlement
Une définition longue, mais pas forcément précise. « Ni la loi, ni la jurisprudence n’indiquent ce que sont ces « agissements » et leurs réelles portées, regrette Alina Paragyios. Or le harcèlement au travail prend souvent des formes variées. » Même avis pour Loïc Scoarnec : « Au début, on l’assimilait à une attitude négative d’une personne vers une autre. Aujourd’hui, on peut s’inquiéter du harcèlement stratégique, opéré par la hiérarchie pour diminuer sa masse salariale, ou du harcèlement institutionnalisé devenu une méthode de management de certaines grandes entreprises. »

Des procédures longues et complexes
Au flou de la définition viennent s’ajouter des procédures complexes. « En pénal, un harceleur risque jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende, affirme Alice Paragyios. Mais il est souvent nécessaire d’avoir un ou deux témoignages, en plus de preuves matérielles comme les échanges de mails, de courriers ou de SMS. C’est difficile à réunir. »
Même difficulté pour les plaintes au civil. En 2006, les conseils des Prud’hommes ont traité 250 000 dossiers. Seul un quart ont obtenu condamnation. « Les dossiers sont tellement nombreux que s’ils ne sont pas bétonnés, aucun conseiller ne va prendre le temps de les ouvrir, se désole Loïc Scoarnec. Je viens d’en déposer un à Melun… il sera traité en 2012. »

Ecrire au PDG
Pour autant, des solutions existent pour faire entendre son mal-être. Les délégués du personnel, les représentants du CHSCT, la médecine du travail… les intermédiaires sont nombreux pour lancer une enquête en interne. « J’encourage aussi à envoyer un courrier au PDG en expliquant la situation, sans inculper quiconque, sans parler de harcèlement, juste en posant les faits. C’est lui le représentant légal de l’entreprise et c’est lui qui se fera taper sur les doigts en cas de soucis », poursuit Loïc Scoarnec.
Une précaution soutenue par Alina Paragyios : « Si vous voulez ensuite porter plainte, la législation impose aujourd’hui d’avoir prévenu au préalable votre employeur. » Et faites fi des retombées : la loi, pour le coup, vous protège bien. « Le harcèlement au travail est un tueur de l’ombre, reprend Loïc Scoarnec. Il vous atteint professionnellement, socialement, familialement. Il faut demander de l’aide le plus vite possible. »

Tiphaine Réto ©Cadremploi.fr

Excision, les Sénégalaises disent non

Vendredi, avril 9th, 2010

Texte Delphine Barrais/Photos Tiphaine Réto

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A l’école des mendiants

Lundi, mars 1st, 2010

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Un ancien hopital réquisitionné en urgence

Lundi, janvier 18th, 2010

Ahmed roule consciencieusement la petite mousse qui lui a servi de matelas durant toute la semaine. Demandeur d’asile, il s’apprête à rejoindre l’ancien hôpital Saint-Lazare (10e) transformé depuis hier en centre d’accueil d’urgence. A 28 ans, le jeune homme a quitté l’Afghanistan il y a plus de trois ans pour arriver à Paris après dix-huit mois de voyage entres les frontières. Depuis, il dort sous les ponts du canal Saint-Martin (10e). « La semaine dernière, le froid était intenable. Des gens d’Emmaüs sont venus nous chercher pour nous dire de venir dormir ici, au Comptoir Général (10e). Mais on savait que ce n’était que temporaire. Ce soir, on déménage. »

150 nouvelles places d’urgence

A l’autre bout de l’arrondissement, les membres d’Emmaüs s’activent pour les derniers préparatifs. Sacs de couchage kaki, lits de camps dernier cri et draps jetables circulent par cartons au rez-de-chaussée de l’ancien hôpital. Comme Ahmed, 150 personnes pourront y être hébergées de 18h à 8h. Les locaux ont été mis à disposition de l’association par la Mairie de Paris pour accroître les capacités de l’accueil de nuit. A la fermeture de Sangatte (Pas-de-Calais), nous avons vu arriver à Paris 4 à 5 mineurs afghans quotidiennement », se souvient l’adjointe PS à la protection de l’enfance, Myriam El Khomri. Trois nouveaux centres d’hébergement d’urgence ont déjà été ouverts par la Ville depuis le mois de décembre. « Nous sommes en train de nous substituer à l’Etat, s’insurge Olga Trostiansky, adjointe PS chargée de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion. M. Besson ne pense qu’à la lutte contre les filières clandestines sans réfléchir à la crise humanitaire. A Paris, les deux tiers des Afghans sont en situation régulière de demandeur d’asile. »

