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Recrutement : passe ton test d’abord !

Mardi, novembre 11th, 2008

Exit la bonne vieille graphologie, devenue caduque avec le développement de l’informatique. Exit aussi la seule étude du cv, souvent remanié et corrigé à l’avantage du candidat. Avant embauche, les entreprises peuvent jauger votre adéquation à un poste par des tests de personnalité.

Rien à voir avec le hors série de l’été sur « votre signe astral idéal » ! Mais nombreux sont les établissements bancaires ou d’assurances qui utilisent des tests de recrutement pour choisir leur nouveaux collaborateurs. Etudier votre capacité de raisonnement ou tenter de percer le mystère de votre inconscient : les recruteurs sont maintenant prêts à tout pour trouver le candidat parfait.

Aucune vérité gravée dans le marbre

« Ces tests ne sont pas des outils de décision, tempère David Bernard, de la société d’édition de tests Assessfirst. Ils permettent juste au recruteur d’affiner son choix ou de mettre des mots sur le profil d’un candidat. Mais ils ne détiennent aucune vérité gravée dans le marbre. » Séries de questions ou d’assertions, les tests ne sont pas là pour vous juger personnellement mais pour valider votre adéquation à un poste.

Marge d’erreur très fine

« Les premiers tests de personnalité n’étaient pas sans faille, poursuit le concepteur de tests. On était obligé d’inclure une « échelle de mensonges », car le réflex normal d’un candidat est de vouloir projeter une image positive de lui-même pour le recrutement. Aujourd’hui, la psychométrie s’est énormément développée et la marge d’erreur est devenue très fine. »

Aucun intérêt à mentir

Pas question de tricher, donc. Vos capacités à gérer le stress, votre leadership ou votre flexibilité sont analysées de près. « Quel intérêt à biaiser dans ces conditions ?, interroge David Bernard. Vous n’êtes pas dans la tête du recruteur. Vous ne pouvez pas savoir quel type de profil il cherche. » Une assertion reprise en chœur par les professionnels : « il n’y a aucun avantage à vouloir fausser les résultats, rétorque Renaud Pradel, consultant pour le cabinet Hoffmann et Baretti. Ces tests permettent aussi au candidat de s’assurer qu’il s’épanouira dans son poste. »

Sachez vous défendre

Pour le cabinet, les tests de personnalité sont une chance à saisir. A condition de savoir correctement les analyser. « C’est dans leur débriefing que réside l’essentiel de ces tests, affirme David Bernard. Et dans la réaction du candidat. Il n’est pas interdit, par exemple, de démentir les tendances ébauchées par vos réponses. » Sachez juste argumenter par des exemples concrets les points que vous remettez en cause…

Traits de personnalité insoupçonnés

« D’une manière générale, explique Béatrice Anburand, également conseillère chez Hoffmann et Baretti, ces tests permettent de faire ressortir des traits de personnalité dont on n’a pas toujours conscience. » Ou de mettre en exergue des qualités qui dépasseront de loin vos petits défauts. « Il y a peu de temps, reprend la conseillère, j’ai rencontré une jeune femme très timide, très renfermée sur elle-même et très tendue par l’entretien. Mais ses tests ont montré qu’elle avait de réelles aptitudes pour le poste qu’elle convoitait. J’en ai informé son recruteur qui est passé outre sa premire impression pour se concentrer uniquement sur ses compétences. »
Seule consigne, donc… Restez vous-même ! Et laissez tomber le test sur votre signe astral…

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 06.11.08

7 minutes pour séduire… votre futur employeur

Jeudi, novembre 6th, 2008

Inspiré du speed dating, le speed recruiting s’impose peu à peu dans le monde du recrutement. Dans les secteurs de l’assurance, où les volumes de postes étaient jusque-là très importants, il permet d’accélérer les démarches d’embauche. Petite méthode pour briller en un temps record.

C’est bien connu : en amour comme au travail, tout est question de séduction. A tel point, que les méthodes de recrutement elles-mêmes, se mettent à la page des techniques de drague. L’une des dernières en date sur le marché : le speed recruiting. Un concept simple, puisqu’il se calque sur celui du speed dating. Candidats et entreprises ont sept minutes pour se conquérir l’un l’autre.

