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Portage salarial / auto-entrepreneuriat : le match

Mardi, juin 9th, 2009

3000 auto-entrepreneurs nouveaux par jour. La loi Novelli, depuis son adoption en janvier 2009, a déjà fait un bon nombre d’adeptes. Simple, sans risque et sans trop de frais… Le système a les atouts pour chasser sur le terrain des sociétés de portage.

« Ca ne s’oppose pas, ça se complète. » Le cri est unanime tant du côté des sociétés de portage salarial que des têtes pensantes de l’auto-entrepreneuriat. Pourtant, devant le succès impressionnant de la loi Novelli sur le statut d’auto-entrepreneur (près de 150 000 inscrits depuis le 1er janvier 2009), les entreprises de portage pourraient bien se faire du mouron.

Plus simples et plus accessibles

François Hurel est celui par qui tout a commencé. Le délégué général de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes a rédigé le rapport qui a permis la création de la loi Novelli. Même si, en façade, il affirme que les deux systèmes ne peuvent être mis en concurrence, il reconnaît que « là où le portage salarial offrait des opportunités, l’auto-entrepreneuriat en offre d’autres. Plus simples et plus accessibles à tous. »

Aucun risque

C’est ce qui a séduit Hélène Lelandais, « 29 ans depuis le 14 mai ». La date est importante : le jour de son anniversaire, en quelques clics sur internet, la jeune femme s’est offerte « son » entreprise, une société de prestation de secrétariat. « Depuis longtemps, je voulais savoir pourquoi je me levais le matin », se réjouit Hélène. Le système de l’auto-entrepreneuriat lui a permis de sauter le cap. « C’était extrêmement simple et je sais que je ne prends aucun risque puisqu’on ne paie des charges que sur ce que l’on gagne. » Le portage salarial ? La nouvelle auto-entrepreneuse reconnaît ne pas y avoir trop réfléchi. « Ca ne m’intéressait pas. Le fait de devoir laisser une partie de mes revenus à une société ne me plaisait pas. »

45 % contre 75 % de la facture

« C’est là, la force majeure de l’auto-entrepreneuriat », s’enthousiasme Grégoire Leclercq. Le jeune homme a lancé la première Fédération des auto-entrepreneurs il y a six mois. L’association compte déjà plus de 1 200 membres. « A qui s’adresse le portage salarial ? A plus grand monde », sourit-il avant de faire un bref un calcul. « En portage, vous touchez 45 % de ce que vous facturez. En auto-entrepreneur, vous empochez 75 %. C’est quand même plus intéressant, non ? »

Chiffre d’affaire limité

Du côté des sociétés de portage, on ne dément pas. « La loi Novelli a mis en place un excellent système, affirme Radhia Amirat, responsable de la communication du Syndicat national des entreprises de portage salarial (Sneps). Mais tout dépend de votre type d’activité. » Pour les professionnels, les deux systèmes ne s’adressent pas aux mêmes profils : « L’auto-entrepreneuriat a un chiffre d’affaire limité à 32 000 euros par an. Il est parfait pour les petites activités parallèles. Mais pour les gens qui souhaitent développer une activité principale sans avoir à se préoccuper des tracasseries administratives, le portage salarial est préférable. »

Pas le même public

Même constat pour Jean-Charles Vallet, président du Sneps. Dans sa propre société, Calleo, il enregistre une croissance de 20 % pour l’année en cours. « Le portage salarial est un confort. Nous nous adressons majoritairement à des gens qui gagnent plus de 30 000 euros par an. Un public senior qui tient, par ailleurs, à son régime général. »

Plus d’assurances avec le portage

Car là est l’équation : alors que les sociétés de portage permettent de cotiser pour la retraite et pour l’assurance chômage, l’auto-entrepreneuriat, s’il coûte peu, offre peu de protection. « C’est sur le plan des assurances que les sociétés de portage continueront à faire la différence, reconnaît Grégoire Leclercq, de la Fédération des auto-entrepreneurs. Elles accompagnent leur client un à un sur un business plan et sont donc plus à même de proposer des solutions qualifiées pour chacun. »

Observer sur la longueur

Malgré cet attrait, les chiffres gouvernementaux révèlent que les deux activités fétiches du portage salarial, conseil de gestion et services à la personne, sont à l’heure actuelle les plus représentées dans l’auto-entrepreneuriat. « On fera le point dans deux ans, propose, confiant, Jean-Charles Vallet. Une fois l’effet de mode passé, il faudra voir combien de ces nouvelles structures tiendront sur la durée. »

Des changements de statuts

D’autant plus qu’une fois le seuil des 32 000 euros atteints (80 000 euros pour les établissements à vocation commerciale), les auto-entrepreneurs passent directement au statut d’entreprise en EURL ou SARL. « Certains ne seront pas forcément préparés à ce genre de changements », prévient Radhia Amirat. Et préfèreront rechanger de statuts pour faire appel aux services d’une société de portage qui gèrera leur administratif ?… On vous l’avait dit : « Ca ne s’oppose pas, ça se complète. »

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 05.06.09

Et pourquoi pas une année sabbatique ?

Mardi, mai 5th, 2009

Un an pour se faire la malle. Qui n’en a pas rêvé ? C’est le principe de l’année sabbatique. Un congé bien pratique et pourtant peu utilisé en France. Car au-delà du projet de tour du monde ou de l’envie de retaper la bicoque de Mémé dans le Larzac, il faut savoir gérer ce « blanc » dans sa carrière.

L’expérience remonte à 6 ans, mais il en parle comme si c’était hier. En 2003, Pascal Dutronc quitte pour un an son poste de Directeur général adjoint à l’UCPA pour prendre le large en famille. « Ma femme et moi étions des mordus de voile. Nous avions donc décidé de parcourir l’Europe, l’Afrique et l’Amérique centrale à bord de notre bateau, en compagnie de nos trois enfants. »

Cinq ans pour se préparer

Formation à la navigation et préparation du navire, il n’aura pas fallu moins de cinq ans aux moussaillons en herbe pour concrétiser leur projet. Un temps de latence plus que bénéfique : « Nous travaillions tous les deux et il fallait vraiment anticiper notre départ sur le plan professionnel. Il n’était pas question que mon employeur se retrouve acculé, mis devant le fait accompli. Idem pour mes équipes, que je voulais préparer à mon absence. »

Montrer sa flexibilité

« Cette étape de la préparation est primordiale, affirme aussi Gilles Lacour, consultant en gestion de carrière chez Altedia. Le plus simple est d’en parler clairement avec son employeur et de montrer sa flexibilité. Lui faire savoir que vous pensez à prendre une année sabbatique, mais que vous n’êtes pas à six mois près. » Car pas de doute ! L’année sabbatique n’est pas mal vue dans l’univers de l’entreprise. « Tout le monde en rêve, reprend Gilles Lacour. A vous de créer l’envie. »

Une continuité du projet professionnel

Un avis partagé par Robert Zuili, coach et cofondateur du cabinet Excelia : « Néanmoins, c’est un projet qui va donner des interprétations. Il faut éviter que celles-ci soient négatives, que votre entourage pense à une fuite ou à un mal-être. Le tout est de montrer en quoi ce projet reste dans la continuité de votre projet personnel et professionnel. »

Quel apport pour votre employeur ?