Dans les associations, on se satisfait comme on peut des mesures prises. La structure d’accueil de l’hôpital Saint Lazare devra fermer ses portes le 31 mars. On voudrait que ça dure, mais avec un financement de l’Etat, insiste-t-on à Emmaüs. Comment dire aux gens de repartir après ? »

Quai de Jemmapes, Ahmed hausse les épaules. Attablé autour d’un plat de riz, son amiSamir sourit : « Après, on retournera dormira au canal. Malgré le froid et malgré la colère. Est-ce qu’on a vraiment le choix ? »

Tiphaine Réto © 20minutes Rubrique Grand Paris

Un bric-à-brac Emmaüs ouvre ses portes au 104

Jeudi, janvier 14th, 2010

« Vous avez vu le lit de ministre, là-bas ? Il est à moi maintenant. » Patrick, 54 ans, est l’un des tout premiers clients du bric-à-brac de quartier ouvert, hier, dans les galeries du 104 (19e). Quelque 200 m2 de vaisselle en tout genre, de meubles de récup et de vêtements d’occasion qui ont attiré une foule bigarrée dès le lancement de la boutique.

Entre les tableaux accrochés aux cimaises et les portants de la salle d’habillage, les chalands se bousculent. « J’étais SDF, reprend Patrick. Là, je viens d’obtenir un F2, rue Damrémont. J’attendais avec impatience que la boutique ouvre pour pouvoir le meubler. » Amélie, étudiante en art, arrive, elle, de La Défense. « A la base, c’était pour visiter le 104, mais la “journée Emmaüs” était une bonne occasion de chiner quelques antiquités. » Pour la jeune fille, il n’y a aucun doute : « Le centre de Paris manque de boutiques Emmaüs… Mais ici, j’ai un peu peur que ce soit plus bobo qu’autre chose. »

Le défi d’Emmaüs, créer de l’emploi

« Bobo », le mot fait sourire Jean Gaucher, responsable du magasin : « On a pris les locaux que la Mairie de Paris nous a trouvés. Et puis, au-delà de vendre des objets de récupération à pas cher, notre but est de créer des emplois. » Lancé il y a près de trois ans, le projet Emmaüs Défi a pour vocation de favoriser la réinsertion par le travail. Sept personnes ont été recrutées pour le lancement du bric-à-brac. « Ça fait près de quatre-vingts postes créés depuis le début du projet, calcule Charles-Etienne Vincent, directeur de la structure. Et nous espérons passer bientôt à une centaine. » Grâce à une convention avec la Mairie de Paris, dix bric-à-brac de quartier devraient ouvrir au cours des trois prochaines années.

Tiphaine Réto © 20minutes Rubrique Grand Paris

Bric-à-brac Emmaüs, 104, rue d’Aubervilliers, 19e. Ouvert du mercredi au samedi de 15 h à 18 h. Dépôt de dons le mardi de 15 h à 18 h et du mercredi au samedi de 11 h à 18 h.

La radio LFM met les femmes à l’antenne

Mardi, novembre 3rd, 2009

Rémy s’excusait presque
, hier, pour les cernes qui lui marquaient le visage : « On travaille d’arrache-pied pour que tout soit parfait au lancement de la radio. » LFM, nouvelle station lovée entre les barres de Mantes-la-Jolie (Yvelines), émet depuis samedi sur le 95.5 FM. Aux murs de la régie, quelques vinyles font office de première déco. Six salariés et vingt-cinq bénévoles gravitent entre régie et studio pour animer les ondes.

