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Where the hell is Matt met le monde au pas (de danse)

Samedi, août 2nd, 2008

Matt Harding s’est filmé à danser tout autour de la planète. Ses vidéos ont conquis des millions d’internautes.

La meilleure façon de danser, c’est encore la sienne. Celle de Matt Harding, 31 ans, Américain du Connecticut et concepteur de jeux vidéo. Matt, « l’homme qui danse sur Internet ».

Que les amateurs de ballet ne s’y trompent pas : le pas de gigue de Matt n’a rien du grand art. Sur la Toile, il est pourtant devenu presque aussi célèbre que le « moonwalk » de Michael Jackson. Sa dernière vidéo, où on le voit danser dans les endroits les plus improbables du monde, a été regardée plus de 8 millions de fois rien que sur YouTube. Et sur son site, Wherethehellismatt.com (que l’on pourrait traduire par « Où diable est passé Matt ? »), les messages laissés dans toutes les langues continuent d’affluer.





Un buzz phénoménal pourtant parti de rien. En 2003, Matt Harding quitte son travail pour se lancer dans un tour d’Asie. De passage à Hanoï, un ami lui propose de le filmer en train de danser. « Il faisait référence à cette danse un peu spéciale que j’ai inventée, explique-t-il sur son site. La seule, en réalité, dont je suis capable. »

Matt trouve l’idée séduisante. Sans musique, bras et jambes en rythme, il continuera de se filmer tout au long de son périple. De retour aux États-Unis, il met en ligne un montage de ses « souvenirs dansés ».

DU MACHU PICHU AU BOTSWANA

La vidéo passe rapidement d’ordinateur en ordinateur, jusqu’à parvenir sur les bureaux de Stride Gum. Séduit, le fabricant de chewing-gums propose de subventionner le danseur amateur pour un tour du monde. Pendant six mois, du Machu Pichu péruvien aux geysers d’Islande, l’Américain reprend sa performance. Sans grande mise en scène ni gros effet. Mais en arrière-plan, les plus beaux sites de la planète défilent sur fond de musique du monde. Au milieu des morses des Shetland ou des éléphants du Botswana, la danse un peu spéciale de Matt Harding fait voyager des milliers d’internautes.

Un passage au Rwanda donne un tournant à l’aventure. En pleine représentation dans un village, une dizaine d’enfants des rues se joignent à lui, transformant le solo de danse en farandole. Matt Harding décide alors qu’il ne fera plus ses prestations seul. « A cet instant, j’ai réalisé que me regarder danser perdrait vite de son charme. Les nouveaux clips font appel à d’autres émotions. Toutes ces personnes différentes faisant la même chose… »

Papous de Nouvelle-Guinée, artistes de Guargon en Inde, spationautes du Nevada, foules d’admirateurs ou simples badauds à Paris, Montréal, Singapour ou Jérusalem… Plus de 2 000 personnes ont accompagné « l’homme qui danse sur Internet ». Et qui prouve, finalement, que le monde est plus beau quand il n’est pas que virtuel.

Tiphaine Réto, © Le Monde – Publié le 02/07/2008

Des moteurs de recherche lancent le clic humanitaire

Jeudi, avril 3rd, 2008
L’argent rapporté par les publicités de ces portails est reversé à des ONG

En quelques clics, peut-on lutter contre la faim dans le monde ? C’est le pari lancé par différentes associations et entreprises de jeunes internautes. Alors que le géant Google affiche un chiffre d’affaires de 16 milliards de dollars pour 2007, de petits moteurs de recherche se développent pour utiliser l’argent généré par la publicité sur Internet à des fins humanitaires.

Le principe est simple : plutôt que de conserver la manne financière des annonceurs, les sites hébergeurs solidaires la redistribuent à des ONG. Pas besoin, pour l’internaute, de mettre la main au porte-monnaie. Il lui suffit de changer de moteur de recherche. Plus la fréquentation d’un portail est importante, plus la cagnotte s’accroît. « Nous transformons le temps de recherche en argent humanitaire », résume Nicolas Desmaret, président de l’association Doona.

Créée en 2006 par trois lycéens, Doona est à l’initiative de l’Internet solidaire. Son moteur de recherche, www.doona.fr, reverse l’intégralité de ses revenus à trente-trois associations partenaires, choisies par un vote des internautes. Non lucratif, le site a attiré de grosses entreprises. Il est désormais soutenu par Exalead, premier moteur de recherche français, et par l’américain Mégaglobe, qui lui fournissent techniques et données. « Nous n’en tirons absolument rien, affirme François Bourdoncle, PDG d’Exalead. Mais le projet me paraissait tellement insensé qu’il m’a plu. »

Insensé ? Pas tant que ça. Car si Doona souhaite garder sa modestie en restant associatif, d’autres ont suivi le mouvement pour développer un vrai charity business. VeoSearch, lancé par une équipe de jeunes diplômés d’HEC, qui travaille essentiellement avec Yahoo, a préféré la version entrepreneuriale de l’action Web solidaire. Fondée sur trois piliers, l’environnement, l’économie et le social, la petite société fait son trou sur la Toile. « Notre chiffre d’affaires a atteint 21 500 euros en mars, détaille Guillaume Heintz, son fondateur. Nous en reversons la moitié à des associations partenaires. » Un chèque de 1 394 euros a ainsi permis à France Libertés de construire un accès à l’eau en Bolivie.