« A partir du moment où c’est important pour vous, toutes les raisons sont bonnes, confirme Gilles Lacour, et peu importe ce que vous voulez faire de votre année. Il faut juste le projeter en termes d’avenir. Qu’est-ce que ça va vous apporter à vous et à votre employeur ? » Et de citer le cas de ce jeune cadre qui, après avoir perdu son emploi, s’est pris une année pour se ressourcer. « A son retour sur le marché du travail, il expliquait posément qu’il était désormais en pleine forme, prêt à être performant. Tous les recruteurs lui ont dit : « on vous envie. ». Il n’a pas eu de mal à retrouver un job. »

Pour Pascal Dutronc, les arguments d’alors se sont renforcés après son expérience. « J’ai redécouvert les qualités relationnelles que j’avais en moi, mais que j’avais un peu oublié. Et puis, le fait de faire face à l’inconnu, en mer, à l’étranger ou simplement dans une nouvelle vie qu’on se donne pour un an, c’est très formateur pour le travail en entreprise. »

Risques de tout perdre

Côté employeur, cette année sans vous peut aussi porter ses fruits : « Ca permet de penser à l’après, de tester d’autres personnes sur votre poste, d’ouvrir des possibilités, poursuit Pascal Dutronc. Avec, évidemment, un risque de ne pas retrouver son poste au retour. » C’est la peur première des candidats au congé sabbatique. « C’est vrai qu’on est jamais irremplaçable pour une entreprise, avoue Gilles Lacour. C’est pour ça qu’il ne faut pas se faire oublier pendant son année. »

Rester connecté

Conserver sa boîte professionnelle, envoyer quelques mails de temps à autre et se tenir au courant de ce qui se passe dans sa boîte… Pascal Dutronc s’est tenu à cet exercice de « non-déconnexion » : « On s’était fixé des points réguliers avec le DG… Je ne sais pas si ça a été très utile pour la boîte. Mais ça m’a au moins permis de ne pas être complètement largué au retour. »

Préparer le retour…

Car la reprise s’avère souvent délicate. « En un an, vous pouvez devenir complètement ‘has been’, observe Gilles Lacour. Il y a de nouvelles têtes, de nouveaux logiciels, de nouveaux marchés ou de nouveaux concepts. » Même remarque pour Robert Zuili, qui conseille même de programmer, avant le départ, un parcours de remise à niveau pour gérer au mieux le retour.

… et envisager la suite !

« Tout dépend des personnes et de l’expérience vécu, nuance Pascal Dutronc. Mais c’est vrai qu’il m’a bien fallu deux mois pour retrouver ma place. Je me sentais confiné dans mon bureau et j’avais vraiment besoin de me remettre à la page. En même temps… Mon voyage avait fait grandir ma capacité d’adaptation. Et j’ai fini par trouver ça très stimulant de se remettre en question. » Tellement stimulant que trois ans plus tard, le skipper de l’UCPA a changé de branche. Il est aujourd’hui directeur d’un hôpital privé. « Notre voyage y est pour quelque chose. J’ai compris que je pouvais explorer d’autres possibles. Y compris sur le plan professionnel. »

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 04.05.09

Les modalités pour prendre son année

Pas question de faire ça sur un coup de tête. Depuis 1984, prendre un congé sabbatique d’une durée de six à onze mois est un droit dans votre carrière professionnelle… mais il y a quelques petites règles à respecter. Suivez le guide !

Au moins six ans d’expérience professionnelle
Pouvoir justifier, à la date du départ en congé, d’au moins six ans d’expérience professionnelle et de 36 mois d’ancienneté dans l’entreprise. Vous ne devez pas avoir bénéficié d’un autre congé sabbatique, d’un congé de création d’entreprise ou d’un congé de formation de six mois ou plus, au cours des six années précédentes passées au sein de votre société.

« Madame, Monsieur, J’ai l’honneur de… »
La demande de congé sabbatique doit être adressée à l’employeur au moins trois mois avant la date du départ. N’oubliez pas de le faire par lettre recommandée avec accusé de réception, à moins que vous ne la remettiez en mains propres… Auquel cas, demandez un reçu. La date de départ et la durée du congé souhaitée doivent impérativement figurées dans votre courrier.

Trente jours pour la réponse
Votre employeur a trente jours pour vous répondre, lui aussi par lettre recommandée avec accusé de réception. Dans une entreprise de plus de 200 salariés, on ne peut vous refuser ce droit, mais on peut le décaler d’une période maximale de six mois. Dans une entreprise de moins de 200 salariés, votre employeur peut reporter le congé de neuf mois et peut rejeter votre demande. Il doit, pour cela, justifier que « le congé aurait des conséquences préjudiciables à la production et à la bonne marche de l’entreprise ».

Et mon contrat ?

Il est suspendu et non rompu. Pendant la durée de votre congé, vous n’êtes pas rémunéré, vous ne gagnez pas d’ancienneté ni de droit aux congés payés. Vous avez le droit de travailler pour une autre entreprise ou de créer votre propre société, à condition de ne pas porter concurrence à votre employeur. A votre retour, vous devez retrouver votre poste ou un poste équivalent, assorti d’une rémunération similaire.

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 04.05.09

Et toi ? t’es plutôt Facebook ou viadéo ?

Dimanche, avril 26th, 2009

Facebook, Viadeo ou LinkedIn… Les réseaux virtuels sont désormais devenus indispensables dans nos vies de tous les jours comme dans l’impulsion de nos carrières. Encore faut-il savoir les utiliser à bonne escient, sans y perdre tout son temps.

