Tiphaine Réto ©Cadremploi.fr
Posts Tagged ‘emploi’
Patron, la note (de frais), s’il vous plaît !
Lundi, juin 7th, 2010Les dérives de la rupture conventionnelle
Jeudi, mai 27th, 2010Tiphaine Réto ©Cadremploi.fr
Harcèlement au travail : comment s’en sortir ?
Mercredi, mai 26th, 2010Tiphaine Réto ©Cadremploi.fr
Qui a peur du grand méchant senior ?
Vendredi, janvier 29th, 2010En vigueur depuis le 1er janvier 2010, la loi de priorité sur l’emploi des séniors force les entreprises à conserver les plus de 55 ans en poste. Même si elles ont des réserves, les entreprises – et ses salariés – devront s’habituer à reconnaître aux séniors plus d’atouts que de défauts.
« A 56 ans, on ne peut peut-être plus escalader pour installer une antenne, mais il y a encore des choses qu’on sait faire, non ? » Jean-Paul Prodhomme parle posément. Il ne garde pas rancune de son départ d’Alcatel. Pourtant, après 33 ans passés à travailler en tant que chef de projets dans les liaisons spatiales, civiles et militaires, il a été mis d’office en pré-retraite au moment du déménagement du centre de recherche de la société. « Je ne voulais pas partir. J’aimais mon métier. Je travaillais beaucoup à l’étranger et ça me plaisait. Mais à côté d’un jeune cadre, c’est vrai, j’apprenais moins vite. » Déjà obsolète pour le travail ?
Plus que de l’expérience
Pas tant que ça. « Les seniors ont plus que de l’expérience, observe Luc Aurélien Nory, cofondateur du site www.actionsenior.com. Ils ont une confiance en leurs acquis qui leur permet de ne pas être sans cesse dans le besoin de faire leurs preuves. Un senior dans une équipe, ça enlève généralement pas mal de stress. » Même avis pour Fabienne Caser, de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (Anact) : « Et dans certaines entreprises, on s’aperçoit que les plus âgés sont parfois les seuls à maîtriser certaines techniques, parfois liées à de plus vieux métiers. »
Souplesse et tutorat
Nul ne doute de l’apport des « aînés » dans l’entreprise. Pourtant, en France, leur taux d’emploi stagne à 39 %. Un minimum auquel la loi de priorité à l’emploi senior est censée remédier. En vigueur depuis le 1er janvier, elle impose aux entreprises de plus de 50 salariés, non couvertes par un accord de branche, de mettre en place des actions pour l’embauche ou le maintien dans l’emploi des plus de 55 ans. Sans ça, elles devront s’acquitter d’une amende égale à 1% de la masse salariale. « Il y a plusieurs axes sur lesquels il est possible de travailler, reprend Fabienne Caser. On peut introduire de la souplesse dans les horaires ou dans la hiérarchie pour permettre une meilleure récupération. On peut favoriser le tutorat sur les plus jeunes pour conserver l’intérêt pour son métier… A chaque entreprise de faire ses choix. »
Difficile pour les petites entreprises
Cet idéal ne convainc pourtant pas tout le monde. « Bien sûr qu’il est important de défendre la répartition de la pyramide des âges en entreprise, observe Jean-François Veysset, vice-président de la CGPME, mais dans le contexte de crise actuel, c’est assez mal venu de faire face à des sanctions. Nous aurions préféré une incitation. » Le syndicat des petites et moyennes entreprises à obtenu un délai de trois mois pour l’application de la loi auprès des entreprises de 50 à 300 salariés. « Dans les grandes sociétés, il y a des services de ressources humaines qui peuvent élaborer des stratégies rapidement. Les petites entreprises, elles, doivent faire appel à des experts extérieurs. La tâche est plus lourde. »
Pas de réflexion sur la durée
Les critiques fusent aussi chez les observateurs. « Cette loi, comme les précédentes, réfléchit sur une tranche d’âge plutôt que de penser à une trajectoire de vie professionnelle, note Luc Aurélien Nory Aujourd’hui, passé 40 ans, il n’y a plus ni mobilité ni formation dans l’entreprise. » Une lacune qui laisse parfois les seniors s’aigrir dans leur poste et se démotiver. « Quand vous n’avez pas eu de mise à niveau pendant 20 ans, vous ne vous sentez plus aucune valeur sur le marché du travail », reprend le jeune homme. Mais pour lui, la revalorisation de la place des seniors dans l’entreprise doit dépasser le seul cadre des RH. « La plupart des managers aujourd’hui sont de dynamiques trentenaires qui ont parfois un peu peur d’avoir en dessous d’eux un collègue plus expérimenté. Il faut qu’ils comprennent les avantages d’une telle collaboration. »
Des changements de mentalité
Des atouts déjà pris en compte dans les entreprises, selon Jean-François Veysset. « Les mentalités ont déjà changé. On n’a pas le choix. Mais c’est aussi aux seniors de revoir parfois leur attitude. Certains n’attendent que la retraite… ». A Levallois, l’argument fait sourire Jean-Paul Prodhomme. Définitivement retraité depuis deux ans, l’ancien d’Alcatel réalise désormais de petits travaux à domicile en tant qu’auto-entrepreneur. « J’ai encore pas mal de capacités de travail à revendre ! »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr
Portage salarial / auto-entrepreneuriat : le match
Mardi, juin 9th, 20093000 auto-entrepreneurs nouveaux par jour. La loi Novelli, depuis son adoption en janvier 2009, a déjà fait un bon nombre d’adeptes. Simple, sans risque et sans trop de frais… Le système a les atouts pour chasser sur le terrain des sociétés de portage.