Avantages doubles

« Cette méthode nous est utile lorsque nous sommes face à un gros volume de recrutements », précise Eric Toussaint, responsable marketing recrutement pour le cabinet Expectra. Pour lui, aucun doute, le speed recruiting est plein d’avantages. « Pour nos clients, il offre la possibilité de rencontrer en une seule journée et en un seul lieu tout un panel de candidats. Pour les candidats, c’est une opportunité de rencontrer à la fois les ressources humaines et les décideurs opérationnels présents pour l’entretien. »

Une chance supplémentaire d’argumenter

Même laïus chez April Goup. Le géant de l’assurance a fait l’essai du speed recruiting sur l’une de ses filiales et envisage d’étendre la méthode aux autres sociétés de son groupe. « Pour les candidats, c’est une chance supplémentaire d’argumenter et de se battre pour un poste, promet Bénédicte Pouget, responsable emploi au siège d’April Group. C’est un sacré plus sur le tri subjectif de plusieurs centaines de CV. »

Des recrutements plus rapides

Une chance en plus et du stress en moins : « alors que les process de recrutement prennent de plus en plus de temps, le speed recruiting permet de raccourcir le délai de sélection, reprend Eric Toussaint. A la fin de la session, on sait tout de suite si l’aventure continue ou pas. »

Une méthode prisée pour les commerciaux

Pas question pour autant de laisser la rapidité de l’entretien prendre le pas sur l’importance de la décision du recruteur. La méthode ne s’applique donc pas à toutes les missions à pourvoir. « Pour les postes de dirigeants et de managers, il faut un peu plus de temps et de confidentialité, tempère Bénédicte Pouget. Nous favorisons le speed recruiting pour des profils de commerciaux, souvent plus rompus à ce genre d’exercice. »

Pas une seconde à perdre

Certes… Mais sept minutes, ça reste court. Même pour un commercial. Comment faire mouche en si peu de temps ? Les spécialistes sont formels : « l’entretien étant plus synthétique, il doit aussi être plus efficace, prévient Eric Toussaint. Les recruteurs ont souvent eu votre cv avant. Il le connaisse. A vous d’appuyer sur l’expérience professionnelle ou la formation qui, selon vous, est en rapport direct avec le poste que vous convoitez. » Une efficacité qui doit se préparer bien en amont : « Avant l’entretien, il faut noter noir sur blanc trois points sur lesquels on veut insister, affirme Bénédicte Pouget. Si on se perd en détail dès le début, on est mort. »

Le détail qui marque

Et ne pas hésiter à faire ressortir très vite le petit plus qui n’est pas inscrit sur le CV et assurera la (bonne) surprise de vos interlocuteurs : « si vous êtes maire de votre petite commune ou champion de France d’échec, dites-le, confirme la responsable emploi d’April Group. C’est l’accroche qui fera que parmi la vingtaine d’entretiens de la journée, vos interlocuteurs pourront se souvenir de vous. »

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 06.11.08

Champagne ! On recrute !

Lundi, octobre 13th, 2008
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L’abus d’alcool est certes dangereux pour la santé… Mais bu avec modération, le vin permet de mettre du liant dans les entretiens d’embauche. C’est le pari fait par une SSII. Pour attirer de nouveaux collaborateurs, le groupe Sfeir innove en proposant des happy hours du recrutement.