La bande musicale tourne paisiblement sur les ondes. Mais Rémy Serero, le jeune technicien, ne peut s’empêcher de monter régulièrement le volume des baffles pour vérifier qu’aucun problème technique ne vient perturber ces débuts. « Pour la couleur musicale de l’antenne, j’ai voulu créer quelque chose de très varié mêlant groove, pop anglaise et jeunes talents locaux. » Une programmation musicale, comme la station, loin de tout cliché. « On est en banlieue, mais on ne veut pas d’une étiquette rap violent, explique le fondateur Lahbib Eddaouidi. On est une radio qui veut faire entendre la voix des femmes, mais on ne veut pas faire du Ni putes ni soumises. »

En studio, la comédienne Aïcha Ameddah lance des blagues et entame un mouvement de danse. Un moyen de mettre à l’aise les membres de l’association En avant les filles, invitées de l’émission « Projecteur ». « En banlieue, on montre les mecs qui réussissent. Les femmes n’osent pas dire quand elles font des choses, explique-t-elle. J’avais envie de leur donner la parole pour qu’elles prennent confiance en elles. » Mais pas question pour autant de mettre de côté les hommes. « L’objectif est aussi de montrer qu’il y a plein de possibilités culturelles dans le département. On veut aider les gens à s’y retrouver chez eux. »

Même avis pour la journaliste Meriem Alaoui. Casque vissé sur la tête, elle ajuste ses corrections au reportage diffusé aujourd’hui dans son émission « Mag. Emploi ». Sujet du jour : le RSA. Rien à voir avec un sujet ultra-féminin. « Il faut du concret et du local, détaille-t-elle. Les gens sont attachés à ce qui se passe ici. » En témoigne le soutien appuyé des artistes, des sportifs et autres acteurs locaux à la radio. « Notre réseau a fonctionné pour nous aider, tant dans l’achat de matériel que pour nous faire connaître », affirme Lahbib Eddaouidi. Ouvert samedi dernier, le site de la radio a déjà reçu 2 700 visites. En régie, Rémy lance un jingle, et sourit fièrement : « On a tous fait naître un bébé. A nous maintenant de le faire grandir. »

Tiphaine Réto © 20minutes-Rubrique Grand Paris

Un francilien propose des maisons pour moins de 100 euros

Jeudi, octobre 22nd, 2009

Devenir propriétaire d’un appartement dans le 20e avec 50 euros en poche. C’est le rêve que veut offrir Edouard Kombo. En juillet, cet informaticien de 23 ans, installé à Vigneux-sur-Seine (Essonne), a lancé DeedoOz.com, un site Internet permettant d’acheter des biens par concours. « J’avais vu un couple qui avait vendu sa maison via une loterie autrichienne. J’ai trouvé l’idée séduisante. »

Moyennant une inscription allant de 1 à 126 euros, chacun peut participer à l’un des mille concours du site. « Il n’y a aucun hasard. Pour gagner, il faut écrire un texte de 50 à 500 caractères sur sa motivation. » Humoristiques, poétiques ou emphatiques, à chacun de trouver les mots. Quand le nombre de participants fixé par le vendeur est atteint, un jury d’enseignants choisit le meilleur texte.

Le concept a fait des petits. La société B-Logic lance ce soir un concours pour gagner la construction d’une maison écologique avec une mise de 29 euros (sur www.gagneunemaison.com). « Tant mieux si l’idée est reprise, commente Edouard Kombo. Mais nous voulons que DeedoOz reste un principe solidaire, que vendeur et acheteur soient gagnant-gagnant. » C’est ce qui plaît à Béatrice Castel-Deminière, propriétaire d’une ferme de 300 m2 dans le Tarn-et-Garonne, en vente depuis deux ans. « Avec la crise, les biens atypiques comme le nôtre n’intéressent personne. » En grande difficulté financière, elle ne compte plus que sur les 88 euros versés par chaque participant à son concours pour récupérer les 500 000 euros de sa maison.