« Ca ne s’oppose pas, ça se complète. » Le cri est unanime tant du côté des sociétés de portage salarial que des têtes pensantes de l’auto-entrepreneuriat. Pourtant, devant le succès impressionnant de la loi Novelli sur le statut d’auto-entrepreneur (près de 150 000 inscrits depuis le 1er janvier 2009), les entreprises de portage pourraient bien se faire du mouron.
Plus simples et plus accessibles
François Hurel est celui par qui tout a commencé. Le délégué général de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes a rédigé le rapport qui a permis la création de la loi Novelli. Même si, en façade, il affirme que les deux systèmes ne peuvent être mis en concurrence, il reconnaît que « là où le portage salarial offrait des opportunités, l’auto-entrepreneuriat en offre d’autres. Plus simples et plus accessibles à tous. »
Aucun risque
C’est ce qui a séduit Hélène Lelandais, « 29 ans depuis le 14 mai ». La date est importante : le jour de son anniversaire, en quelques clics sur internet, la jeune femme s’est offerte « son » entreprise, une société de prestation de secrétariat. « Depuis longtemps, je voulais savoir pourquoi je me levais le matin », se réjouit Hélène. Le système de l’auto-entrepreneuriat lui a permis de sauter le cap. « C’était extrêmement simple et je sais que je ne prends aucun risque puisqu’on ne paie des charges que sur ce que l’on gagne. » Le portage salarial ? La nouvelle auto-entrepreneuse reconnaît ne pas y avoir trop réfléchi. « Ca ne m’intéressait pas. Le fait de devoir laisser une partie de mes revenus à une société ne me plaisait pas. »
45 % contre 75 % de la facture
« C’est là, la force majeure de l’auto-entrepreneuriat », s’enthousiasme Grégoire Leclercq. Le jeune homme a lancé la première Fédération des auto-entrepreneurs il y a six mois. L’association compte déjà plus de 1 200 membres. « A qui s’adresse le portage salarial ? A plus grand monde », sourit-il avant de faire un bref un calcul. « En portage, vous touchez 45 % de ce que vous facturez. En auto-entrepreneur, vous empochez 75 %. C’est quand même plus intéressant, non ? »
Chiffre d’affaire limité
Du côté des sociétés de portage, on ne dément pas. « La loi Novelli a mis en place un excellent système, affirme Radhia Amirat, responsable de la communication du Syndicat national des entreprises de portage salarial (Sneps). Mais tout dépend de votre type d’activité. » Pour les professionnels, les deux systèmes ne s’adressent pas aux mêmes profils : « L’auto-entrepreneuriat a un chiffre d’affaire limité à 32 000 euros par an. Il est parfait pour les petites activités parallèles. Mais pour les gens qui souhaitent développer une activité principale sans avoir à se préoccuper des tracasseries administratives, le portage salarial est préférable. »
Pas le même public
Même constat pour Jean-Charles Vallet, président du Sneps. Dans sa propre société, Calleo, il enregistre une croissance de 20 % pour l’année en cours. « Le portage salarial est un confort. Nous nous adressons majoritairement à des gens qui gagnent plus de 30 000 euros par an. Un public senior qui tient, par ailleurs, à son régime général. »
Plus d’assurances avec le portage
Car là est l’équation : alors que les sociétés de portage permettent de cotiser pour la retraite et pour l’assurance chômage, l’auto-entrepreneuriat, s’il coûte peu, offre peu de protection. « C’est sur le plan des assurances que les sociétés de portage continueront à faire la différence, reconnaît Grégoire Leclercq, de la Fédération des auto-entrepreneurs. Elles accompagnent leur client un à un sur un business plan et sont donc plus à même de proposer des solutions qualifiées pour chacun. »
Observer sur la longueur
Malgré cet attrait, les chiffres gouvernementaux révèlent que les deux activités fétiches du portage salarial, conseil de gestion et services à la personne, sont à l’heure actuelle les plus représentées dans l’auto-entrepreneuriat. « On fera le point dans deux ans, propose, confiant, Jean-Charles Vallet. Une fois l’effet de mode passé, il faudra voir combien de ces nouvelles structures tiendront sur la durée. »
Des changements de statuts
D’autant plus qu’une fois le seuil des 32 000 euros atteints (80 000 euros pour les établissements à vocation commerciale), les auto-entrepreneurs passent directement au statut d’entreprise en EURL ou SARL. « Certains ne seront pas forcément préparés à ce genre de changements », prévient Radhia Amirat. Et préfèreront rechanger de statuts pour faire appel aux services d’une société de portage qui gèrera leur administratif ?… On vous l’avait dit : « Ca ne s’oppose pas, ça se complète. »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 05.06.09
Et toi ? t’es plutôt Facebook ou viadéo ?