Selon une enquête réalisée en 2008 par Keljob, 70 % des Français considèreraient les réseaux sociaux sur internet comme un bon moyen de faciliter leur recherche d’emploi. Il serait même près d’un tiers à avoir décroché un contrat grâce au seul réseau virtuel dont ils font partie. En mars 2008, le site de l’Apec lançait un partenariat avec LinkedIn pour que ses 600 000 membres puissent bénéficier des fonctionnalités du réseau professionnel. En décembre, c’était Cadremploi qui rejoignait les 100 millions de profils Facebook… Désormais, le cadre au chômage en Pouilly-en-Nonais peut rentrer en contact (virtuellement tout du moins !) avec Bill Gates. De quoi dire adieu à votre bonne vieille carte de visite ?

Virtuel ou réel, même combat

Non point, rassure François Laurent, co-président de l’Adetem, premier réseau des professionnels du Marketing : « Le fait d’opposer réseau virtuel et physique est un non sens. Cela voudrait dire qu’il y a une vie dans le rue et une vie sur le web. Or, l’une et l’autre sont aujourd’hui complètement liées. »
Même avis pour Olivier Fécherolle, directeur général de Viadeo : « Bien loin de nuire aux réseaux traditionnels, les réseaux sur internet en ont montré tout le potentiel. Cela fait 20 ans que les conseillers en carrière parlent de l’importance des réseaux… Ils sont maintenant plus simples et plus naturels à entretenir. On n’a plus besoin d’être un expert du réseau pour avoir des contacts. »

Un profil, c’est plus qu’un CV

Un expert, non. Mais quelques règles s’imposent pour les rendre réellement performants. « Il faut commencer par choisir son réseau, affirme François Laurent. Ca ne sert à rien de courir d’un site à l’autre. Mieux vaut bien entretenir un profil. » Entre réseaux transversaux, comme Facebook, ou réseaux purement professionnels, à vous de voir ce qui vous sied le mieux.
Mais quel que soit votre choix, ne remplissez pas votre profil à la va-vite : « Un profil c’est plus qu’un CV, explique Olivier Fécherolle. Il doit rester neutre dans le ton, mais en dit plus sur vous. Vous pouvez rajouter les gens que vous connaissez, les liens que vous avez publié sur internet, vos goûts et vos attraits… Plus on dit de choses, plus on joue le jeu. Et plus c’est payant. »

Attention aux intrus

Reste ensuite à établir votre carnet de contacts. Facile ? Pas toujours… « Le réseau reste toujours une affaire de confiance. On déconseille à nos membres d’ouvrir leur profil à quelqu’un qu’ils ne connaissent pas. Il suffit d’un mauvais élément pour nuire à votre image. »

Et pourquoi pas un blog ?

Votre image, justement, le web peut en devenir le démultiplicateur, si vous savez utiliser les bons outils. « « Nos jeunes professionnels, reprend François Laurent, ont créé leurs groupes d’échanges sur Facebook. Et l’Adetem propose une plateforme de blogs. » Nouveautés de votre secteur, réflexion personnel sur votre branche d’activité ou simple partage d’information, internet vous permet de vous poser en vrai professionnel sans être l’invité d’honneur de tous les colloques de la région.

Se faire remarquer par ses idées

« L’essentiel, c’est de se faire remarquer par ses idées », confirme Olivier Fécherolle. A défaut de tenir un blog régulier, il vous suffit parfois de poster une ou deux (bonnes) réponses sur une question à un forum ou de lancer les débats en faisant remonter un article repéré dans la presse ou sur la toile. « Adhérer à des groupes qui abordent des thématiques proches de votre domaine est aussi un bon moyen de se tenir au courant et de faire de nouvelles rencontres », avance François Laurent.

Pas si chronophage…

Une activité à plein temps de réseauter sur la toile ? Le co-président de l’Adetem a la réplique : « Pensez donc au kilomètre de lettres qu’on devait écrire avant internet, aux heures interminables au téléphone et aux journées perdues dans les salons pour échanger trois cartes de visites… qui pouvaient ensuite se perdre dans le fond d’un tiroir. »

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 26.04.09

« Aller vers les autres pour ne passer à côté de personne »

Fondatrice du site coachforleaders.com, Marie-Jeanne Marti est coach et consultante. Diplômée de sociologie, journaliste pour divers médias pendant quinze ans avant de se lancer sur les planches en tant que comédienne, elle s’est forgée au cours de son parcours professionnel une réelle expérience du réseau. Un outil professionnel qu’elle envisage comme un art de vivre.

Le « réseau », kézako ?

Le réseau, c’est tout. C’est votre famille, ce sont vos amis, c’est votre médecin ou votre boulangère. Tout ces gens que vous rencontrez et avec qui vous échangez. Tous ceux qui peuvent vous donner une information, un tuyau, un boulot ou la simple possibilité de rencontrer une autre personne. Pas forcément dans l’instant, là, comme ça. Mais un jour, peut-être. On a tendance à entendre le réseau d’un point de vue « mercantile ». Or, il ne faut surtout pas confondre le réseau et le commercial. Dans un cas vous avez quelque chose à vendre, vous, votre « œuvre » ou un produit. Dans l’autre, vous êtes simplement ouvert sur les opportunités. Vous lancez des filets. Le réseau, c’est comme la marée : vous attendez calmement devant l’océan ce que la mer peut vous rapportez. Mais vous ne savez jamais quoi.

Vu comme ça, le réseau ne prend-il pas un côté « intéressé » ?

Pourquoi ? Parce que vous l’envisagez comme un mélange d’affect et d’intérêt ? C’est tout l’inverse. Le réseau, c’est être simple et remettre les relations à plat. On a tous besoin de quelque chose à un moment ou à un autre. Ce n’est pas un drame et ce n’est pas être quelqu’un d’intéressé. Il faut juste accepter d’être aidé, accepter de demander. L’essentiel est de positiver cette démarche et de prendre plaisir à rester ouvert aux autres, à envisager toute nouvelle rencontre comme une chance à part d’élargir ses connaissances. Le réseau, c’est juste se trouver des points communs. C’est aller vers les autres pour être sûr de ne passer à côté de personne.

Et pour les timides ?

La timidité est acceptable pour les enfants. Ensuite, elle n’est plus qu’un refuge pour se défosser d’un tas d’initiatives d’adulte. Si les gens se mettent dans la tête de sortir de leur timidité, ils y arrivent. Néanmoins, cela demande souvent de commencer par faire un travail sur la confiance en soi, de parvenir à se revaloriser à ses propres yeux. Mais quoi qu’il arrive, il n’y a pas de formation de base au réseau. Il suffit juste d’un déclic. D’un état d’esprit. Et tout le reste suit.

