Depuis le 2 juin, la nouvelle radio du groupe Lagardère émet en région parisienne sur 99,9 FM.
Quelques fils électriques traînent encore au sol. Les bureaux ne sont pas encore tout à fait attribués et on s’installe parfois où l’on peut pour répéter avant la prise d’antenne. Mais dans le studio flambant neuf, le signal « On Air » est allumé.
Depuis le 2 juin, 5 h 58, Europe 1 Sport occupe les ondes. « Ça a été une opération commando pour démarrer dans les temps », reconnaît Olivier Beneuf, directeur général de la station. Trois semaines pour reprendre la fréquence de Sport Mx, détenue par le groupe Contact, et mettre sur pied la petite soeur d’Europe 1, une station entièrement dédiée au sport. « Europe 1 a toujours parié sur le sport, rappelle Olivier Beneuf. En 1996, c’était la première à faire une grosse émission sportive, avec Eugène Saccomano. » Objectif : créer, sur cette radio francilienne, un nouveau ton « plus convivial et moins péremptoire » pour parler de tous les sports.
La pression est palpable aux portes du studio. Pierre Fulla et Isabelle Severino révisent leurs fiches en tirant sur leurs cigarettes. L’ancien champion d’haltérophilie, commentateur sportif de longue date sur France 2, et la jeune championne de gymnastique présentent en tandem la « Fulla Academy », du lundi au vendredi, de 13 heures à 16 heures. « Pour la première émission, j’étais tellement stressée que mon cerveau surchauffait, sourit Isabelle Severino. On aurait dit le circuit de Magnicourt ! »
« Du ton à adopter au micro à la manière de conduire nos conférences de rédaction, on a tout à inventer », explique Manon Calais, 23 ans, l’une des douze journalistes d’Europe 1 Sport. A la rédaction comme à la réalisation, les équipes sont jeunes. Derrière les micros, les voix rodées de dix animateurs plus expérimentés assurent la crédibilité de la nouvelle antenne. « Les temps dorés de la FM sont derrière nous. Créer une nouvelle radio, il fallait oser », reconnaît Bruno Roger-Petit, qui tient la tranche du « 9-13 » de la semaine.
Avec une grande soeur comme Europe 1, il est certes plus facile de se faire rapidement une place sur les ondes. D’autant plus que si la station 100 % sport se veut indépendante de la généraliste, les deux radios devraient se compléter dans les programmes sportifs et dans les équipes de terrain. « Dans un premier temps, c’est en étant adossé à Europe 1 qu’on va se nourrir, reconnaît Olivier Beneuf, mais je pense qu’on arrivera très vite à lui renvoyer la pareille. »
Ciblant un public plus jeune, Europe 1 Sport sert aussi de laboratoire au groupe Lagardère en attendant la prochaine bataille de la radio numérique, début 2009. Un créneau sur lequel la nouvelle déclinaison d’Europe 1 sera en concurrence avec RTL (associée au quotidien L’Equipe) et avec RMC Info.
Tiphaine Réto, © Le Monde – Publié le 02/07/2008
Interview de Thierry Clopeau, directeur des sports des antennes d’Europe 1.
« Europe 1 Sport sera notre fer de lance pour la radio numérique »
Quelle est votre ambition pour Europe 1 Sport ?
Nous voulons être le France Info du sport… en moins chiant. Notre colonne vertébrale reste l’information, avec des flashs sportifs toutes les 15 minutes. L’info doit y être sérieuse. Mais le sport est avant tout un spectacle et doit garder un côté ludique. C’est pour ça qu’une grande place est donnée aux talk-shows. Il faut qu’Europe 1 Sport soit populaire, de qualité, mais jamais populiste.
Comment imposer cette identité dans le paysage radiophonique ?
Il faut lui faire incarner le sport. C’est pour ça que nous avons mis à l’antenne des têtes d’affiche tel que Max, Bruno Roger-Petit ou Didier Roustan, et des sportifs, comme Pierre Fulla (ancien champion de France d’haltérophilie) et Isabelle Severino (championne de France et d’Europe de gymnastique) ! Ce sont eux qui connaissent le sport de l’intérieur. Ce sont eux qui donneront du corps à l’antenne.
Europe 1 Sport est aujourd’hui sur une fréquence locale, uniquement francilienne (99.9). Comment envisagez-vous l’avenir ?
Nous n’avions pas envie de n’avoir qu’une radio web comme RTL-L’équipe. Cette fréquence locale nous donne quand même un potentiel de 20 millions d’auditeurs sur le bassin parisien. Ce n’est pas à négliger. Mais l’objectif du groupe Lagardère est de faire d’Europe 1 Sport le fer de lance de la future radio numérique. Nous participerons, en octobre à l’appel d’offre des 19 villes candidates au numérique. Nous ne serons sans doute pas les seuls et, alors que nous ne sommes aujourd’hui que des challengers face, notamment, à RMC, c’est là que commencera la vraie concurrence entre radios sportives.
Recueillis par T.R.