Dimanche, avril 26th, 2009Facebook, Viadeo ou LinkedIn… Les réseaux virtuels sont désormais devenus indispensables dans nos vies de tous les jours comme dans l’impulsion de nos carrières. Encore faut-il savoir les utiliser à bonne escient, sans y perdre tout son temps.
Selon une enquête réalisée en 2008 par Keljob, 70 % des Français considèreraient les réseaux sociaux sur internet comme un bon moyen de faciliter leur recherche d’emploi. Il serait même près d’un tiers à avoir décroché un contrat grâce au seul réseau virtuel dont ils font partie. En mars 2008, le site de l’Apec lançait un partenariat avec LinkedIn pour que ses 600 000 membres puissent bénéficier des fonctionnalités du réseau professionnel. En décembre, c’était Cadremploi qui rejoignait les 100 millions de profils Facebook… Désormais, le cadre au chômage en Pouilly-en-Nonais peut rentrer en contact (virtuellement tout du moins !) avec Bill Gates. De quoi dire adieu à votre bonne vieille carte de visite ?
Virtuel ou réel, même combat
Non point, rassure François Laurent, co-président de l’Adetem, premier réseau des professionnels du Marketing : « Le fait d’opposer réseau virtuel et physique est un non sens. Cela voudrait dire qu’il y a une vie dans le rue et une vie sur le web. Or, l’une et l’autre sont aujourd’hui complètement liées. »
Même avis pour Olivier Fécherolle, directeur général de Viadeo : « Bien loin de nuire aux réseaux traditionnels, les réseaux sur internet en ont montré tout le potentiel. Cela fait 20 ans que les conseillers en carrière parlent de l’importance des réseaux… Ils sont maintenant plus simples et plus naturels à entretenir. On n’a plus besoin d’être un expert du réseau pour avoir des contacts. »
Un profil, c’est plus qu’un CV
Un expert, non. Mais quelques règles s’imposent pour les rendre réellement performants. « Il faut commencer par choisir son réseau, affirme François Laurent. Ca ne sert à rien de courir d’un site à l’autre. Mieux vaut bien entretenir un profil. » Entre réseaux transversaux, comme Facebook, ou réseaux purement professionnels, à vous de voir ce qui vous sied le mieux.
Mais quel que soit votre choix, ne remplissez pas votre profil à la va-vite : « Un profil c’est plus qu’un CV, explique Olivier Fécherolle. Il doit rester neutre dans le ton, mais en dit plus sur vous. Vous pouvez rajouter les gens que vous connaissez, les liens que vous avez publié sur internet, vos goûts et vos attraits… Plus on dit de choses, plus on joue le jeu. Et plus c’est payant. »
Attention aux intrus
Reste ensuite à établir votre carnet de contacts. Facile ? Pas toujours… « Le réseau reste toujours une affaire de confiance. On déconseille à nos membres d’ouvrir leur profil à quelqu’un qu’ils ne connaissent pas. Il suffit d’un mauvais élément pour nuire à votre image. »
Et pourquoi pas un blog ?
Votre image, justement, le web peut en devenir le démultiplicateur, si vous savez utiliser les bons outils. « « Nos jeunes professionnels, reprend François Laurent, ont créé leurs groupes d’échanges sur Facebook. Et l’Adetem propose une plateforme de blogs. » Nouveautés de votre secteur, réflexion personnel sur votre branche d’activité ou simple partage d’information, internet vous permet de vous poser en vrai professionnel sans être l’invité d’honneur de tous les colloques de la région.