La rencontre semble primordiale dans votre conception du réseau. Que pensez-vous des réseaux sociaux virtuels ?

Internet est un outil magnifique… mais pas humain. Ces genres de « réseaux » fonctionnent très bien parce qu’ils vendent une illusion : grâce à eux, on a l’impression qu’on peut discuter avec la planète entière. Sauf que la planète entière, on s’en moque un peu. Et puis vu le temps que cela prend, cela ne sert pas à grand chose. Surtout si vous ne rencontrez pas les gens derrière. Mieux vaut s’occuper pleinement des gens qu’on connaît. Ce sont eux les premières pierres de nos réseaux.

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 26.04.09

Pour en savoir plus : « Cultivez efficacement vos réseaux », Marie-Jeanne Marti et Delphine Barrais. Edition ESF, 2007.

Quand le web fait surfer les emplois de la grande distrib

Jeudi, février 5th, 2009

Auchan, Carrefour, Les Mousquetaires et même Monoprix… Ils s’y sont tous mis. Le cybermarché est venu peu à peu titiller le traditionnel hypermarché à coup de clics gagnants. Une nouvelle branche de la grande distribution qui révolutionne le secteur et décuple les possibilités d’embauche.

Fini le temps de l’arpentage de rayon sous la lumière blafarde des néons de supermarché. Aujourd’hui, le commerce est électronique ou n’est pas ! Enfin presque…
Depuis le début des années 2000, l’explosion des sites de vente en ligne a révolutionné le secteur de la grande distribution. D’abord l’attribution de « pure-players », tels que Opodo ou Amazon, dont l’activité était exclusivement tournée vers internet, le phénomène a été repris par les grandes marques du commerce traditionnel.

Plus de 10 000 sites marchands

Et pour cause… Selon la Fédération des entreprises de vente à distance (Fevad), le volume d’affaires du secteur est passé de 2,2 à 7 milliards d’euros entre 2002 et 2005. Un marché alléchant à ne pas laisser filer. Résultat : dans la seule année 2005, le nombre de sites marchands serait passé de 7500 à plus de 10 000.

12 % de poste en plus en 2008

Derrière cette conjoncture favorable, l’emploi des cadres de la distribution a lui aussi évolué. En 2007, toujours selon la Fevad, on ne recensait pas moins de 15 500 e-commerçants. Parmi eux, 30 % de cadres. Et ce n’est pas fini puisqu’en 2008, d’après une enquête réalisée par Benchmark Group, les créations de postes ont augmenté de 12 %. « On peut s’attendre a la même chose en 2009 », avance Pierre Cannet, fondateur du cabinet Blue-Search conseil, spécialisé en recrutement dans l’internet, la vente par correspondance et les nouvelles technologies.

De nouveaux métiers

Des postes créés. Des métiers aussi. Car le e-commerce a changé la donne y compris au sein des branches du secteur. Chef de rayon en ligne, web designer ou responsable référencement naturel sont désormais au cœur de la machinerie du e-commerce. « Les métiers de l’informatique, évidemment, sont devenus très importants, note Eric Le Strat, de Houra.fr, premier cybermarché français créé en 2000. Mais il a aussi fallu faire évoluer les méthodes des commerciaux ou les façons de penser le marketing. » Difficile en effet de vendre de la même manière l’image d’une boîte de haricots en ligne et la boîte de haricots elle-même manipulable et observable en magasin.

Plus informel le e-commerce

« Les codes eux aussi ont été modifiés, reprend Pierre Cannet, de Blue-Search Conseil. Le responsable de magasin qui arrivait à 7h pour inspecter ses rayons et ne repartait que tard le soir après avoir vérifié trois fois que tout tournait rond a fait son temps… Dans le e-commerce, on peut se permettre d’arriver plus tard le matin et de faire varier ses latitudes horaires. Les relations hiérarchiques, également, sont généralement plus informelles. »

Un secteur besogneux

Un coup de balais sur la poussière de l’étiquette dévalorisée de la grande distribution ? Alors que le secteur traditionnel peine toujours à attirer les cadres, le e-commerce pourrait-il venir redorer son blason ? « Pas vraiment, affirme Eric Le Strat, de Houra.fr. Le secteur est toujours difficile et besogneux, même sur les sites de vente en ligne. Et il reste mal payé. »

Mieux payés chez les pure-players

« C’est un peu l’erreur des enseignes de la grande distribution, confie Pierre Cannet. Elles ont voulu appliquer la même grille salariale à leurs employés en e-commerce, à l’inverse des pure-players qui, eux, ont compris que pour attirer les candidats il fallait adapter les salaires. » Si tout reste relatif d’un groupe à l’autre, le salaire de base d’un responsable marketing on line dans les groupes traditionnels de grande distribution serait de 10 à 20 % moins élevé que chez les pure-players.

Promotions rapides

Avantage supplémentaire pour l’e-commerce, les évolutions de carrière s’avèrent plus prometteuses en cybermarché qu’en hypermarché. « Les équipes sont plus réduites, les échelons moins nombreux à gravir, expose Eric Le Strat. Et on fonctionne beaucoup plus à la méritocratie. » Au moins une bonne raison pour tisser sa toile dans le e-commerce.

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 05.02.09

Ces littéraires qui réussissent en entreprise

Jeudi, janvier 22nd, 2009

Ignorés et sous-payés par les entreprises qui recrutent bien souvent via réseaux d’anciens, les littéraires possèdent cependant un atout indéniable : leur capacité de rebond. Bûcheurs par essence, ils cumulent de nombreuses qualités : capacité de concentration, esprit de synthèse, rigueur… ce qui décuple leur faculté d’adaptation. Tout n’est pas rose pour autant et nombreux sont ceux qui galèrent pour travailler en dehors de l’enseignement. Toutefois, certains y parviennent. Et ne changeraient rien à leur parcours.

Littéraire et cadre : où est le problème ?

Décriées, les Lettres modernes, malmenées, les Sciences humaines, remisées, les études de psycho, de socio et de philo… Il ne fait pas toujours bon être « littéraire » sur les rivages de l’emploi. Pourtant, il n’est plus si rare d’en croiser à tous les niveaux de l’entreprise.

« Tu veux devenir prof, toi ? » Cette question, Chloé n’ose même pas compter combien de fois elle l’a entendue au début de ses études. Diplômée d’un ancien bac A1 (math-littérature), passée par hypokhâgne et khâgne, cette « tronche » a galéré quelques années avant de décrocher son premier contrat. Car, non, elle ne voulait pas devenir prof.