Tiphaine Réto © 20minutes-Rubrique Grand Paris

Salons de sieste : un concept à dormir debout

Lundi, octobre 27th, 2008
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On vante de plus en plus les effets positifs de la sieste sur la santé, sur l’efficacité et même sur le sommeil. Les professionnels l’ont bien compris : Morphée peut désormais rapporter. En quelques années, plusieurs « salons zen » se sont ouverts à Paris pour proposer, notamment, des siestes à la carte. Une idée qui fait rêver… Sur le papier.

J’ai tout tenté. Caler ma tête entre le clavier de l’ordinateur et le pot à crayons Cadremploi ou me recroqueviller en lotus près des toilettes du troisième… ça n’y a rien fait. La rentrée à peine terminée, la fatigue, déjà, s’accumule. Et pour m’assoupir discrètement, le bureau n’est pas le meilleur endroit.
Alors pourquoi ne pas tester un « salon de sieste » ? Entre deux réunions et trois dossiers, je me décide à faire un saut en dehors du bureau pour piquer mon roupillon réconfortant. Pas de quoi culpabiliser ! Les meilleures études le prouvent : un quart d’heure de sieste améliore l’efficacité professionnelle.

Dormir ? Oui, mais… dans un mois

A Paris, trois enseignes proposent ce type de prestation. Sur internet, la Bulle Kenzo présente bien. Un univers cocon installé dans l’un des anciens magasins de La Samaritaine. L’accueil y est délicat et affable. Dans un gigantesque loft blanc comme un nuage, deux belles sphères de douceur attendent le chaland fatigué : une bulle énergisante et une bulle zen. Enfin, « attendent », n’est certainement pas le mot. Le lieu est très couru et pas moyen de venir à l’improviste. Un délai d’un mois est au minimum nécessaire pour venir profiter de la Bulle Kenzo. « La sieste, confie la responsable, n’est pas notre cœur de métier. C’est un petit plus que choisissent certain clients en sus des massages et soins que nous proposons dans notre gamme. »

Réservez par téléphone… quand ça décroche

Tant pis, donc, pour la sieste en nuage. J’essaie d’appeler le salon Zenia, installé depuis 2007 dans le 9e arrondissement. A deux pas des Galeries Lafayette et en plein centre du Paris des affaires. Une bonne situation… Le téléphone sonne dans le vide. Une fois, deux fois, trois fois. J’abandonne et consulte les offres de Kiétud. La marque possède deux salons, l’un dans le quartier du Marais, l’autre près du rond point de l’Etoile, en haut des Champs Elysées. Mes nerfs commencent à se crisper. Cette fois, c’est un centre d’appel payant qu’il faut contacter pour réserver.

Mon cher repos

Premier essai, premier échec. Deuxième essai… Je respire. A l’autre bout du téléphone, un conseiller prend la communication. Oui, Kiétud propose bien un forfait sieste. A 30 euros la demi-heure (20 euros pour une première fois), je peux m’octroyer un repos bien mérité dès le lendemain, lovée dans une « Energy sphere ». « Il s’agit d’un confortable fauteuil acoustique qui vous relaxe totalement en atteignant votre inconscient, via des stimulations visuelles et des suggestions vocales », me promet la voix au bout du combiné… Avant de surenchérir : « Sinon, vous pouvez également essayer notre « cocon de flottaison », qui recrée les effets relaxants de la Mer Morte. »
Cette seconde possibilité coûte, bien sûr, presque trois fois le prix de la première. C’est dire si mon bien-être leur est cher. D’autant plus qu’il m’est demandé de donner directement mon numéro de carte bleue par téléphone. Le principe ne me plaît guère. A nouveau, je laisse tomber. Un dernier coup de téléphone à Zenia. Sans succès.
Résultat : j’ai la tête lourde et j’ai perdu ma journée. Si on me cherche, je suis au troisième. En position du lotus.

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 27.10.08

Un frenchy implante la sieste à New-York

Nicolas Ronco a été le premier à ouvrir un salon de sieste au cœur de New-York. Un concept qui a fait mouche Outre-atlantique. Ce Français expatrié réfléchit déjà à ouvrir 25 autres centres new-yorkais et a implanté ses « Yelocabs » à Hong-Kong, Londres et Paris.