Se faire remarquer par ses idées
« L’essentiel, c’est de se faire remarquer par ses idées », confirme Olivier Fécherolle. A défaut de tenir un blog régulier, il vous suffit parfois de poster une ou deux (bonnes) réponses sur une question à un forum ou de lancer les débats en faisant remonter un article repéré dans la presse ou sur la toile. « Adhérer à des groupes qui abordent des thématiques proches de votre domaine est aussi un bon moyen de se tenir au courant et de faire de nouvelles rencontres », avance François Laurent.
Pas si chronophage…
Une activité à plein temps de réseauter sur la toile ? Le co-président de l’Adetem a la réplique : « Pensez donc au kilomètre de lettres qu’on devait écrire avant internet, aux heures interminables au téléphone et aux journées perdues dans les salons pour échanger trois cartes de visites… qui pouvaient ensuite se perdre dans le fond d’un tiroir. »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 26.04.09
« Aller vers les autres pour ne passer à côté de personne »
Fondatrice du site coachforleaders.com, Marie-Jeanne Marti est coach et consultante. Diplômée de sociologie, journaliste pour divers médias pendant quinze ans avant de se lancer sur les planches en tant que comédienne, elle s’est forgée au cours de son parcours professionnel une réelle expérience du réseau. Un outil professionnel qu’elle envisage comme un art de vivre.
Le « réseau », kézako ?
Le réseau, c’est tout. C’est votre famille, ce sont vos amis, c’est votre médecin ou votre boulangère. Tout ces gens que vous rencontrez et avec qui vous échangez. Tous ceux qui peuvent vous donner une information, un tuyau, un boulot ou la simple possibilité de rencontrer une autre personne. Pas forcément dans l’instant, là, comme ça. Mais un jour, peut-être. On a tendance à entendre le réseau d’un point de vue « mercantile ». Or, il ne faut surtout pas confondre le réseau et le commercial. Dans un cas vous avez quelque chose à vendre, vous, votre « œuvre » ou un produit. Dans l’autre, vous êtes simplement ouvert sur les opportunités. Vous lancez des filets. Le réseau, c’est comme la marée : vous attendez calmement devant l’océan ce que la mer peut vous rapportez. Mais vous ne savez jamais quoi.
Vu comme ça, le réseau ne prend-il pas un côté « intéressé » ?
Pourquoi ? Parce que vous l’envisagez comme un mélange d’affect et d’intérêt ? C’est tout l’inverse. Le réseau, c’est être simple et remettre les relations à plat. On a tous besoin de quelque chose à un moment ou à un autre. Ce n’est pas un drame et ce n’est pas être quelqu’un d’intéressé. Il faut juste accepter d’être aidé, accepter de demander. L’essentiel est de positiver cette démarche et de prendre plaisir à rester ouvert aux autres, à envisager toute nouvelle rencontre comme une chance à part d’élargir ses connaissances. Le réseau, c’est juste se trouver des points communs. C’est aller vers les autres pour être sûr de ne passer à côté de personne.
Et pour les timides ?
La timidité est acceptable pour les enfants. Ensuite, elle n’est plus qu’un refuge pour se défosser d’un tas d’initiatives d’adulte. Si les gens se mettent dans la tête de sortir de leur timidité, ils y arrivent. Néanmoins, cela demande souvent de commencer par faire un travail sur la confiance en soi, de parvenir à se revaloriser à ses propres yeux. Mais quoi qu’il arrive, il n’y a pas de formation de base au réseau. Il suffit juste d’un déclic. D’un état d’esprit. Et tout le reste suit.
La rencontre semble primordiale dans votre conception du réseau. Que pensez-vous des réseaux sociaux virtuels ?
Internet est un outil magnifique… mais pas humain. Ces genres de « réseaux » fonctionnent très bien parce qu’ils vendent une illusion : grâce à eux, on a l’impression qu’on peut discuter avec la planète entière. Sauf que la planète entière, on s’en moque un peu. Et puis vu le temps que cela prend, cela ne sert pas à grand chose. Surtout si vous ne rencontrez pas les gens derrière. Mieux vaut s’occuper pleinement des gens qu’on connaît. Ce sont eux les premières pierres de nos réseaux.
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 26.04.09
Pour en savoir plus : « Cultivez efficacement vos réseaux », Marie-Jeanne Marti et Delphine Barrais. Edition ESF, 2007.