L’argent conservé sert au développement de l’entreprise. Mais pas question pour ses concepteurs de tomber dans la caricature de la start-up juteuse. « Le développement durable et solidaire n’est pas une mode, explique Arthur Saint-Père, cofondateur de VeoSearch. C’est une nouvelle logique de vie. Et pour les pays développés en mal de croissance, c’est un levier de créations d’emplois. »

Une vision partagée par les quatre membres de l’équipe, tous âgés de moins de 25 ans. « Pour nous, gagner de l’argent est un cercle vertueux, justifie M. Heintz. Si on peut payer des gens avec les revenus du site, on peut continuer à le développer et à l’améliorer… Et donc rapporter de l’argent aux ONG. »

Et la formule fonctionne. La fréquentation du site, lancé en janvier, frôle les 15 millions de recherches. En partenariat avec les bases de données de Yahoo!, VeoSearch parvient à apporter sa contribution à de grosses associations telles que WWF ou Handicap International. Une nouvelle version du site a été mise en ligne en mars afin de « fonctionner sur un principe plus communautaire, en mettant en réseau les utilisateurs du moteur ». Et continuer, ainsi, à tisser la toile du solidaire.

Tiphaine RETO, © Le Monde – Publié le 02/07/2008

liens : www.doona.fr et www.veosearch.com

Un client amusé est un client séduit

Mercredi, novembre 28th, 2007
La publicité s’empare d’Internet et attire le consommateur avec de vrais petits films très distrayants. Exemple avec les rasoirs Wilkinson.

Quel est le rapport entre une couche sale, un rasoir jetable et un coup de maître en marketing ? Fight for Kisses. La nouvelle campagne de publicité des lames anglaises Wilkinson. Un film d’animation 3D (d’environ deux minutes, sur www.ffk-wilkinson.com) et un jeu vidéo internet où papa et bébé se disputent les bisous de maman à coups de doudous volés. Des petits bijoux d’ingéniosité qui enregistrent, depuis leur mise en ligne, le 10 septembre, un franc succès sur la toile.

« On en est à cinq millions et demi de visites sur le site, comptabilisait, en octobre, Stéphane Rosen, responsable du projet chez Wilkinson France. Et deux millions de visionnage sur Dailymotion et Youtube, les deux sites de partage internet. » Aujourd’hui, Wilkinson annonce avoir franchi le cap des dix millions de visiteurs.

La réussite est simple : jouer l’humour et l’innovation. « L’objectif est de donner aux gens l’envie de passer du temps avec le produit et de s’amuser avec la marque», explique Chloé Larmurier, de l’agence de pub JWT, en charge de la création de Fight For Kisses. Quoi de mieux alors, que les possibilités sans fin d’Internet ?

Finie, la « réclame »

« Aujourd’hui, la publicité n’est plus dans une logique de vente, mais dans une logique de divertissement », commente Olivier Sebag, directeur de JWT. Une logique qui répond aux changements de comportement du consommateur. Zappeur invétéré et fin connaisseur des ficelles du marketing, ce dernier est de plus en plus difficile à retenir par une simple « réclame ». « Il faut donc changer l’image de la publicité, reprend Olivier Sebag. Ce ne doit plus être un programme qui interrompt, mais un programme qui intéresse. Et pour ça, Internet est le média parfait, car il est participatif. »

Si la campagne plaît, les consommateurs, peu à peu, font partager leur coup de coeur à d’autres. Les effets ne se font pas ressentir aussitôt sur la vente, « mais on crée une complicité avec la marque bien plus intéressante qu’une simple hausse du chiffre d’affaires. »

Les marques l’ont bien compris. Wilkinson, mais aussi Renault, Coca ou Mir… Tout se décline désormais en ligne. Et pour cause, puisque le marché a de l’avenir : « Il y a trente millions d’internautes en France, calcule Christophe da Silva, consultant en stratégie marketing. Dix-sept millions d’entre eux font des achats sur le web. » Pas étonnant que la publicité y tisse sa toile.

Tiphaine RÉTO © Ouest France

Voir la page : pubinternet.pdf