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A Paris, des cuistots dans les étals

Lundi, mars 21st, 2011

Les « Top Chef » peuvent raccrocher la toque. C’est désormais en plein air que les marmitons entrent en action. En partenariat avec la Mairie de Paris, la Fédération française de cuisine amateur (FFCA) organise plusieurs fois par mois des cours de cuisine gratuits sur les marchés de la capitale. « Il suffit de s’inscrire à l’avance, explique Mathieu Boulanger, de l’association. On change d’arrondissement et de chef à chaque fois pour varier les plaisirs. »

Animation garantie
Ce matin-là, c’est au marché Molitor que les effluves de sauté de dinde caramélisée s’envolent parmi les étals. Et c’est Solène Peillon-Chaignon, chef amateur de la FFCA, qui officie derrière les fourneaux. « J’essaie de trouver des recettes simples, conviviales. De celles qu’on peut refaire chez soi pour la famille ou les amis. » C’est ce qui plaît à Sandra, venue prendre sa première leçon sur les marchés : « Ici, on découvre qu’avec peu de choses, on peut faire beaucoup. » Delphine et Nicole sont déjà des habituées. « C’est en prenant des cours de cuisine qu’on s’est rencontrées, raconte Nicole tout en découpant les filets de dinde. C’est dire si c’est convivial ! »
La chef les interrompt : « Vous savez comment on enlève la nervure de la volaille, mesdames ? » Les élèves ne se démontent pas : « On a un volailler en face, on va lui demander ! » Sitôt dit, sitôt fait. Les commerçants se prêtent au jeu. « Ça met de l’animation, s’enthousiasme Gaëlle, aux fruits et légumes. Comme ils viennent chercher les produits chez nous, c’est agréable. » Une évidence pour les membres de la FFCA : « Faire les courses ensemble, ça rajoute au plaisir, selon Mathieu Boulanger. Et ça permet de refaire un point sur les produits de saison. » Dans les allées, la foule s’est disséminée. Mais devant les cuisinières en herbe, les curieux continuent d’observer. Le panier plein de provisions, Bernard se promet de tenter l’expérience une prochaine fois : « La cuisine, c’est un patrimoine à partager. Et pour ça, quoi de mieux que l’ambiance d’un marché ? »

Tiphaine Réto © 20Minutes Grand Paris

Les justifications de Samy Naceri

Mardi, mars 15th, 2011

Epilogue pour Samy Naceri. L’enfant terrible du cinéma, condamné plusieurs fois entre 2000 et 2007, comparaissait mardi devant le tribunal correctionnel de Paris. Le ministère public a requis cinq ans de prison, dont deux ferme.

L’acteur était cette fois-ci poursuivi pour avoir, le 8 janvier 2009, poignardé au cou un ami de son ex-compagne. «J’avais donné rendez-vous à Monsieur Naceri pour qu’on s’explique. Il n’arrêtait pas d’appeler son ex-amie et la menaçait, a avancé la victime. Au moment où j’allais partir, j’ai senti un coup. Et j’ai vu du sang couler. Quand je me suis retourné, j’ai vu quelqu’un de haineux, quelqu’un dont le regard indiquait qu’il voulait finir le travail». « Je reconnais les violences envers ce monsieur mais pas les menaces de mort ni le harcèlement téléphonique envers mon ex», s’est défendu Samy Naceri.

«J’ai pas à m’excuser»

Théâtral, mêlant humour et émotion, le comédien n’a rien cédé de l’audience. «Je vous explique madame la présidente. Si je ne vous explique pas tout, je vais encore être condamné. J’ai pas fait un coup en traître. C’était un truc à deux francs au sujet d’une fille.» Mimant la scène, Samy Naceri a expliqué avoir sorti son couteau pensant que son interlocuteur était armé: «J’ai cru qu’il avait sorti un truc en métal de son pull. J’ai pensé que c’était un pistolet du genre de ceux des “Mystères de l’Ouest”. J’ai voulu lui donner un coup dans la main. Je ne sais pas comment c’est arrivé dans son cou.»