Comment vous est venue l’idée des cabines de sieste ?

Je travaillais moi-même dans le monde des grandes entreprises. A ce titre, je voyageais beaucoup et j’étais toujours tenu à une productivité importante. Insomnie ou décalage horaire, j’étais particulièrement sensibilisé aux problèmes de sommeil. La sieste n’est pas qu’un luxe. Elle est vitale. Je l’ai compris notamment lors de mes déplacements en Asie. Là-bas, les gens ont une grande capacité de travail, mais vivent souvent mieux et plus longtemps. Or, les spas occupent une place importante dans le mode de vie asiatique.

Quel est selon vous la raison du succès de Yelo ?

La facilité d’accès. La sieste est un besoin que vous allez ressentir à un moment précis. Si vous devez réserver trois mois à l’avance ou courir à travers toute la ville pour venir dormir, cela ne sert à rien. Sur le site internet de Yelo, un décompte indique le temps d’attente avant qu’une place soit libre dans l’une de nos cabines de repos. Par ailleurs, nous sommes situés à 10 minutes à pied, maximum, des entreprises desquelles nous sommes partenaires. Les employeurs paient jusqu’à 50 % des traitements que nous proposons à leurs salariés. Nous avons même installé des thérapeutes directement dans les infirmeries de certaines sociétés.

Cela n’a pas été trop difficile de convaincre les employeurs ?

Une étude d’Harvard a démontré qu’une sieste de 20 minutes trois fois par semaine diminue de 37 % les risques d’accidents cardiaques. Un taux qui chute même de 67 % chez les personnes superactives. Par ailleurs, nous proposons des traitements réflexologiques pour lutter contre l’obésité et le tabagisme. Nous permettons donc aux entreprises de garder des salariés en bonne santé. Plutôt positif pour eux, non ?

Mais n’est-ce pas un business risqué de faire payer des gens pour dormir ?

C’est le même principe que la bouteille d’eau : parfois vous n’avez pas envie de boire, gratuitement, l’eau du robinet. Ou vous n’avez pas de robinet à portée de main. Pareil pour dormir. D’autant qu’il y a peu d’options pour se reposer efficacement quand vous êtes au bureau. Et curieusement, le fait de payer aide aussi à se relaxer… C’est un peu comme quand vous allez chez le psy.

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 27.10.08

La Colline, un océan urbain dans un océan de vies

Jeudi, novembre 30th, 2006
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14 novembre à la Colline : un père retient sa fille en otage. Mais la Colline, ce n’est pas que du fait divers. Retour sur un quartier où l’on vit.

La Colline. Un îlot de six tours dans l’ensemble de la Girardière. Une presqu’île, coincée entre deux supermarchés qui surplombe l’entrée de Cholet. Une enclave en hauteur. Un quartier, où l’on vit, on rit et on pleure. Comme partout. Ce mercredi-là, il se réveille dans un murmure. La veille, un homme a retenu sa petite fille en otage, entraînant l’intervention du GIPN. « Des gens qui pètent les plombs, de toute façon, y en a partout. »Alors, si on parle des événements de ce 14 novembre, on ne s’y attarde pas. Il y a les poubelles à descendre. Les courses à faire. Le petit frère à aller chercher à l’école. Et puis, « on ne parle de la Colline que lorsqu’il y a des faits divers », se désolent Jean-Claude Rabault et Claire Pithon, du centre social Horizon. Ils ajoutent : « Le quartier traîne une image très négative, alors qu’en réalité la vie s’y est améliorée. »

Même vision des choses pour Freddy Brieau, gardien des tours B, E et F : « C’est l’effet « tour ». Tout de suite, on pense à la banlieue… Mais ça n’a rien à voir ». Il constate : « Quand je suis arrivé, il y a deux ans, tout le monde m’a dit que c’était un quartier difficile, avec des squats et du trafic. Mais la police a fait une grosse descente juste avant mon emménagement. Depuis, c’est plutôt calme ».