Rigueur et adaptabilité

Elle travaille aujourd’hui dans une grande entreprise bancaire, en tant que responsable marketing. Et ne regrette rien de son parcours. « Mon cursus, aussi atypique soit-il, m’a apporté bien plus qu’une formation linéaire au marketing. Une bonne orthographe, certes, une bonne culture générale, évidemment, mais également une rigueur et une adaptabilité qui font aujourd’hui ma force sur le marché du travail. »

Stratégies personnelles d’emploi

Comme Chloé, bon nombre de « littéraires », autrefois « condamnés » aux concours de l’enseignement ou de la fonction publique, trouvent désormais leur place dans toutes les strates de l’entreprise. « Les jeunes qui suivent ce type d’études sont conscients du fait qu’elles n’ont pas une finalité immédiate, explique Christian Darantière, de l’Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés (AFIJ). Ils mettent donc très vite en place des stratégies personnelles d’emploi. »

Opération Phénix

La première d’entre elle : la formation complémentaire professionnalisante. « Nombreux sont ceux qui reprennent une formation courte pour obtenir le petit plus de compétences techniques nécessaires à l’entreprise », poursuit Christian Darantière. C’est aussi ce que propose la très médiatique opération Phénix.

La diversité des profils, une richesse d’entreprise

Depuis 2007, cette initiative engagée par la société PricewaterhouseCoopers a permis à 70 étudiants de master de recherche en Littérature, Histoire, Géographie ou Philosophie (entre autres !) de décrocher des CDI à des postes de gestionnaires de grandes entreprises. « L’intention initiale de cette action, décrypte Jean-François Lochet, correspondant de l’opération Phénix à Paris I, était de copier le modèle anglo-saxon qui fait de la diversité des profils une richesse dans la société. » Et de rappeler aux responsables de ressources humaines que les capacités d’analyse développées par les « Humanités » peuvent être un plus pour le développement de stratégies d’entreprise.

La valeur diplôme

« Mais il ne faut pas croire que nos étudiants ont attendu ce type d’actions pour investir le monde entrepreneurial, reprend Jean-François Lochet. Cette idée de fabrique à chômeurs qu’est l’université est fausse et non-justifiée. » En France, la valeur diplôme reste la meilleure clé pour ouvrir les portes de l’emploi. Et plus le niveau d’études est élevé, moins la précarité est grande : les titulaires d’un bac + 5 seraient quatre fois plus nombreux à décrocher un poste de cadre dans les trois ans qui suivent leur sortie d’études que les bac + 3.

Précarité plus longue

C’est ce que révèle l’observation de la génération des diplômés de 2004 établie par le Centre d’études et de recherche sur les qualifications (Cereq). Cependant, toujours d’après le Cereq, ces conditions d’insertion restent très variables pour les littéraires. 13 % de ceux issus des filières Lettres et Sciences humaines sont encore au chômage trois ans après leur sortie d’études. Ils ne sont que 5 % pour les licenciés de Maths, Sciences et techniques.

Premiers touchés en temps de crise

« Et en temps de crise, annonce Christian Darantière, ce sont eux qui vont le plus souffrir, car les entreprises ont du mal à embaucher des gens qui n’ont pas une rentabilité immédiate. » Pour ce responsable de l’Afij, la grosse lacune des filières littéraires, c’est qu’elles ne proposent que rarement des stages en entreprise. « Ils manquent donc aux étudiants un certain nombre de mécanismes pour comprendre le fonctionnement de l’entreprise. »

Jobs alimentaires

Un jugement modéré par Jean-François Lochet, de Paris I : « 86 % des étudiants occupent ou ont occupé un emploi pendant leur cursus universitaire. Ils savent ce qu’est le monde du travail. » Reste que ces emplois ne sont souvent que des jobs alimentaires, difficiles à faire valoir sur un cv pour candidater à un poste de cadre.

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 22.01.09

Webmaster après une maîtrise d’Histoire contemporaine

C’est par passion que Benoît Graisset-Recco a toujours fait ses choix et ses orientations. Par passion et grâce à une grande force de travail acquise pendant ses études. Après un bac scientifique et une maîtrise d’histoire, Benoît Graisset-Recco est aujourd’hui, à 37 ans, un webmaster aguerri.

Il a du mal à se souvenir de tous les détails de son parcours universitaire. Mais Benoît Graisset-Recco se rappelle très bien qu’il a toujours fait ses choix par passion. « Après un bac scientifique, j’ai suivi mon goût personnel pour l’histoire et je me suis inscrit à Paris I-Sorbonne. » A l’époque, l’étudiant n’a pas encore de projet professionnel défini. « Je me suis inscrit au Capes pour devenir prof, mais c’était sans trop avoir réfléchi à la question. »

Des débuts en indépendant

C’est pourtant cette année de préparation aux concours de l’enseignement qui lui sera décisive. « Au cours de l’année, j’ai commencé à m’intéresser à internet. Très vite, j’ai trouvé ça passionnant ! » A peine son cursus terminé, Benoît s’installe en tant que webmaster indépendant. Associé à deux amis, il crée des sites web au moment où la demande est de plus en plus forte. Le bon filon pour s’introduire dans un milieu quand on n’a pas le profil…

« Je restais potasser jusqu’à minuit »

« Après deux ans en tant qu’indépendant, je me suis suis dit que j’avais les bases pour postuler dans une entreprise. » Il devient alors administrateur informatique du réseau national des Auberges de jeunesse. « C’est là que, pendant quatre ans, je me suis réellement formé. Après ma journée de travail, je restais potasser jusqu’à minuit pour vraiment progresser dans ce que je faisais. »

Enseignant dans une école d’informatique

Les progrès sont rapides et le jeune autodidacte devient enseignant à l’Hétic, une école supérieure d’informatique et de multimédia. « Ca a duré deux ans. J’étais également administrateur de leurs systèmes informatiques… Avant de changer à nouveau d’employeur. » Depuis quatre ans, désormais, il a gagné ses galons de chef de projet chez Anakrys, petite SSII spécialisée dans la création de sites internet.