Quand le web fait surfer les emplois de la grande distrib
Jeudi, février 5th, 2009Auchan, Carrefour, Les Mousquetaires et même Monoprix… Ils s’y sont tous mis. Le cybermarché est venu peu à peu titiller le traditionnel hypermarché à coup de clics gagnants. Une nouvelle branche de la grande distribution qui révolutionne le secteur et décuple les possibilités d’embauche.
Fini le temps de l’arpentage de rayon sous la lumière blafarde des néons de supermarché. Aujourd’hui, le commerce est électronique ou n’est pas ! Enfin presque…
Depuis le début des années 2000, l’explosion des sites de vente en ligne a révolutionné le secteur de la grande distribution. D’abord l’attribution de « pure-players », tels que Opodo ou Amazon, dont l’activité était exclusivement tournée vers internet, le phénomène a été repris par les grandes marques du commerce traditionnel.
Plus de 10 000 sites marchands
Et pour cause… Selon la Fédération des entreprises de vente à distance (Fevad), le volume d’affaires du secteur est passé de 2,2 à 7 milliards d’euros entre 2002 et 2005. Un marché alléchant à ne pas laisser filer. Résultat : dans la seule année 2005, le nombre de sites marchands serait passé de 7500 à plus de 10 000.
12 % de poste en plus en 2008
Derrière cette conjoncture favorable, l’emploi des cadres de la distribution a lui aussi évolué. En 2007, toujours selon la Fevad, on ne recensait pas moins de 15 500 e-commerçants. Parmi eux, 30 % de cadres. Et ce n’est pas fini puisqu’en 2008, d’après une enquête réalisée par Benchmark Group, les créations de postes ont augmenté de 12 %. « On peut s’attendre a la même chose en 2009 », avance Pierre Cannet, fondateur du cabinet Blue-Search conseil, spécialisé en recrutement dans l’internet, la vente par correspondance et les nouvelles technologies.
De nouveaux métiers
Des postes créés. Des métiers aussi. Car le e-commerce a changé la donne y compris au sein des branches du secteur. Chef de rayon en ligne, web designer ou responsable référencement naturel sont désormais au cœur de la machinerie du e-commerce. « Les métiers de l’informatique, évidemment, sont devenus très importants, note Eric Le Strat, de Houra.fr, premier cybermarché français créé en 2000. Mais il a aussi fallu faire évoluer les méthodes des commerciaux ou les façons de penser le marketing. » Difficile en effet de vendre de la même manière l’image d’une boîte de haricots en ligne et la boîte de haricots elle-même manipulable et observable en magasin.
Plus informel le e-commerce
« Les codes eux aussi ont été modifiés, reprend Pierre Cannet, de Blue-Search Conseil. Le responsable de magasin qui arrivait à 7h pour inspecter ses rayons et ne repartait que tard le soir après avoir vérifié trois fois que tout tournait rond a fait son temps… Dans le e-commerce, on peut se permettre d’arriver plus tard le matin et de faire varier ses latitudes horaires. Les relations hiérarchiques, également, sont généralement plus informelles. »
Un secteur besogneux
Un coup de balais sur la poussière de l’étiquette dévalorisée de la grande distribution ? Alors que le secteur traditionnel peine toujours à attirer les cadres, le e-commerce pourrait-il venir redorer son blason ? « Pas vraiment, affirme Eric Le Strat, de Houra.fr. Le secteur est toujours difficile et besogneux, même sur les sites de vente en ligne. Et il reste mal payé. »
Mieux payés chez les pure-players
« C’est un peu l’erreur des enseignes de la grande distribution, confie Pierre Cannet. Elles ont voulu appliquer la même grille salariale à leurs employés en e-commerce, à l’inverse des pure-players qui, eux, ont compris que pour attirer les candidats il fallait adapter les salaires. » Si tout reste relatif d’un groupe à l’autre, le salaire de base d’un responsable marketing on line dans les groupes traditionnels de grande distribution serait de 10 à 20 % moins élevé que chez les pure-players.
Promotions rapides
Avantage supplémentaire pour l’e-commerce, les évolutions de carrière s’avèrent plus prometteuses en cybermarché qu’en hypermarché. « Les équipes sont plus réduites, les échelons moins nombreux à gravir, expose Eric Le Strat. Et on fonctionne beaucoup plus à la méritocratie. » Au moins une bonne raison pour tisser sa toile dans le e-commerce.