Jouer sur la mixité sociale

Un reste de poubelle calcinée jonche le sol, allée des Pinsons. La Girardière est encore considérée comme Zone urbaine sensible, selon les critères de la politique de la ville. La plus faible des trois catégories de quartiers subventionnés. « Et ce n’est pas forcément dans les quartiers dits « sensibles », que les chiffres de la délinquance sont les plus forts », prévient le commissaire Miziniac.

Sur la porte d’entrée d’un des halls jaunes et gris, une vitre arbore ses fissures étoilées. « Avant je devais changer une vitre tous les 15 jours. Aujourd’hui, c’est à peine une par mois. » Le gardien ne s’en offusque pas : « Il y a beaucoup de passage dans les tours. Et surtout beaucoup d’enfants. C’est normal qu’il y ait des dégradations et du bruit ».

« C’est vrai que le quartier a ses spécificités, reprend Claire Pithon. Les logements sont les moins chers de Cholet. Il y a donc une concentration de personnes avec de petits moyens. » Près de 2000 habitants, selon un extrait du bilan 2006 de la politique de la Ville, regroupés sur 779 logements, vivent dans l’ensemble Colline-Villeneuve. Des familles nombreuses, des familles monoparentales… Mais aussi, et de plus en plus, des personnes seules, sans emplois ou des étudiants.

La recrudescence de ces « célibataires » a amené Sèvre-Loire-Habitat à réaménager certains T5 en studios. « Ça permet aussi de jouer sur la mixité sociale », affirme Freddy Brieau. Mais le concierge n’est pas encore persuadé de la réussite de cette mixité. « Le problème, c’est que personne ne communique. Les conflits de voisinage sont nombreux parce que les gens n’ont pas l’idée, ou pas l’envie, d’aller voir les locataires du dessus pour leur dire de faire moins de bruit. Chacun vit chez soi, sans se parler. »

Difficile de créer une vie de quartier

Le constat est le même au centre social. « Il y a de grandes détresses, mais personne ne peut le voir. » Pour amener les habitants à se rencontrer, Horizon a fait venir une troupe de théâtre pour organiser des rencontres festives autour de la vie de quartier (Ouest-France des 29 septembre et 2 octobre). Un appartement a également été mis à disposition pour créer un lieu d’accueil et d’échanges au sein des tours. Mais peu font la démarche d’y venir. « Comme partout en France, il y a ici un individualisme présent. D’autant plus, peut-être, que beaucoup d’habitants ne sont là que pour la semaine. Ils viennent travailler ou étudier à Cholet et s’en vont le week-end. C’est donc dur de créer une synergie de quartier. »

Mais est-ce difficile de vivre à la Colline ? Pas tant que ça. D’après une étude réalisée par le bailleur social Sèvre-Loire-Habitat, la majorité des gens sont satisfaits d’habiter dans l’îlot. Un tiers y vit moins de trois ans et ne voit dans le logement HLM qu’une transition pour l’accession au logement particulier. Mais un tiers y vit depuis plus de sept ans et ne pense pas à changer de quartier. « Il y a un réel sentiment d’appartenance au quartier, reprend Jean-Claude Rabault, directeur du centre social. Surtout chez les jeunes. Ils ne se disent pas de Cholet. Ils se disent de «la Colline».»

Wassila, mère de trois enfants, s’apprête, elle, à déménager. Pour aller où ? « Dans la même tour. Mais à un autre étage. On va passer d’un T3 à un T4. » Le quartier lui plaît. « Il y a tout à proximité. L’école, le supermarché, l’hôpital et les bus pour aller dans le centre. » « Les gens sont critiques, affirment en coeur les travailleurs du quartier. Mais ils ne changeraient pas de lieu de vie. »

Tiphaine RÉTO © Ouest France

ECLAIRAGE 1.