Des qualités qui deviennent des atouts

« Si mon parcours étonne les gens, confesse Benoît, je ne pense pas qu’il les dérange. Une fois qu’ils sont rassurés sur mes compétences en informatique, ils l’oublient très vite. »
Lui, à l’inverse, n’oublie pas ses acquis. « Je ne peux pas dire que le contenu de mes cours d’histoire me soit encore utile aujourd’hui. Mais les qualités qu’on doit mettre en œuvre en tant qu’étudiant dans des filières littéraires deviennent de vrais atouts dans le monde du travail. »
Rigueur, autonomie, esprit de synthèse, aptitude à bâtir un plan de dissertation comme un plan de travail… « Pour moi, rien de ce que j’ai fait aujourd’hui n’aurait été réalisable sans ces réflexes acquis au cours de mes études ! »

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 22.01.09

« Avec mon master en psychopathologie, je suis aujourd’hui consultant international RH »

A 23 ans, Maxime-Louis Régis parcourt la planète pour recruter les salariés d’un grand groupe oléoduc. Il se destinait pourtant à devenir psychologue clinicien. Un changement de cap engagé pour éviter la précarité. Et pour élargir ses horizons.

Son rêve à lui, c’était de travailler auprès de malades mentaux. Sa réalité : voyager aux quatre coins de la planète pour recruter du personnel pour un grand groupe oléoduc. « Dès le début de mes études, je me suis spécialisé en pédo-psychiatrie et gériatrie, explique Maxime-Louis. Mais pour financer la fac, j’ai trouvé un job dans une grande entreprise. »

Un Master et de l’expérience

En fait de petit boulot d’étudiant, le jeune homme commence à travailler dans les ressources humaines d’un grand groupe de conseils en management et services informatiques. De CDD en CDD, il finit par y être embauché en CDI, trois jours par semaine… et par prendre de plus en plus de responsabilités. « A la fin de mes études, j’avais donc un Master en psychopathologie de l’enfance et trois d’expériences dans les RH… Pour trouver rapidement un travail, le choix a été vite fait. »

Un jour au Congo, l’autre en Iran

A 23 ans, Maxime-Louis est donc aujourd’hui consultant international en ressources humaines dans un groupe comptant près de 30 000 salariés. Le mois dernier, il était au Congo pour élaborer des tests de recrutement et rencontrer près de 120 candidats. Même chose dans quelques semaines au Kazakhstan, puis en Iran. « Si j’étais resté à un poste de clinicien, je serais sans doute encore à temps partiel, payé au lance-pierre, dans une structure de la grande banlieue parisienne… Après cinq ans à galérer dans mes études, je n’avais plus envie de cette précarité. »

Un petit plus sur les collègues

Pour autant, Maxime-Louis ne regrette rien de son cursus : « Mes études me donnent un petit plus sur mes collègues puisque je suis capable de diagnostiquer très facilement un problème chez un candidat. » Une névrose maladive ou une psychose trop prononcée… Les cas sont rares, mais sont tout de suite analysés par ce professionnel. Même chose pour les personnalités de ces collègues. « Je repère tout de suite qui réagit comment dans l’entreprise. Ca me permet de m’adapter très vite dans une équipe. »

Retour en cliniques

Pragmatique, le jeune homme ne doute pas de la plus-value que lui apportera en retour, cette expérience en entreprise. « Je sais qu’il n’est pas évident d’évoluer énormément dans un grand groupe quand on a un profil un peu atypique. Mon souhait serait donc de retourner vers des cliniques psychiatriques. » Qui, elles aussi, ont besoin de spécialistes en ressources humaines.

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 22.01.09

Titulaire d’un Deug de Lettres et PDG d’une SSII

Il avait choisi la voie royale pour l’enseignement. A 37 ans, Abdelaziz Sali est aujourd’hui dirigeant de Nouveli, une SSII qu’il a lui-même fondée. « Je voulais devenir prof de français depuis longtemps. Mais un « accident de parcours » m’a fait changer d’avis. » D’avis et d’avenir.

Inscrit à la fac de Lettres de Paris-Tolbiac, Abdelaziz Sali est en deuxième année quand un ami lui propose de le rejoindre dans une drôle d’aventure. « Il venait de créer une boîte d’édition de logiciels de gestion pour les cliniques vétérinaires. Je n’y connaissais rien en clinique vétérinaire et encore moins en informatique. Mais il a réussi à me convaincre que c’était là, l’avenir. »

Tout appris sur le tas

A deux dans cette nouvelle société, Abdelaziz Sali apprend tout sur le tas. « C’était vraiment passionnant de découvrir quelque chose de totalement différent. » En cinq ans, il obtient une expérience suffisante pour rejoindre une SSII parisienne. « Mon parcours atypique les a intéressé. Ma formation de Lettres, notamment, m’a catégorisé dans les services « avant-vente ». On s’est tout de suite dit que mes qualités rédactionnelles pourraient servir pour l’élaboration des discours commerciaux. »

Plus d’efforts pour faire ses preuves

Pas de problème à l’embauche, donc, mais quelques mois pour faire sa place dans cette nouvelle structure : « Au début, on s’adressait à moi comme à un petit jeune. Je pense qu’il a fallut que je fasse encore plus mes preuves pour montrer que, moi aussi, je savais ce qu’était un logiciel. »

Créateur d’entreprise

Devenu « Business consultant », c’est pourtant lui, le littéraire, qui interviendra chez les clients de la société pour les épauler sur les outils informatiques. C’est lui aussi qui, quelques années plus tard, soutenu par son chef, créera son « cabinet d’experts en formation et commercialisation de solutions logicielles ». Nouveli, 53 collaborateurs et 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2008. Une petite réussite.

Le diplôme est secondaire

Et pas question pour Abdelaziz Sali de revenir sur son parcours. « En plus des qualités rédactionnelles, ma formation littéraire m’a offert une certaine culture. Or, quand vous êtes avec un client, c’est parfois bien de parler d’autres choses que du dernier microprocesseur ! »
Désormais en position de recruteur, il ne se ferme donc à aucun profil. « Le diplôme m’importe peu. D’autant moins, d’ailleurs, que je dois être le moins diplômé de mon entreprise. » Compte avant tout l’engouement d’un candidat et son envie d’apprendre. « Pour moi, un diplôme n’est qu’une carte de visite. Or, une personne est forcément plus intéressante que sa carte de visite. »

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr – Publié le 22.01.09

Métiers pénibles, retraites souvent écourtées

Lundi, décembre 10th, 2007

À l’heure où les régimes spéciaux, assis sur la difficulté de certains métiers, sont remis en cause, la réflexion sur la pénibilité au travail peine à avancer.

