Dix parfumeurs internationaux ont élu, vendredi, à Nantes, les reines des roses parfumées. Un concours unique au monde qui s’ouvre, ce week-end, au grand public.
Nantes, vendredi. 9e Biennale internationale de la rose parfumée. Dans l’écrin fleuri du « clos des roses » du jardin de la Beaujoire, les accents du monde s’emmêlent pour cueillir, à même les sens, le langage des fleurs. Ils sont dix, en ce matin pluvieux, à opérer un étrange rituel. Se pencher, se prosterner presque, devant la reine des fleurs. Et respirer. Dix représentants des plus grands parfumeurs de la planète. Dix « nez » professionnels venus du monde entier pour humer le parfum des roses du temps.
« La Biennale a été créée en 1991, explique Emmanuel Davy, organisateur de l’évènement, pour contrecarrer l’idée que les roses parfumées n’existaient plus. » Et sélectionner, parmi des variétés du monde entier, la fleur de l’année.
Will Andrews est président du jury de cette édition 2007. « Ce n’est jamais facile de choisir une rose, avoue-t-il. Déjà parce que chaque juré a des goûts très variés. Certains aiment les parfums classiques, d’autres favorisent la complexité des flagrances. Moi, je recherche quelque chose de contemporain. » Il ferme les yeux sur un bouton orangé. « Celle-ci est surprenante… On dirait un citron sucré. »
Un citron ? La rose ne sentirait-elle donc pas la rose ? Emmanuel Davy sourit : « Il existe mille deux cents mots pour qualifier le parfum d’une rose. » Coriandre, boisé vétiver, rhubarbe ou maracuja… Les pétales serrés regorgent des senteurs du monde. « C’est ce qui est agréable, avec les roses, reprend Will Andrews. On apprend tout au long de sa vie à en découvrir les parfums. Il y a toujours des surprises. »
Des surprises qui ravissent les parfumeurs, toujours amateurs de nouvelles flagrances. « La rose, tout comme le jasmin, est essentielle aux parfums, explique Philippe Sauvegrain, parfumeur consultant et membre du jury. C’est un peu le violon et le piano d’un orchestre : tous les autres instruments servent à les mettre en valeur. »
La musique florale, cette année, ne sera pas seulement réservée à ses grands musiciens. « Pour la première fois depuis sa création, nous avons décidé d’ouvrir la Biennale au grand public », indique Emmanuel Davy.
Tout le week-end, amateurs et passionnés pourront donc observer les 20 000 roses du parc floral de la Beaujoire en compagnie des professionnels. Et humer les arômes des vingt-cinq variétés en compétition. « En espérant qu’il ne pleuve pas… », murmure-t-on dans les allées du jardin.
Et pourquoi pas ? Ce serait toujours une belle histoire à l’eau de rose…
Tiphaine RÉTO.
