Posts Tagged ‘élections’

David Douillet, un poids lourd dans les Yvelines

Mardi, septembre 15th, 2009

« Mon investiture, je vais l’encadrer et la garder toute ma vie. » David Douillet a entamé, hier à Poissy (78), un nouveau combat : celui des urnes. Choisi par les états-majors de l’UMP pour se présenter à l’élection législative partielle qui se tiendra les 11 et 18 octobre dans les Yvelines, le double champion olympique et son suppléant, le maire (UMP) de Plaisir, Joël Regnault, ont été les premiers candidats de la 12e circonscription à s’inscrire, le matin, à la préfecture. « La politique, c’était quelque chose que j’avais dans le ventre, confie David Douillet. J’ai accompli mes rêves d’enfants. Maintenant, je veux travailler pour les autres. »

Le nouveau candidat a déjà promis de faire du transport et de l’emploi ses deux priorités pour la circonscription. Il souhaite également mettre son « aura » au service de la construction du Grand Paris : « Aujourd’hui, la région Ile-de-France est dernière en matière d’équipements sportifs. Or le sport possède cette notion unique de rassemblement qui permettrait de construire l’âme du Grand Paris. »

Sur un plan national, le candidat rêve aussi d’« un statut pour les mères et pères au foyer » et d’un soutien au bénévolat dans les associations. « La politique a besoin de gens de la société civile. Je démarre, je suis neuf en politique », affirme, sans ciller, le secrétaire national aux Sports de l’UMP, qui se présentera sans doute aux régionales, en mars 2010. Celui qui a longtemps été premier au classement des personnalités préférées des Français est en tout cas rodé aux pratiques de terrain. Dans la rue, enfants et adultes se pressent autour de son imposante carrure pour une photo posée. Un hommage rendu, pour l’instant, davantage au judoka qu’au candidat.

Tiphaine Réto © 20minutes-Rubrique Grand Paris

L’Ile de France au coeur du scrutin européen

Vendredi, juin 5th, 2009

Vingt-sept listes pour treize sièges. Le vote a beau être national, les résultats des élections européennes de dimanche sont particulièrement attendus en Ile-de-France. C’est dans cette circonscription, la seule qui coïncide avec une région administrative, que le plus grand nombre de têtes d’affiche se présentent. Tour d’horizon des forces en présence.

Le PS défié par les Verts

Avec 18 % d’intentions de vote, selon un sondage BVA publié mercredi dans Le Parisien, c’est en Ile-de-France que le Parti socialiste pourrait faire son plus mauvais score. Au point que Benoît Hamon, numéro 3 de la liste, n’est pas assuré de pouvoir siéger à Strasbourg. La raison principale : l’émiettement des voix de gauche, notamment au profit des Verts, crédités de 16 %. Ceux-ci, d’ailleurs, ne cachent plus leur espoir de battre le PS à Paris intra-muros grâce à un fort électorat bobo. Clé de cet engouement : la personnalité de Daniel Cohn-Bendit, tête de liste, qui « n’a déposé aucun rapport durant la dernière session » parlementaire, a rappelé hier Benoît Hamon. Au PS, certains dénoncent aussi le choix d’Harlem Désir, personnalité effacée, en numéro 1. « Le casting de notre liste est mauvais », grogne un responsable. « Dans les quatre premiers de la liste, il y a deux ouistes et deux nonistes [au référendum sur le texte constitutionnel]. L’Ile-de-France est pourtant la région qui a voté oui le plus largement. » Reste qu’un Francilien sur deux, tenté de voter Verts, se dit susceptible de voter PS.

Une UMP en force

Avec 30, 5 % d’intentions de vote, l’UMP s’imposerait largement dans la région. Malgré la faible cote de popularité du chef de l’Etat, la majorité serait épargnée par le vote-sanction : 59 % des Franciliens déclarent ne pas vouloir voter en fonction du gouvernement. « La présidence française de l’Union européenne nous a été très favorable », précise Philippe Juvain, 5e candidat sur la liste UMP. Autre atout pour le parti, celui d’une composition de liste savamment orchestrée : « Entre Michel Barnier et Rachida Dati, l’UMP a mis en avant, en Ile-de-France, deux de ses principales stars », observe Gaël Slimane, directeur adjoint de l’institut BVA. Une observation à peine tempérée par la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, Rama Yade : « C’est la légitimité européenne de Michel Barnier qui est l’atout principal de la liste. »

Le MoDem, grand perdant ?

Plus question, pour l’instant, de jouer le troisième homme entre gauche et droite. 11 % seulement d’intentions de vote placent le MoDem loin derrière la liste des Verts. « La perméabilité est forte entre les électeurs du MoDem et des écologistes, précise Gaël Sliman. François Bayrou, qui a fait une campagne centrée sur lui, Nicolas Sarkozy et la France, a pu décevoir son coeur d’électorat particulièrement europhile. » Le ton entre François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit est monté vivement hier soir. Le premier a demandé à son rival d’« assumer ses écrits » sur la sexualité des enfants, tandis que l’autre l’a traité de « minable ».