S’échauffant de scènes en scènes, l’acteur a tout donné pour sa défense, malgré les soupirs agacés de ses avocats: «C’est facile de m’accuser avec mon curriculum. Je passe pour une pourriture aux yeux de tout le monde. Je n’ai pas le droit à un crédit voiture, à un compte en banque. Tout le monde m’a tourné le dos. Pourtant depuis deux ans, j’ai tout fait pour me reconstruire. Et ce geste a tout foutu en l’air.» Pas question, pour autant, de présenter des excuses. «J’ai pas à m’excuser. Pas auprès de lui.» L’affaire a été mise en délibéré au 28 avril prochain.

Tiphaine Réto © 20Minutes-Grand Paris

Le Marais se cherche-t-il ?

Lundi, janvier 31st, 2011

«Là, c’était le premier bistrot gay du Marais. Un petit troquet où se croisaient folles, cuirs et PD à moustaches. Je ne sais pas si c’est encore homo… » Hervé Latapie encadre des promenades dans le « triangle d’or » du quartier gay. Ce jour-là, en contant les grandes et petites histoires de la communauté, il égrène aux coins des rues la liste des bars disparus.

« Plus que des fringues ou des opticiens ! »

Parmi les plus emblématiques, Le Central, remplacé depuis peu par un bijoutier. « Ca a fait un choc parce que c’était l’un des plus anciens et qu’une autre activité a pris la place, explique Rémi Calmon, du Syndicat National des Entreprises Gaies. Mais c’est le principe de la libre entreprise. » Un principe qui ne plaît pas à tous. « Regardez autour de vous, avance Walter Paluch. Ce ne sont plus que des fringues ou des opticiens ! » Lui tient la librairie homosexuelle Les Mots à la bouche, installée rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie depuis 1983. Et observe, chagrin, la mutation du quartier : « Les lieux de convivialité, c’était ça l’âme du Marais. On va finir comme Saint-Germain : un quartier embourgeoisé. » Même avis pour Hervé Latapie : « Mais que faire ? Dans les années 1980, on lançait un bar avec rien. Aujourd’hui, c’est dur de racheter une affaire ici. » Selon la Chambre des Notaires de Paris, le 4e arrondissement est passé de 3 800 € le m² en 1990 à 9 300 € en 2010. Et les établissements qui ouvrent font face à d’autres enjeux. « Autrefois, le bar était le lieu de drague des gays, explique Rémi Calmon. On y passait forcément pour rencontrer du monde. Aujourd’hui, il y a Internet ! »

Autre temps, autres mœurs. Les habitués du quartier le savent. « L’identité du Marais, c’était aussi le militantisme, observe Walter Paluch. S’afficher dans les bars n’était pas anodin. » Des combats devenus des acquis pour une nouvelle génération moins revendicatrice. « Les jeunes ne fréquentent pas que des lieux communautaires parce qu’ils ne veulent pas être réduits à leur sexualité », remarque Rémi Calmon. De quoi s’interroger sur la survie d’un quartier gay ? La question n’effleure pas ce couple transi qui s’embrasse parmi les promeneurs de la rue des Archives. « Il y aura toujours besoin d’un territoire, même symbolique. Est-ce que ce sera ici ou ailleurs, ça, c’est difficile à prévoir. »

Tiphaine Réto © 20minutes Grand Paris

L’instit est devenu chercheur

Vendredi, novembre 19th, 2010

Il se définit lui-même comme un RTTO : « Un Retraité Très Très Occupé ». De fait, Gérard Férey est difficile à croiser. A 69 ans, il cumule la vice-présidence de la Société Chimique de France, un siège à l’Académie des Sciences et une place au Comité Consultatif National d’Ethique. A 69 ans, surtout, l’homme vient de se voir décerner la médaille d’or du CNRS, la plus haute distinction scientifique française. « Je vois ma photo partout. Mais comme je sais que ça ne va pas durer, j’en profite », rigole-t-il, un rien cabotin. Déjà reconnu à l’international, il a pourtant su rester modeste. « Cette médaille a été remise à de grands scientifiques et d’immenses génies, comme l’ethnologue Claude Lévi-Strauss. Moi je ne suis qu’un humble artisan qui a la chance d’avoir été reconnu par ses pairs. »

« Gratter ce qui est inconnu »