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 05.02.09
Ces littéraires qui réussissent en entreprise
Jeudi, janvier 22nd, 2009Ignorés et sous-payés par les entreprises qui recrutent bien souvent via réseaux d’anciens, les littéraires possèdent cependant un atout indéniable : leur capacité de rebond. Bûcheurs par essence, ils cumulent de nombreuses qualités : capacité de concentration, esprit de synthèse, rigueur… ce qui décuple leur faculté d’adaptation. Tout n’est pas rose pour autant et nombreux sont ceux qui galèrent pour travailler en dehors de l’enseignement. Toutefois, certains y parviennent. Et ne changeraient rien à leur parcours.
Littéraire et cadre : où est le problème ?
Décriées, les Lettres modernes, malmenées, les Sciences humaines, remisées, les études de psycho, de socio et de philo… Il ne fait pas toujours bon être « littéraire » sur les rivages de l’emploi. Pourtant, il n’est plus si rare d’en croiser à tous les niveaux de l’entreprise.
« Tu veux devenir prof, toi ? » Cette question, Chloé n’ose même pas compter combien de fois elle l’a entendue au début de ses études. Diplômée d’un ancien bac A1 (math-littérature), passée par hypokhâgne et khâgne, cette « tronche » a galéré quelques années avant de décrocher son premier contrat. Car, non, elle ne voulait pas devenir prof.
Rigueur et adaptabilité
Elle travaille aujourd’hui dans une grande entreprise bancaire, en tant que responsable marketing. Et ne regrette rien de son parcours. « Mon cursus, aussi atypique soit-il, m’a apporté bien plus qu’une formation linéaire au marketing. Une bonne orthographe, certes, une bonne culture générale, évidemment, mais également une rigueur et une adaptabilité qui font aujourd’hui ma force sur le marché du travail. »
Stratégies personnelles d’emploi
Comme Chloé, bon nombre de « littéraires », autrefois « condamnés » aux concours de l’enseignement ou de la fonction publique, trouvent désormais leur place dans toutes les strates de l’entreprise. « Les jeunes qui suivent ce type d’études sont conscients du fait qu’elles n’ont pas une finalité immédiate, explique Christian Darantière, de l’Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés (AFIJ). Ils mettent donc très vite en place des stratégies personnelles d’emploi. »
Opération Phénix
La première d’entre elle : la formation complémentaire professionnalisante. « Nombreux sont ceux qui reprennent une formation courte pour obtenir le petit plus de compétences techniques nécessaires à l’entreprise », poursuit Christian Darantière. C’est aussi ce que propose la très médiatique opération Phénix.
La diversité des profils, une richesse d’entreprise
Depuis 2007, cette initiative engagée par la société PricewaterhouseCoopers a permis à 70 étudiants de master de recherche en Littérature, Histoire, Géographie ou Philosophie (entre autres !) de décrocher des CDI à des postes de gestionnaires de grandes entreprises. « L’intention initiale de cette action, décrypte Jean-François Lochet, correspondant de l’opération Phénix à Paris I, était de copier le modèle anglo-saxon qui fait de la diversité des profils une richesse dans la société. » Et de rappeler aux responsables de ressources humaines que les capacités d’analyse développées par les « Humanités » peuvent être un plus pour le développement de stratégies d’entreprise.
La valeur diplôme
« Mais il ne faut pas croire que nos étudiants ont attendu ce type d’actions pour investir le monde entrepreneurial, reprend Jean-François Lochet. Cette idée de fabrique à chômeurs qu’est l’université est fausse et non-justifiée. » En France, la valeur diplôme reste la meilleure clé pour ouvrir les portes de l’emploi. Et plus le niveau d’études est élevé, moins la précarité est grande : les titulaires d’un bac + 5 seraient quatre fois plus nombreux à décrocher un poste de cadre dans les trois ans qui suivent leur sortie d’études que les bac + 3.
Précarité plus longue
C’est ce que révèle l’observation de la génération des diplômés de 2004 établie par le Centre d’études et de recherche sur les qualifications (Cereq). Cependant, toujours d’après le Cereq, ces conditions d’insertion restent très variables pour les littéraires. 13 % de ceux issus des filières Lettres et Sciences humaines sont encore au chômage trois ans après leur sortie d’études. Ils ne sont que 5 % pour les licenciés de Maths, Sciences et techniques.