Le Front de gauche tire son épingle du jeu

Alors qu’au niveau national, NPA et Front de gauche restent au coude-à-coude, l’Ile-de-France voterait à 7 % pour la coalition de Jean-Luc Mélenchon et du PCF. Un résultat deux fois plus élevé que le parti d’Olivier Besancenot. Mais les jeux ne sont pas faits : toujours selon Gaël Sliman, « Benoît Hamon bénéficie d’une grande popularité à l’extrême gauche ».

La droite de la droite dans les choux

77 % des voix de droite se concentrent sur l’UMP. De quoi laisser le FN, la liste villiériste Libertas et la candidature de Nicolas Dupont-Aignan au rang des marginaux. L’Ile-de-France n’est pas historiquement une terre d’extrême droite. Surtout que les têtes de liste des trois partis sont peu connues.

Des micropartis quasi inexistants

Cannabis sans frontières ou Europe décroissance… Chaque élection amène son lot de partis indépendants. Réunis, ils ne dépassent pas les 4 % d’intentions de vote. La liste antisioniste de Dieudonné pourrait ne pas dépasser 0,5 % des suffrages, contre les 3 % espérés. « La cible à laquelle s’adresse Dieudonné est une catégorie populaire qui se déplace très peu pour voter », note Gaël Sliman.

Alexandre Sulzer et Tiphaine Réto © 20minutes-Rubrique Grand Paris

« Le lendemain du vote, on retournera bosser »

Jeudi, avril 5th, 2007
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Au coeur de la campagne… au marché d’Ancenis. 2e volet de notre série consacrée à la campagne présidentielle, vue et commentée par les électeurs.

Premier marché du printemps à Ancenis. Sous un soleil froid, les senteurs de saison volent d’étal en étal. Comme pour mieux chasser l’hiver. La fraise se laisse goûter par le passant. La laitue défrise le badaud. Un air de Piaf couvre le brouhaha des grands jours.
« Les présidentielles ? » Jeoffrey, 31 ans, tente de se réchauffer près de son stand de machines à coudre. « Bien sûr qu’on en parle… Comme du beau temps. » Pour ne rien dire en somme. « Vous savez, c’est très mauvais pour un commerçant de donner ses opinions politiques, explique Franck. Alors autant éviter les sujets qui fâchent… » Faire comme si de rien n’était ? Difficile, toutefois, pour le poissonnier. Devant son stand désert, il reprend en faisant la grimace : « C’est vrai que les années présidentielles, on les sent passer. À chaque fois, c’est la même chose : les gens n’achètent pas. Ils sont passifs. Dans l’attente de quelque chose.

Les médias servent la soupe

Attendre… Mais attendre quoi ? Dans les allées, les réponses se ressemblent. Robert, 55 ans : « Du changement. Enfin ! », Gilles, 34 ans : « Que ça bouge ! », Nathalie, 35 ans : « Autre chose… » Mais aucun ne semble décidé sur le bulletin qui, dans l’urne, pourrait « tout changer ». « 50 % des gens ne savent pas encore pour qui ils vont voter », assène Georges, le marchand de gilets. « À écouter les gens, on pourrait croire que c’est Le Pen qui va être président, complète Pierre. L’insécurité… On entend parler que de ça. C’est très à la mode. »

L’insécurité, en effet, semble être en promotion dans les sujets de l’air du temps De même que « la vie chère », « le chômage », « la TVA » et « la retraite » se portent bien pour la saison. Les mêmes sujets reviennent sans cesse, au gré ou non, de l’actualité. « Le problème, reprend Pierre, c’est que personne n’approfondit réellement ces questions. À commencer par les médias qui servent la soupe aux politiques. »

Ce débat-là énerve Georges. Lui, la politique, il ne veut plus en parler. « De toute façon, le lendemain du vote, on remontera dans le camion et on ira bosser… » Puis, plus grave : « Moi, ce qui m’inquiète, c’est pour les jeunes… Je ne vois pas comment ils peuvent encore y croire. »

Plus temps de voter pour un parti

Les jeunes, justement, semblent bien au contraire se prendre de passion pour les débats du moment. « Je viens de créer mon entreprise de ferronnerie, explique Kallan, 27 ans. Ce sont de nouvelles questions et de nouveaux intérêts pour moi. »

Cheveux longs et bouc à peine entretenu, le jeune homme se désole de voir le peu d’intérêt marqué pour la politique en France. « Dans les bars ou ici, sur le marché, c’est rare que les gens en parlent. Pourtant, moi, avec mes amis, on se retrouve pour échanger nos opinions, confronter nos idées. C’est ça qui fait avancer. » Malgré tout, Kallan hésite encore pour la nuance de son bulletin de vote. « Vote utile ou vote d’opinion ? C’est dommage d’en être à réfléchir comme ça… » Sur son sweat noir, des mots imprimés en blanc : « Rage against the machine ». Le nom d’un groupe de musique engagé contre les abus du capitalisme. Il s’interroge : et s’il n’était plus temps de voter pour un parti ou pour des idées ? « La terre va super mal. Le jour où il n’y aura plus de planète, il n’y aura plus ni gauche, ni droite. C’est peut-être ça l’enjeu de ces présidentielles. »

Premier marché du printemps à Ancenis. Le soleil s’est caché sur la fin de matinée. En ce début de saison, il fait encore un froid d’hiver.

Tiphaine RÉTO © Ouest France

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