« Où trouver une aussi belle vue ? »

« Ça fait 25 ans que j’habite à la Colline et je n’ai certainement pas envie de changer ! » Madame Hérault reçoit en toute simplicité dans son grand T5 de la Tour B. « Ah non ! Il n’y a plus de lettres pour différencier les tours. Ils nous ont mis des noms de rue. Mais bon… Entre nous, on n’a pas changé nos habitudes de langage. »

Madame Hérault vit seule désormais. Ses quatre enfants sont grands. Son mari est décédé durant l’été. Ses habitudes sont restées. « Je vais chercher le courrier. Je discute un peu avec les voisins. Il y a toujours quelqu’un avec qui causer. On se dit bonjour, on parle un peu du temps… Mais ça s’arrête souvent là. Comme ça, on est sûr qu’il n’y a pas d’histoires. »Depuis son arrivée, elle a vu le quartier évoluer. « On ne peut pas non plus dire qu’il y ait eu beaucoup de changements. Et puis, vous savez, ça ne sert à rien de toujours dire « De mon temps… ». Mieux vaut vivre avec le présent. » C’est dans sa tour, pourtant, que de nouveaux logements, plus petits, plus à même de recevoir des personnes seules, ont été habilités. « C’est parce qu’il y a plus de jeunes à venir vivre ici. Ils n’ont pas besoin d’appartements familiaux. »

« Mélange de générations »

La jeunesse, c’est aussi ce qu’apprécie Mme Hérault, à la Colline. « C’est agréable de voir ce mélange de générations. Je n’aimerais pas vivre avec une seule tranche d’âge. » Les groupes de jeunes qui occupent les halls d’immeubles à la nuit tombée ne lui font pas peur. « Je n’ai jamais eu d’histoire avec eux. Ils nous connaissent et nous saluent. C’est tout. »

Elle s’avance de la grande baie vitrée. « Ça, c’est ce que j’aime. Regardez ! De ce côté-ci, j’ai une belle vue sur la campagne. » Elle revient dans le salon, emprunte un couloir aux murs tapissés à la mode des années 70, rentre dans une des trois chambres : « Et de ce côté-ci : j’ai une vue magnifique sur la ville ! » Brico-dépôt en premier plan, puis un océan urbain d’où émerge le clocher de Saint-Pierre. Elle revient à la première vue. « Celle-là, c’est quand même ma préférée : le soir, je peux regarder les lumières sur l’express, je vois s’il y a du trafic sur la route de Mortagne ou sur la route de la Vendée… J’observe. C’est tellement beau. » Elle se retourne : « Alors, dites-moi, sincèrement : où est-ce que je pourrais avoir une aussi belle vue ? »

ECLAIRAGE 2.

« Le seul endroit où l’on peut se payer un loyer »

Sur le pas de la porte, les murs jaunes du hall sont recouverts de portraits aux regards ténébreux. Chanteurs et comédiens aux visages d’ange vous accueillent. Le rire et la bonne humeur aussi. Frédérique est tranquille pour l’après-midi. Sa petite dernière, Lou, 2 ans et pleine d’énergie, est à la garderie. « Ben voilà ! C’est chez moi. » 6e étage. Un T4 qui donne une impression d’immensité. Mais en regardant la galerie de portraits sur les murs du salon, on devine que l’endroit doit paraître petit lorsque toute la tribu est au complet. « Six enfants et bientôt quatre petits-enfants », annonce fièrement Frédérique. Tous habitent la Colline. Depuis longtemps. « Je suis arrivée ici en août 1989, reprend la petite femme au rire rauque. J’habitais chez mes parents avec mes trois premiers enfants. Je venais de me séparer de mon mari, j’avais plein de dettes. On m’a proposé un appartement ici. Je suis venue. »

« On a tout à proximité »

La porte d’entrée s’ouvre. Céline, 26 ans, l’aînée de la famille, vient rendre visite à sa mère. Delphine, 23 ans, vient aussi se joindre à la conversation. « On s’est plu tout de suite, ici, reprend Frédérique. D’abord parce que je n’étais pas loin de chez mes parents et puis on a tout à proximité : l’école, l’hôpital et les supermarchés. »

En direction de Céline : « Et vous aussi ça vous a plu, non ? » La jeune fille a emménagé à l’étage au-dessus, à la naissance de sa fille. Plus pour des raisons pratiques que par choix : « Je ne pouvais plus vivre chez ma mère. Mais comme maman travaillait, il fallait aussi que je garde ma petite soeur. Le plus simple, c’était de rester dans le quartier.»