Premiers touchés en temps de crise
« Et en temps de crise, annonce Christian Darantière, ce sont eux qui vont le plus souffrir, car les entreprises ont du mal à embaucher des gens qui n’ont pas une rentabilité immédiate. » Pour ce responsable de l’Afij, la grosse lacune des filières littéraires, c’est qu’elles ne proposent que rarement des stages en entreprise. « Ils manquent donc aux étudiants un certain nombre de mécanismes pour comprendre le fonctionnement de l’entreprise. »
Jobs alimentaires
Un jugement modéré par Jean-François Lochet, de Paris I : « 86 % des étudiants occupent ou ont occupé un emploi pendant leur cursus universitaire. Ils savent ce qu’est le monde du travail. » Reste que ces emplois ne sont souvent que des jobs alimentaires, difficiles à faire valoir sur un cv pour candidater à un poste de cadre.
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 22.01.09
Webmaster après une maîtrise d’Histoire contemporaine
C’est par passion que Benoît Graisset-Recco a toujours fait ses choix et ses orientations. Par passion et grâce à une grande force de travail acquise pendant ses études. Après un bac scientifique et une maîtrise d’histoire, Benoît Graisset-Recco est aujourd’hui, à 37 ans, un webmaster aguerri.
Il a du mal à se souvenir de tous les détails de son parcours universitaire. Mais Benoît Graisset-Recco se rappelle très bien qu’il a toujours fait ses choix par passion. « Après un bac scientifique, j’ai suivi mon goût personnel pour l’histoire et je me suis inscrit à Paris I-Sorbonne. » A l’époque, l’étudiant n’a pas encore de projet professionnel défini. « Je me suis inscrit au Capes pour devenir prof, mais c’était sans trop avoir réfléchi à la question. »
Des débuts en indépendant
C’est pourtant cette année de préparation aux concours de l’enseignement qui lui sera décisive. « Au cours de l’année, j’ai commencé à m’intéresser à internet. Très vite, j’ai trouvé ça passionnant ! » A peine son cursus terminé, Benoît s’installe en tant que webmaster indépendant. Associé à deux amis, il crée des sites web au moment où la demande est de plus en plus forte. Le bon filon pour s’introduire dans un milieu quand on n’a pas le profil…
« Je restais potasser jusqu’à minuit »
« Après deux ans en tant qu’indépendant, je me suis suis dit que j’avais les bases pour postuler dans une entreprise. » Il devient alors administrateur informatique du réseau national des Auberges de jeunesse. « C’est là que, pendant quatre ans, je me suis réellement formé. Après ma journée de travail, je restais potasser jusqu’à minuit pour vraiment progresser dans ce que je faisais. »
Enseignant dans une école d’informatique
Les progrès sont rapides et le jeune autodidacte devient enseignant à l’Hétic, une école supérieure d’informatique et de multimédia. « Ca a duré deux ans. J’étais également administrateur de leurs systèmes informatiques… Avant de changer à nouveau d’employeur. » Depuis quatre ans, désormais, il a gagné ses galons de chef de projet chez Anakrys, petite SSII spécialisée dans la création de sites internet.
Des qualités qui deviennent des atouts
« Si mon parcours étonne les gens, confesse Benoît, je ne pense pas qu’il les dérange. Une fois qu’ils sont rassurés sur mes compétences en informatique, ils l’oublient très vite. »
Lui, à l’inverse, n’oublie pas ses acquis. « Je ne peux pas dire que le contenu de mes cours d’histoire me soit encore utile aujourd’hui. Mais les qualités qu’on doit mettre en œuvre en tant qu’étudiant dans des filières littéraires deviennent de vrais atouts dans le monde du travail. »
Rigueur, autonomie, esprit de synthèse, aptitude à bâtir un plan de dissertation comme un plan de travail… « Pour moi, rien de ce que j’ai fait aujourd’hui n’aurait été réalisable sans ces réflexes acquis au cours de mes études ! »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 22.01.09
« Avec mon master en psychopathologie, je suis aujourd’hui consultant international RH »
A 23 ans, Maxime-Louis Régis parcourt la planète pour recruter les salariés d’un grand groupe oléoduc. Il se destinait pourtant à devenir psychologue clinicien. Un changement de cap engagé pour éviter la précarité. Et pour élargir ses horizons.