De quoi mettre du rouge sur votre CV… Pas du surlignage, mais du grand cru. L’Happy Hour du recrutement, c’est le dernier concept lancé par le groupe Sfeir, spécialiste dans les services informatiques de pointe et dans l’innovation, pour attirer de futurs collaborateurs. « C’est une façon plus conviviale, plus détendue de se rencontrer, explique Didier Girard, directeur technique du groupe. Et puis, notre cœur de métier est tout de même l’innovation… jusque dans le recrutement. »

Une trentaine de réponses

Un ver de vin dans une main, un cv dans l’autre. Ce soir là, dans un café de La Défense, ils sont plus d’une trentaine a avoir répondu à l’invitation laissée sur le blog de l’entreprise. « Je ne pensais réellement pas que ça fonctionnerait aussi bien, reconnaît Didier Girard. Les gens ont répondu à une vitesse impressionnante. Et la qualité des profils est réellement intéressante. »

Prendre la température de l’entreprise

Quasiment tous les invités sont effectivement déjà en poste. Après avoir travaillé pour deux SSII, Hichame el Kahalfi, 25 ans, s’est lancé en tant qu’informaticien freelance. « Ce soir, je suis plus là pour voir un peu l’ambiance et discuter avec les équipes de Sfeir. Prendre la température de l’entreprise, en gros… » Même objectif pour Olivier Mengue, 34 ans, en poste dans une SSII. Il enchaîne les questions auprès d’un des nombreux ingénieurs de Sfeir venus témoigner des méthodes de travail du groupe.

S’assurer des opportunités

Les secteurs d’activité, les technologies utilisées et la machine à café… Tout y passe ! « Vu le contexte actuel, avec la crise, je ne sais pas si c’est un bon calcul de changer maintenant d’entreprise, confie Olivier. Je préfère donc m’assurer de certaines opportunités avant de me lancer. » Le côté « happy hour » ? « C’est vrai que c’est plus sympa que de se retrouver dans un bureau, reprend Hichame. Mais ce n’est pas ce qui m’a fait venir. »

Un partenariat avec SpringSource

Car le véritable attrait de la soirée n’est pour personne le verre de vin en trop. On trinque d’ailleurs beaucoup moins qu’on ne discute. « L’aspect festif de l’happy hour a été décidé parce que nous voulions célébrer ce soir notre partenariat avec SpringSource, qui a créé et qui développe le framework Spring, annonce Didier Girard. Ce côté technologie avancée est très certainement notre meilleur argument pour attirer de nouveaux candidats. »

Des experts en technologie de pointe

Et pas des moindres, puisque Spring n’est pas encore à la portée de tout le monde. « Nous cherchons avant tout des experts, des gens ayant une réelle volonté de rester à la pointe », indique Pierre Dalmaz, PDG du groupe Sfeir. Entre deux petits fours, les responsables du recrutement tendent donc l’oreille pour repérer le ou la perle rare qu’ils souhaiteraient vraiment embaucher. « Nous fixerons ensuite des rendez-vous pour un entretien un peu plus consensuel », prévient Didier Girard.

Anthony et Laurent, tous les deux collègues dans une banque d’investissement, s’éclipsent discrètement de la soirée. « On a donné nos cv. L’objectif est atteint ! Il ne reste plus qu’à attendre la suite… »

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 13.10.08

Scientifiques au chômage reconvertis en informaticiens

Jeudi, juin 19th, 2008

« Sociétés en informatique offre CDI à chômeurs diplômés. » L’annonce pourrait paraître banale, si elle ne s’adressait à des béotiens en informatique. Pour pallier la pénurie d’ingénieurs informaticiens, les SSII tablent maintenant sur la reconversion d’anciens chimistes ou mathématiciens, restés sur le carreau du marché de l’emploi. Eclairage sur une expérience en cours.

« Mon état d’esprit ? Surexcitée, impatiente de faire mes preuves… et stressée comme une débutante ! » Kawter Azaiz entame la deuxième journée de son CDI d’informaticienne chez ITS Group, une société de conseil en technologie de l’information. Mais débutante, elle ne l’est pas vraiment. A 28 ans, cette « petite nouvelle » a déjà roulé sa bosse. Diplômée depuis quelques années d’un master pro de chimie, elle a enchaîné quelques expériences en laboratoire, en France et à l’étranger.
Des stages, sans réelles perspectives d’embauche. « Pendant trois ans, je suis surtout passée de petits boulots en petits boulots, confie la jeune universitaire. Histoire de manger et de m’occuper. » Mais les opportunités de carrière dans son domaine de recherche se font rares. « J’ai très vite su que je ne pourrai pas exercer dans un labo. Mais quoi faire ? Je ne savais pas. »