Un besogneux. Un passionné. C’est ce qui ressort du parcours « bien loin du moule » de Gérard Férey. A 18 ans, reçu au concours normal d’instituteur, il prend un poste d’enseignant dans un village de la Manche. « J’y suis resté trois ans. J’en garde un souvenir merveilleux. C’est un plaisir immense de donner envie d’apprendre aux mômes. » Il est toutefois rattrapé par son directeur de l’Ecole Normale qui lui propose de reprendre des études à l’Université de Caen. C’est là qu’une de ses professeurs lui propose de faire de la recherche. Gérard Férey en rit encore : « Je lui ai répondu : « Mais Madame… Je ne sais pas ce que c’est la recherche. » » Le virus le prend. Définitivement. « J’aime gratter ce qui est inconnu. Découvrir ce qui existe et comprendre pourquoi ça existe. La vie d’un chercheur est chaque jour différente. C’est un métier d’homme libre. »

Libre, l’homme a choisi de le rester toute sa vie. A 55 ans, « âge quasi canonique », on fait appel à lui pour monter l’Institut Lavoisier de Versailles (78), une unité mixte de recherche universitaire. « On est parti de rien. J’avais la liberté de créer la recherche telle que je la rêvais. Entière et passionnée. »

En 1992, il commence ses travaux sur les solides poreux hybrides, pour lesquels le CNRS a choisi de le récompenser. « C’est comme un gruyère atomique géant. A la différence que dans la matière atomique, les trous du gruyère sont organisés. J’ai essayé de comprendre comment ils se formaient. » Pendant des années, le professeur Férey fabrique donc des trous. Qu’il essaie de remplir au mieux. « On peut y emprisonner les gaz à effet de serre, l’hydrogène nécessaire à la réalisation des piles à combustible ou encore des molécules de médicaments pour lutter contre la leucémie, le cancer et le Sida. » Environnement, énergie et médecine : les débouchés de ses recherches sont multiples. « Quand la science parvient à rendre la société meilleure, c’est toujours une réussite. »

A ses yeux, pourtant, sa réussite est autre. « Ma fierté, c’est d’avoir pu former des jeunes prêts à prendre la relève. » Le scientifique marque une pause. « Dans la vie, il faut savoir faire de beaux enfants. J’en ai eu génétiquement et spirituellement. C’est dire si j’ai de la chance. »

Tiphaine Réto © 20minutes Paris

Un jeûne alsacien devant l’Assemblée nationale

Lundi, septembre 13th, 2010

Ni barouf, ni baroud. Seule la détermination est palpable sous la grande tente qui occupe la place Edouard Heriot, à proximité de l’Assemblée Nationale. Ici, du 6 au 17 septembre, neuf hommes ont décidé de jeûner pour protester contre le projet de loi sur l’immigration. Parmi eux, l’Alsacien Pierre Rosenzweig. « Nous sommes choqués pas les expulsions, explique-t-il. Nous voulons provoquer le débat pendant les auditions du ministre de l’Immigration, Eric Besson, à la commission des Lois. »

« Les étrangers vont déguster. Nous, nous jeûnons. », affirme une banderole tendue dans les arbres. Pendant dix jours, les protestataires n’avaleront rien d’autres que de l’eau. Un acte revendicatif auquel est habitué Pierre. Militant de longue date, cet ancien prof d’histoire au lycée professionnel de Selestat (67) en est à son septième jeûne. « C’est presqu’un professionnel », sourit Dominique Lalanne, l’un de ses amis de Sortir du Nucléaire. Violette, sa femme, est habituée à son engagement : « Il a préféré arrêter l’enseignement pour pouvoir vivre pleinement son militantisme, raconte-t-elle. Le respect des autres est un vrai moteur pour lui. » Restée dans leur village de Matzenheim (67), elle soutient comme elle peut son époux. « Je vais jeûner moi aussi. Mais seulement une journée, parce que je n’ai pas la force de Pierre. »