Parfois, Frédérique aimerait déménager. Elle convoite déjà un appartement plus grand. Dans la même tour. « Ce que je voudrais, en réalité, c’est changer de quartier. Ici, c’est pas toujours drôle… » Puis résignée, mais toujours joviale. « En fait, c’est impossible de partir. La Colline, c’est le seul endroit où je peux payer le loyer. »

Voir la page : Colline.pdf

Roissy : salariés musulmans interdits de travail

Jeudi, octobre 19th, 2006

Selon la CFDT, des badges d’accès ont été retirés. En tout, 70 personnes pourraient être concernées. Les syndicats dénoncent un « délit de faciès ».


« En dix-sept ans à Roissy, je n’ai jamais mis les pieds dans un commissariat. » Hassane Tariqui ne comprend pas. Le 20 septembre, cet agent de maîtrise de l’Acna (Armement Cabine et Nettoyage des Avions), filiale d’Air France, a reçu un courrier de la préfecture de la Seine-Saint-Denis. Une convocation pour avoir eu « une attitude pouvant mettre en cause la sûreté aéroportuaire ».« Au début, je suis resté tranquille, parce que je n’avais rien à me reprocher. » Mais au début de la semaine, Hassane est témoin d’une scène qui l’inquiète : « La police a arraché les badges de plusieurs personnes devant moi. Eux aussi avaient reçu la lettre. »

Le badge. Un sésame délivré par la préfecture, difficile à obtenir, nécessaire pour être employé sur les zones sécurisées des aéroports de Roissy et d’Orly. « Sans badge, on ne peut plus entrer là où nous travaillons. C’est le chômage assuré », reprend l’agent de maîtrise. « Mais pourquoi moi ? », s’étonne Hassane Tariqui. « Tu as fait un pèlerinage à La Mecque », lui répond Philippe Decrulle, secrétaire adjoint de la CFDT-Air France. « Ne cherche pas plus loin. »

Selon la CFDT, 70 salariés de filiales ou d’entreprises de sous-traitance ont reçu le même type de courrier. Le syndicat remarque une ressemblance : tous sont d’origine arabe ou de confession musulmane. D’autres salariés, bagagistes à l’aéroport, se sont rendus à la convocation de la préfecture.

« Chasse à l’Arabe »

L’un deux, dans une interview accordée au journal Le Parisien, s’étonne de cet interrogatoire : « Deux agents m’ont posé des questions sur la religion, si des gens prêchaient au travail, si j’avais fait le pèlerinage. Je ne voyais pas où ils voulaient en venir. »

Pour Philippe Decrulle, l’orientation est pourtant claire : « Ce sont les retombées du livre de Philippe de Villiers sur les ‘mosquées’ de Roissy. » Le syndicaliste ne nie pas des cas de prosélytisme islamique à l’aéroport. « Mais là, c’est toute une population qu’on montre du doigt, sans preuve, sans véritable enquête. Ça s’appelle un délit de faciès. Voire une chasse à l’Arabe. »

Une accusation réfutée par un communiqué du préfet : « En aucun cas, le fait de pratiquer la religion musulmane, pas plus qu’une autre, n’est un critère de sélection. Il s’agit seulement de vérifier si la personne a un comportement compatible avec la sécurité et la sûreté. »

C’est la préfecture qui retire le badge, mais « le licenciement demeure une prérogative de l’employeur », poursuit le communiqué. Déjà six personnes, qui se sont vu retirer leur badge, ont déposé un recours contre la décision préfectorale.

Hassane en rirait presque : « Je vérifie la sécurité des vols vers les États-Unis. Si j’étais un dangereux terroriste musulman, il fallait me retirer mon badge tout de suite. »

Tiphaine RETO © Ouest France