Débutante en informatique

Informaticienne ? La chercheuse n’y aurait jamais pensé. « Je savais me servir de Word, j’envoyais des mails et je tchattais sur MSN… Là s’arrêtaient mes compétences en informatique. » Mais les circonstances font bien les choses. « Une amie m’a parlé de la formation d’ITS Group. Je me suis tout de suite dit que c’était une chance à ne pas manquer ! »

Un apprentissage et un poste assuré

Six semaines de cours théoriques et pratiques sur Unix, un système d’exploitation utilisée par les grandes entreprises, et la voilà promue coordinatrice de projet pour une SSII. « Vous vous rendez compte ? Après trois ans de galère, j’étais persuadée que plus personne ne croyait en moi… Et là, on m’offre un apprentissage et un poste assuré à la clé ! ». Quant à la rémunération de 25 K€ proposée au départ, elle n’atteint pas celle d’un jeune diplômé mais devrait augmenter au bout de six mois, comme le prévoit le contrat de travail.

Une quarantaine d’organismes de reconversion

La formation « CDIsable », c’est presque devenue une spécialité pour ITS Group. La société de services en infogérance intègre chaque année une quarantaine de non-informaticiens dans ses équipes. Le contrat est simple : une mise à niveau en informatique contre un engagement à travailler un certain temps pour le groupe. « Nos clients étaient assez sceptiques au début, admet François Perrin, directeur général délégué d’ITS. Mais les résultats les ont très vite fait adhérer à l’idée. »
Les résultats et les besoins du marché. Car pour pallier à la pénurie de professionnels, les SSII sont prêtes à tout. Et les organismes de formation l’ont bien compris. En Ile de France, pas moins d’une quarantaine d’organismes conventionnés proposent désormais ce type de reconversion.

Un esprit logique avant tout

Les profils recherchés se ressemblent : des diplômés en chimie, en maths ou en biologie restés sur la touche du marché de l’emploi. « Mais le tout est d’avoir un esprit logique, une bonne capacité de concentration et une réelle envie de travailler », promet Patrick Rakotomalala, directeur de l’Afcepf, conventionné pour la formation de néo-informaticiens. Et d’ajouter : « Le meilleur stagiaire de notre dernière promotion possédait une licence de psychologie et avait travaillé dans le cinéma ! »
Le cas reste encore assez rare. « Nous privilégions tout de même les gens de culture scientifique, reconnaît François Perrin. On parle le même langage et ils comprennent très vite les algorithmes des programmes. » Et pour le directeur, pas de soucis : « Au bout d’un an d’expérience, on ne voit plus de différences avec les informaticiens sortis d’écoles. »

Des sous-informaticiens ?

Une certitude que ne partage pas Régis Granarolo, président du Munci (Mouvement pour une union nationale et collégiale des informaticiens). « Ces formations créent des sous-informaticiens, que les entreprises utilisent quand elles ont besoin. Mais en cas de problèmes, ce seront les premiers à être mis à la porte. »
Référence non dissimulée aux dernières années de vache maigre du secteur… « En 2001, au plus fort de la crise, ce sont les non-informaticiens qui ont le plus souffert, observe Eddy Gaciot, responsable de GT’M Ingénierie, spécialisé dans la formation et le conseil aux entreprises. Mais aujourd’hui, nous essayons de trouver des solutions pour les épargner en cas de coups durs. »

Certifiés conformes…

Deux Certificats de qualification professionnelle (CQP) viennent ainsi d’être créés. Deux autres devraient voir le jour à la rentrée. Des décorations es informatique qui viendront s’ajouter aux diplômes déjà décrochés par nos anciens thésards en chimie ou biologie… Et leur assurer, enfin, une carrière toute tracée. « Toute tracée, je ne sais pas, nuance Kawter Azaiz. Mais pleine d’espoir, ça, c’est sûr ! »

Tiphaine Reto © Cadremploi.fr – Publié le 19.06.08