Une bonne préparation

A 61 ans, Pierre Rosenzweig porte la silhouette élancée d’un coureur de fond. « Il est impressionnant de résignation, reprend Dominique Lalanne. Quand il jeûne, il ne montre aucune faiblesse. » « Je me prépare à l’avance, raconte Pierre, en commençant à me restreindre sur la viande. Ensuite, pour tenir, on a besoin du soutien des gens. » La veille une quarantaine de personnes, intriguées par l’action, est passée encourager le petit groupe. « Totalement non-violent, le jeûne interroge et permet d’expliquer le pourquoi de la revendication. »

Et des revendications, l’homme en a plein la tête. Sous ses airs calmes, on devine une véritable inquiétude : « On ne peut pas attendre sans cesse qu’on nous prive de nos libertés. Sinon, on ne pourra pas se plaindre quand ce sera à notre tour d’être, comme les Roms, désignés comme boucs émissaires. »

Tiphaine Réto © 20minutes Strasbourg

Action

Les jeûneurs siègent devant l’Assemblée Nationale de 11 à 21h. Ils organisent des rassemblements thématiques entre 18 et 19h. Des « jeûnes tournants » seront organisés dans différentes villes de France. Rien n’est prévu pour l’heure à Strasbourg.

Un Touche-à-tout à la tête du 104

Jeudi, juin 10th, 2010

Les rumeurs ne le plaçaient pas en favori. C’est pourtant José-Manuel Gonçalves, 48 ans, qui a été nommé, hier, à une « écrasante majorité » à la tête du CentQuatre, le lieu culturel de l’Est parisien (19e). « Son projet nous a convaincu par sa part de démesure et d’utopie », s’enthousiasme Christophe Girard, adjoint (PS) de la Culture à la Mairie de Paris. Homme de terrain touche-à-tout, l’actuel directeur de la Ferme du Buisson en Seine-et-Marne (77), responsable de la société de production « Made in Productions » et président de l’école nationale du cirque de Rosny (93), entend faire du CentQuatre un lieu de coopération et d’ouverture. « J’aimerais que les gens se sentent libre de fréquenter le lieu de manière décontractée. »

Mélanger les types d’art

Au coeur de ce vaste projet, une programmation éclectique allant des arts visuels aux arts forains et de la bande dessinée au théâtre. Le tout appuyé sur des partenariats, tant avec de grands établissements parisiens, comme le théâtre de la Ville ou du Rond Point, qu’avec des associations de quartier et des établissements scolaires. « On ne va rien se refuser », promet José-Manuel Gonçalves.

Rien, ou presque. Car le nouveau directeur a également séduit par ses qualités de gestionnaire. « C’est un homme moderne qui n’a pas peur de parler d’argent », prévient Christophe Girard. Le rapport d’un ex-directeur financier du CentQuatre dénonçait un endettement de 3,25 millions d’euros en 2009. Faux, répond l’adjoint sur la base d’un audit lancé par la Mairie : « Il n’y a pas de déficit. » Un simple déficit d’intérêt qu’il appartient désormais à José-Manuel Gonçalves de combler.

Tiphaine Réto ©20minutes Rubrique Grand Paris

« S’ils augmentent, je ne paierai plus mes PV »

Jeudi, juin 3rd, 2010

Dans le 18e, la rue Letort relie la place de Clignancourt à la rue commerçante du Poteau. Elle n’est pas grande, mais représentative : le long de la voirie, dans les places réservées au stationnement, seule une voiture sur trois arbore un ticket d’horodateur. Loïc, formateur de 26 ans, sort de son véhicule : « Je passe mon temps à aller voir mes élèves aux quatre coins de la région. Franchement, ça me revient nettement moins cher de payer 11 € de prune que d’aller acheter une carte de stationnement. » C’est la réaction habituelle de bien des automobilistes. Et l’une des raisons évoquées dans le projet parlementaire en faveur de l’augmentation des PV de 11 à 20 €.
« Ca va faire cher, c’est vrai, calcule José, mais en même temps, je trouve ça plus logique par rapport au prix de l’heure de stationnement. Dans certains pays, comme en Belgique, l’amende est à 30 €. Là, c’est dissuasif. » L’homme gribouille des factures à l’avant de sa camionnette. « Je suis plombier-chauffagiste. Je ne peux pas me permettre d’aller sans cesse créditer ma carte de stationnement. Quand j’ai tout le matériel à descendre pour une intervention d’un quart d’heure, je croise les doigts pour ne pas me faire aligner », confie t-il. Même réaction pour Sandrine, chauffeuse de taxi : « Sur les Champs, le parking est à 10 € pour une petite heure. Alors, même en payant plus cher les PV, on ne rentre pas dans nos frais. Ils feraient surtout mieux de trouver des arrangements pour que ce soit plus facile de se stationner. »