Les caissières sont devenues des hôtesses de caisse, les ouvriers des opérateurs et le balayeur un technicien de surface. Les mots ont changé. Les métiers aussi, parfois. Devenant, pour certains, plus physique, plus stressant, plus éprouvant. Alors, la question se pose : qu’est-ce qu’un métier pénible ?

Après deux ans de négociations sur la question, syndicat et patronat peinent toujours à se mettre d’accord sur la définition. Une nouvelle rencontre a lieu demain au siège du patronat. Le débat a été entamé en compensation de la loi Fillon 2003 sur la réforme des retraites. Tandis que celle-ci durcit les conditions de départ, le gouvernement cherche à mieux prendre en compte le cas particulier des salariés usés à la tâche.

Seul critère reconnu : l’espérance de vie

Les troubles musculo-squelettiques, par exemple, représentent déjà près de 70 % des maladies professionnelles reconnues. Mais ils ne sont pas les seuls. Horaires de nuit ou à rallonge, port de charges lourdes, postures fatigantes, exposition à des produits chimiques, aux intempéries, au froid, au chaud, au bruit… Les motifs d’épuisement ne manquent pas. Pourtant, aucun n’a, pour l’instant, fait l’objet d’un consensus. Seul critère reconnu : l’espérance de vie. Celle des ouvriers est réduite de cinq ans par rapport aux cadres. Leurs retraites sont donc écourtées.

Mais les récents suicides des salariés du Technocentre de Renault, à Guyancourt, viennent aujourd’hui rappeler que cette seule référence ne suffit pas. Stress, cadence soutenue, responsabilité accrue… L’évolution du monde de l’entreprise a changé la donne. D’une manière générale, 55 % des salariés estiment, aujourd’hui, que leurs conditions de travail se sont dégradées. À ce rythme-là, il risque de n’y avoir plus grand-chose à gagner à travailler plus.

Tiphaine RÉTO © Ouest France

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Ainsi « fonds », fonds », « fonds »… les cliniques privées

Mercredi, octobre 31st, 2007

Médecins actionnaires vieillissants, établissements trop coûteux… Les cliniques privées intéressent les fonds d’investissement étrangers.

Et si votre appendicite était rentable ? L’idée vous amuse… et pourtant ! C’est le pari lancé par des grands groupes de santé qui, peu à peu, rachètent les cliniques privées de France. L’Ouest ne fait pas exception. À Nantes, c’est la polyclinique de l’Atlantique, acquise en juin par Vedici. À Caen, c’est le centre hospitalier privé Saint Martin, détenu par la Générale de Santé. Des mastodontes gestionnaires qui investissent un secteur en pleine mutation.

La Clinique du Ter, de Lorient, a été rachetée en septembre par Vitalia. De taille moyenne, l’établissement avait du mal à tourner en solo : « Du fait des évolutions de matériel, notamment, explique son directeur général, Bernard le Meur, les coûts de fonctionnement d’une clinique sont considérablement plus élevés aujourd’hui. » L’appartenance a un grand groupe permet de mutualiser tant les moyens que les besoins.

« Qui est assez fou pour investir ? »

Autres soucis : trouver des successeurs : « Avec le système traditionnel, reprend le directeur, quand un chirurgien quittait l’établissement, il devait revendre ses parts à un jeune praticien… Mais qui est assez fou aujourd’hui pour investir dans des actions qui ne valent plus rien ? »

Réponse : les grands groupes de santé. « Notre stratégie de réseaux, détaille le docteur Christian Le Dorze, président et fondateur de Vitalia, permet d’organiser, en compagnie des médecins et des plateaux techniques, une prise en charge globale des patients. »

Et d’apporter l’argent nécessaire à ces restructurations. Car derrière ces groupes sont présents des fonds d’investissements, quasiment tous étrangers. « Avant de dire que nous sommes soutenus par des étrangers, précisez d’abord qu’aucun fonds d’investissements français n’a voulu nous suivre », s’insurge l’ancien cardiologue. Le capital de sa société est détenu à 35 % par le célèbre fonds américain Blackstone. Chez Vedici, c’est l’international Apax qui tient les cordons de la bourse.

3, 5 % d’économies immédiates

Quel intérêt pour ces organismes plutôt habitués au CAC 40 qu’aux salles d’attentes ? « Notre métier est d’apporter des capitaux, tranche Jean-Baptiste Mortier, directeur général de Vitalia et managing director chez Blackstone. Le secteur de la santé en a besoin. Nous sommes donc les mieux placés pour l’aider. » Et de détailler : « Investir 2 millions d’euros dans un accélérateur de particules, c’est une opération peu rentable pour un cardiologue de 50 ans. Il ne pratiquera plus assez pour rentabiliser l’achat. Nous, puisque nous investissons pour la clinique, nous savons d’emblée que nous rentrerons dans nos frais. »

Plus mathématiquement, les groupes jouent sur les réseaux pour mettre en commun les dépenses et réaliser des économies immédiates allant jusqu’à 3,5 %. « Il y a quand même peu de marchés qui vous permettent d’obtenir ce type de rentabilité ! », poursuit Jean-Baptiste Mortier. D’autant plus que l’investissement s’annonce durable. « On vit de plus en plus vieux, on est de plus en plus malades. Et partout dans le monde, on se tourne de plus en plus vers les hôpitaux privés. »

Tiphaine RÉTO © Ouest France

ECLAIRAGE 1. Interview de Jean-Loup Durousset, président de la Fédération de l’hospitalisation privée.

Les indépendants restent acteurs principaux

Jean-Loup Durousset, comment les groupes d’investissement se sont-ils intéressés à l’hospitalisation privée ?

Tout a commencé par le regroupement de petits établissements de santé. Ceux-ci se sont unis pour répondre à des problèmes fonciers ou économiques. Mais à force de se concentrer, les cliniques ont atteint des prix considérables. Impossible pour un médecin d’engager de telles sommes avec ses honoraires. Ce sont donc les cliniques elles-mêmes qui sont allées chercher de nouveaux repreneurs. Or, le secteur santé privé français est le plus grand d’Europe. Normal qu’il ait attiré immédiatement des fonds d’investissement.

En quoi ont-ils changé le secteur du privé français ?

Ils ont fait évoluer la vision que les gestionnaires avaient de leurs établissements. Autrefois, on regardait avant tout le fonctionnement local de sa clinique. Aujourd’hui, face à ses groupes nationaux, on est obligé de s’interroger sur des réalités nationales. Par ailleurs, ils nous ont permis de nous poser la question du positionnement du financier, du gestionnaire et du médical. La bête à trois pattes, essentielle pour l’équilibre et le fonctionnement d’un établissement.

