Posts Tagged ‘procès’

Les justifications de Samy Naceri

Mardi, mars 15th, 2011

Epilogue pour Samy Naceri. L’enfant terrible du cinéma, condamné plusieurs fois entre 2000 et 2007, comparaissait mardi devant le tribunal correctionnel de Paris. Le ministère public a requis cinq ans de prison, dont deux ferme.

L’acteur était cette fois-ci poursuivi pour avoir, le 8 janvier 2009, poignardé au cou un ami de son ex-compagne. «J’avais donné rendez-vous à Monsieur Naceri pour qu’on s’explique. Il n’arrêtait pas d’appeler son ex-amie et la menaçait, a avancé la victime. Au moment où j’allais partir, j’ai senti un coup. Et j’ai vu du sang couler. Quand je me suis retourné, j’ai vu quelqu’un de haineux, quelqu’un dont le regard indiquait qu’il voulait finir le travail». « Je reconnais les violences envers ce monsieur mais pas les menaces de mort ni le harcèlement téléphonique envers mon ex», s’est défendu Samy Naceri.

«J’ai pas à m’excuser»

Théâtral, mêlant humour et émotion, le comédien n’a rien cédé de l’audience. «Je vous explique madame la présidente. Si je ne vous explique pas tout, je vais encore être condamné. J’ai pas fait un coup en traître. C’était un truc à deux francs au sujet d’une fille.» Mimant la scène, Samy Naceri a expliqué avoir sorti son couteau pensant que son interlocuteur était armé: «J’ai cru qu’il avait sorti un truc en métal de son pull. J’ai pensé que c’était un pistolet du genre de ceux des “Mystères de l’Ouest”. J’ai voulu lui donner un coup dans la main. Je ne sais pas comment c’est arrivé dans son cou.»

S’échauffant de scènes en scènes, l’acteur a tout donné pour sa défense, malgré les soupirs agacés de ses avocats: «C’est facile de m’accuser avec mon curriculum. Je passe pour une pourriture aux yeux de tout le monde. Je n’ai pas le droit à un crédit voiture, à un compte en banque. Tout le monde m’a tourné le dos. Pourtant depuis deux ans, j’ai tout fait pour me reconstruire. Et ce geste a tout foutu en l’air.» Pas question, pour autant, de présenter des excuses. «J’ai pas à m’excuser. Pas auprès de lui.» L’affaire a été mise en délibéré au 28 avril prochain.

Tiphaine Réto © 20Minutes-Grand Paris

Djihad et grand banditisme devant les assises de Paris

Mardi, janvier 4th, 2011

« Ce n’est pas à moi que vous faites peur, c’est à vous même ! » Le regard noir et le geste large, Ouassini Cherifi, 36 ans, ne cachait pas sa colère hier, à la cour d’assises de Paris. Il y comparait jusqu’au 28 janvier, en compagnie de sept autres accusés, dans un dossier de financement présumé du terrorisme islamiste. Déjà condamné en 2002 à cinq ans de prison pour trafic de faux passeports, il est vu comme la tête pensante d’un réseau de malfaiteurs, dont les braquages auraient servi à financer des réseaux d’Al-Qaida.

Un arsenal dans un box

C’est en 2005, après un braquage raté d’une société de transport de fonds à Beauvais(Oise), et un vol de documents sur un site Chronopost de Fretin, dans le Nord, que l’affaire est mise à jour. L’interpellation de plusieurs suspects mènera à une nuit de perquisition à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). La police découvre un véritable arsenal, caché dans un box de stockage : dynamite, TNT, fusils-mitrailleurs, revolvers et munitions… Des sacs portant l’enseigne de Chronopost sont aussi découverts dans le box d’un restaurant de la ville  : Le Rendez-Vous Gourmand. Un établissement appartenant à Ouassini Cherifi. L’arrière-salle aurait servi de base logistique aux membres du groupe qui, d’après plusieurs témoignages, se serait proposés de participer au djihad et de mourir en martyr. Si certains des accusés ont admis leur participation au braquage, Ouassini Cherifi, lui, nie tout en bloc : « Vous me reprochez quoi ? D’avoir voulu tuer des Juifs ? Bien sûr, tous les barbus veulent tuer les Juifs. C’est écrit sur nos fronts, c’est ça ? Un musulman aujourd’hui en France, c’est forcément un terroriste. Moi, je veux juste qu’on m’oublie. »

Tiphaine Réto © 20minutes France