« Pour les commerçants, le stationnement payant, c’est la mort »
Des arrangements, Marios en a trouvée, lui qui tient un traiteur grec dans la rue du Poteau : « Ils devraient remettre les zones bleues, avec une gratuité sur trente minutes. Pour nous, les commerçants, le stationnement payant, c’est la mort. Un client qui s’arrête ici, pour s’acheter à manger, il paie à la fois la TVA sur la nourriture et le stationnement. C’est bien cher payer l’Etat pour se nourrir. » Philippe, en face de lui, s’interroge : « D’ailleurs, ça lui sert à quoi tout cet argent à l’Etat ? A payer les contractuelles ? » Non, à financer, entre autres, de nouvelles places de stationnement… Mais l’argument convainc peu : « Je trouve normal de payer mes amendes, reprend Philippe. Mais si tout augmente comme ça, il y a un moment où j’arrêterai de payer. » Aws, 23 ans, a déjà pris le pli. Un papillon dans la main, il rigole à en couvrir la musique de son auto-radio : « Qu’ils augmentent ! Je dois déjà avoir plus de 8000 € de PV impayés… ».

Tiphaine Réto © 20minutes Rubrique Grand Paris

Coup de pouce dans les rayons

Vendredi, avril 23rd, 2010

Couches, Kinder et légumes frais. Les deux paniers d’Abdalla débordent de produits en tous genres. «En grande surface, je ne peux pas acheter tout ça, mais ici… ça fait du bien.» La jeune maman remplit encore allègrement son caddie, mais n’aura que 4 € à débourser en caisse. Car «ici», c’est SOL’EPI, l’épicerie solidaire de Chevilly-Larue (Val-de-Marne). Peu de produits dépassent les 20 centimes. La petite boutique a ouvert ses portes le 1er décembre 2009 et ne désemplit plus. «Nous avons 55 familles qui viennent ici, mais bien plus de demandes», calcule Marie Bigot, responsable de l’épicerie.

«On donne un coup de pouce»

Soixante-trois épiceries solidaires émaillent l’Ile-de-France. «Depuis le début de la crise, on reçoit beaucoup de travailleurs pauvres, de familles monoparentales et de seniors», note Mélanie Clenet, du réseau A.N.D.E.S, qui regroupe près de la moitié des boutiques franciliennes. Les bénéficiaires sont choisis par les services sociaux des villes. «On donne un coup de pouce à des gens qui traversent une mauvaise passe, explique Guillaume Bapst, fondateur du réseau. On les soulage sur leur budget alimentaire pour qu’ils puissent mettre leur argent ailleurs et remonter en selle.»

Dans la salle du fond de SOL’EPI, des rires se répondent autour d’un plat d’oignons. C’est l’atelier cuisine de l’épicerie. Lydie a apporté la recette de la semaine. «Moi, je suis toute seule. Ça me déprime de me préparer à manger, mais je ne rate jamais un atelier, parce que c’est toujours un bon moment de partage.» Dalila renchérit: «On se fait plaisir en achetant les produits qui nous tentent. Et on rencontre plein de gens avec qui en profiter.»

Tiphaine Réto © 20minutes Rubrique Grand Paris

http://www.epiceries-solidaires.org/

Qui ne connait pas encore l’inconnu du métro ?