Son rêve à lui, c’était de travailler auprès de malades mentaux. Sa réalité : voyager aux quatre coins de la planète pour recruter du personnel pour un grand groupe oléoduc. « Dès le début de mes études, je me suis spécialisé en pédo-psychiatrie et gériatrie, explique Maxime-Louis. Mais pour financer la fac, j’ai trouvé un job dans une grande entreprise. »
Un Master et de l’expérience
En fait de petit boulot d’étudiant, le jeune homme commence à travailler dans les ressources humaines d’un grand groupe de conseils en management et services informatiques. De CDD en CDD, il finit par y être embauché en CDI, trois jours par semaine… et par prendre de plus en plus de responsabilités. « A la fin de mes études, j’avais donc un Master en psychopathologie de l’enfance et trois d’expériences dans les RH… Pour trouver rapidement un travail, le choix a été vite fait. »
Un jour au Congo, l’autre en Iran
A 23 ans, Maxime-Louis est donc aujourd’hui consultant international en ressources humaines dans un groupe comptant près de 30 000 salariés. Le mois dernier, il était au Congo pour élaborer des tests de recrutement et rencontrer près de 120 candidats. Même chose dans quelques semaines au Kazakhstan, puis en Iran. « Si j’étais resté à un poste de clinicien, je serais sans doute encore à temps partiel, payé au lance-pierre, dans une structure de la grande banlieue parisienne… Après cinq ans à galérer dans mes études, je n’avais plus envie de cette précarité. »
Un petit plus sur les collègues
Pour autant, Maxime-Louis ne regrette rien de son cursus : « Mes études me donnent un petit plus sur mes collègues puisque je suis capable de diagnostiquer très facilement un problème chez un candidat. » Une névrose maladive ou une psychose trop prononcée… Les cas sont rares, mais sont tout de suite analysés par ce professionnel. Même chose pour les personnalités de ces collègues. « Je repère tout de suite qui réagit comment dans l’entreprise. Ca me permet de m’adapter très vite dans une équipe. »
Retour en cliniques
Pragmatique, le jeune homme ne doute pas de la plus-value que lui apportera en retour, cette expérience en entreprise. « Je sais qu’il n’est pas évident d’évoluer énormément dans un grand groupe quand on a un profil un peu atypique. Mon souhait serait donc de retourner vers des cliniques psychiatriques. » Qui, elles aussi, ont besoin de spécialistes en ressources humaines.
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 22.01.09
Titulaire d’un Deug de Lettres et PDG d’une SSII
Il avait choisi la voie royale pour l’enseignement. A 37 ans, Abdelaziz Sali est aujourd’hui dirigeant de Nouveli, une SSII qu’il a lui-même fondée. « Je voulais devenir prof de français depuis longtemps. Mais un « accident de parcours » m’a fait changer d’avis. » D’avis et d’avenir.
Inscrit à la fac de Lettres de Paris-Tolbiac, Abdelaziz Sali est en deuxième année quand un ami lui propose de le rejoindre dans une drôle d’aventure. « Il venait de créer une boîte d’édition de logiciels de gestion pour les cliniques vétérinaires. Je n’y connaissais rien en clinique vétérinaire et encore moins en informatique. Mais il a réussi à me convaincre que c’était là, l’avenir. »
Tout appris sur le tas
A deux dans cette nouvelle société, Abdelaziz Sali apprend tout sur le tas. « C’était vraiment passionnant de découvrir quelque chose de totalement différent. » En cinq ans, il obtient une expérience suffisante pour rejoindre une SSII parisienne. « Mon parcours atypique les a intéressé. Ma formation de Lettres, notamment, m’a catégorisé dans les services « avant-vente ». On s’est tout de suite dit que mes qualités rédactionnelles pourraient servir pour l’élaboration des discours commerciaux. »
Plus d’efforts pour faire ses preuves
Pas de problème à l’embauche, donc, mais quelques mois pour faire sa place dans cette nouvelle structure : « Au début, on s’adressait à moi comme à un petit jeune. Je pense qu’il a fallut que je fasse encore plus mes preuves pour montrer que, moi aussi, je savais ce qu’était un logiciel. »
Créateur d’entreprise
Devenu « Business consultant », c’est pourtant lui, le littéraire, qui interviendra chez les clients de la société pour les épauler sur les outils informatiques. C’est lui aussi qui, quelques années plus tard, soutenu par son chef, créera son « cabinet d’experts en formation et commercialisation de solutions logicielles ». Nouveli, 53 collaborateurs et 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2008. Une petite réussite.
Le diplôme est secondaire
Et pas question pour Abdelaziz Sali de revenir sur son parcours. « En plus des qualités rédactionnelles, ma formation littéraire m’a offert une certaine culture. Or, quand vous êtes avec un client, c’est parfois bien de parler d’autres choses que du dernier microprocesseur ! »
Désormais en position de recruteur, il ne se ferme donc à aucun profil. « Le diplôme m’importe peu. D’autant moins, d’ailleurs, que je dois être le moins diplômé de mon entreprise. » Compte avant tout l’engouement d’un candidat et son envie d’apprendre. « Pour moi, un diplôme n’est qu’une carte de visite. Or, une personne est forcément plus intéressante que sa carte de visite. »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 22.01.09