Mercredi, avril 21st, 2010
© linconnudumetro.wordpress.com

A peine une semaine en ligne et déjà 25 000 clics par jour. A ce rythme, « L’inconnu du métro » pourrait bien devenir célèbre. L’inconnu du métro, c’est avant tout un blog sur lequel se racontent des lignes de vie croisées sur des lignes de métro. L’inconnu du jour, ça peut être n’importe qui. Simon, 72 ans, qui descend à Châtelet pour étudier le Talmud ou Patricia, 19 ans, qui se rend à Nation pour suivre ses cours en BTS international. Ce sont tous les usagers de la RATP qui croisent, le temps d’un trajet, le regard curieux de Marie Dinkle.
L’inconnue, la vraie, c’est elle. « Marie, c’est un pseudo. Je ne veux pas qu’on me reconnaisse. » Marie, 25 ans, étudiante, passe des heures dans les transports de Paris et de sa banlieue. « Surtout dans le RER et le métro, en fait : j’ai le mal des transports partout ailleurs. » Elle en profite pour aller vers les autres, « ceux qui ont une bonne tête », pose quelques questions, prends une photo et dresse sur son blog un portrait témoin de cette rencontre éphémère. « C’est succinct, parce qu’en moyenne, je n’ai que six minutes pour parler avec les gens avant qu’ils ne changent de métro. »

« Vous descendez à quelle station ? »

Ce jour-là, Marie s’essaie à la ligne 11. « C’est ma première fois sur ce trajet, s’amuse-t-elle. Je suis plutôt une grande fan du RER A. » L’idée de discuter avec son voisin de métro la taraude depuis longtemps. « Un jour, une collégienne s’est postée en face de moi, m’a demandé mon nom, ce que je faisais dans la vie et si je pouvais lui trouver un stage. Je me suis dit que si elle pouvait faire ça, je le pouvais aussi. » Le rituel d’approche est invariable : « Bonjour. Vous descendez à quelle station ? » Les refus sont nombreux, mais toujours cordiaux. « Cette dame avait peur de se retrouver sur Internet. Lui, là-bas, il n’avait pas trop le temps. » Il faudra sept échecs avant que Jérémy, plongé dans un roman, accepte de discuter avec cette drôle d’inconnue. Suivront Anastazio, Mathilde et Stéphanie… Pas moins de six portraits en un après-midi. Un vrai sacerdoce, qui ne fait qu’amuser Marie Dinkle. « Non, je ne gagne rien et ne veux rien gagner avec ça. Sauf si la RATP souhaite m’offrir un Pass Navigo gratuit : je suis preneuse ! »

Tiphaine Réto © 20minutes Rubrique Grand Paris

http://linconnudumetro.wordpress.com/

Une nouvelle robe pour Rachida Dati

Samedi, février 27th, 2010

C’est officiel. L’ancienne garde des Sceaux, et actuelle maire du 7e, est avocate. Elle a prêté serment mercredi au Palais de Justice de Paris. «Rachida Dati fait sa prestation en même temps que mon fils? Alors, ça, ça lui fera de beaux souvenirs à raconter!», s’amuse Gabrielle.

Mais la surprise passée, la tension est vite montée sur l’île de la Cité. Car le mini-événement, repoussé à deux reprises, avait attiré la presse, au grand dam des familles des autres jeunes diplômés. «Nous, on est là pour notre fille, s’agace une dame. Laissez-nous tranquille!» Au milieu de la foule amassée dans le couloir, elle se retourne: un défilé de soixante-dix robes noires, toutes neuves, rejoint solennellement la salle. Seule manque à l’appel l’aspirante Dati, entrée par une porte dérobée.

«Je le jure»

Dans l’entonnoir formé devant la porte, journalistes, familles et proches des jeunes diplômés jouent des coudes pour passer à leur tour. Sans succès pour bon nombre de photographes et de caméramans. A l’intérieur, malgré l’agitation, le moment est solennel. «Jurez-vous de vous conduire en tout comme un digne et loyal magistrat?», demande le président de la cour.

Les accédants au statut de magistrat se lèvent chacun leur tour pour prêter serment. Y compris «celle qui a l’avantage d’être connue de ceux qu’elle ne connaît pas». Rachida Dati lève la main droite. Crépitement des flashs. «Je le jure.» Quelques prestations de serment plus tard, la cérémonie se termine. Et Me Dati retire sa robe de justice. Une jeune magistrate, debout dans la foule, pousse un cri d’indignation. «Mais c’est pas vrai! Elle retire sa robe dans la salle d’audience! ça ne se fait absolument pas. C’est vraiment une bécasse!»

Tiphaine Réto © 20minutes Rubrique Grand Paris