Sont-ils une menace pour les cliniques indépendantes ?

Vitalia est le deuxième groupe sur le marché du privé français. Pourtant, il ne représente que 45 cliniques sur les 1 200 établissements de notre secteur. On parle beaucoup de leurs acquisitions, mais il s’est échangé, cette année, autant de cliniques entre établissements indépendants. Par ailleurs, se forment dans les régions de grands ensembles d’actionnariat de médecins qui s’associent pour le rachat de cliniques (NDLR : c’est le cas en Bretagne, avec les Cliniques privées associées, présentes à Brest, Saint-Malo et Saint-Grégoire, près de Rennes). Les indépendants restent encore les acteurs principaux de la cliniques privée française.

Cela signifie-t-il la fin des petites cliniques privées ?

Non. Face aux grands ensembles d’hôpitaux publics apparaîtront de grands ensembles de cliniques privées. Et, ça et là, émergeront de petits établissements spécialisés dans l’hospitalisation à domicile, la chirurgie ambulatoire ou les soins de suite… Ceux-là offriront de nouvelles opportunités d’investir pour de jeunes praticiens.

ECLAIRAGE 2.

Trois types d’établissement de santé

Les établissements publics. Ils représentent près de 65 % de l’ensemble des lits d’hospitalisation. Personnes morales de droit public, ils sont dotés de l’autonomie administrative et financière. Communaux, intercommunaux ou régionaux, ils sont dirigés par un conseil d’administration et par un directeur nommé par le ministère de la Santé.

Les établissements privés ou c liniques. Ils appartiennent à un ou plusieurs médecins actionnaires. Chaque année, les cliniques privées réalisent 60 % des interventions chirurgicales et 40 % des traitements anticancéreux.

Les établissements privés à but non lucratifs. Créés par des mutuelles, des associations, des congrégations religieuses ou des fondations privées, ils participent au service public hospitalier, mais assument une gestion indépendante, à la manière du privé. Une troisième voix méconnue, qui représente pourtant 856 établissements

Voir la page : cliniquesprivées.pdf

Les prix s’emballent, la polémique cavale

Vendredi, octobre 12th, 2007

Après Bonduelle et Lactalis, c’est au tour de Danone d’annoncer une hausse sans précédent de ses tarifs au distributeur.

Mettre du beurre dans les épinards pourrait devenir le symbole même du luxe. 10 % pour les petits pois de Bonduelle, 15 à 17 % pour les fromages de Lactalis, 10 % pour les yaourts de Danone… Produits après produits, groupes après groupes, les industries de l’agroalimentaire annoncent l’augmentation de leurs tarifs. En cause, « la hausse brutale et sans précédent des prix des matières premières », se justifie Danone.

Le riz et les pâtes pourraient augmenter de 20 %.

Sécheresse en Australie, pluie en France, boom des biocarburants ou élévation du pouvoir d’achat dans les pays en voie de développement… Les raisons sont multiples. Mais la conséquence est partout la même : « Depuis le 1er octobre, nous payons 20 % de plus le lait que nous achetons au producteur, explique Michel Léonard, président du directoire de Lactalis, dans un entretien accordé aux Échos. Et une nouvelle hausse est attendue en début d’année prochaine. »

Depuis un an, l’inflation des prix dans l’industrie agroalimentaire aurait déjà doublé. Et ne devrait pas s’arrêter là : « C’est du délire, s’énerve Michel Édouard Leclerc, PDG des centres de distribution du même nom. Certains produits, comme le riz et les pâtes pourraient augmenter de 15 à 20 % dans l’année. » Et pas question d’approuver les arguments des industriels : « Les matières premières ont bon dos, alors que Danone a annoncé qu’il souhaitait une augmentation à deux chiffres de son résultat. »

Négocier les conditions d’achat

Et le résultat dans le chariot, lui, qu’en est-il ? « Pour l’instant, on a fait ce qu’on a pu pour réguler la hausse, affirme Serge Papin, PDG de Système U. Mais là, ça va devenir difficile d’agir si on ne nous en donne pas les moyens. »

Entendez par là, la réforme de la loi Galland, qui régit, depuis 1996, les rapports entre fournisseurs et distributeurs. « Si on veut faire notre travail de commerçant, on doit pouvoir négocier librement les conditions d’achat, s’exclame Serge Papin. Il faut mettre un terme à cette exception française qui laisse les industriels passer les hausses qu’ils veulent sans avoir à se justifier. »

Même avis pour Michel-Edouard Leclerc, qui juge la réforme « salutaire » pour le consommateur : « On veut bien réduire nos marges, mais ça ne ferait baisser les prix que d’à peine 1 %. » Et d’en appeler directement au Président pour accélérer les négociations.

Et mieux partager le fromage…

Tiphaine RETO © Ouest France

Casino : Barrière parie sur le jeu en ligne

Lundi, octobre 1st, 2007

La France doit répondre aux critiques de Bruxelles sur le monopole des paris sportifs. Les casinos espèrent une brèche pour se lancer sur le marché.

Les jeux sont faits… Ou tout comme ! Alors que le ministre du Budget, Éric Woerth, annonçait, lundi dernier, ne pas être « hostile à une ouverture » du monopole sur les paris sportifs sur Internet, les « casinotiers » abattent leurs cartes. « Il a ouvert une porte. Comptez sur moi pour mettre le pied dedans », a annoncé Dominique Desseigne, président du conseil de surveillance du groupe Lucien Barrière.

Et pour cause ! Le numéro un des exploitants de casinos français a profité du Salon international du tourisme de Deauville, Top Résa, pour dévoiler un ambitieux programme de jeux en ligne. Dès le premier trimestre 2008, Lucien Barrière compte ouvrir un site de jeux en trois dimensions pour les amoureux de la roulette et du baccara. En France, où les jeux de hasard sur Internet restent prohibés, le site sera non lucratif… en attendant de s’engouffrer dans la brèche du site marchand, si le gouvernement en donne l’accord un jour.

Sortir d’un contexte morose

« Nous comptons beaucoup sur la Commission européenne pour faire bouger les choses, précise Dominique Desseigne. Nous n’avons aucune certitude, mais beaucoup d’espoir. » Depuis 1891, une loi française établit le monopole de l’État sur les paris hippiques. Une hérésie pour Bruxelles, qui crie à l’entrave à la libre concurrence. La France a jusqu’à fin octobre pour répondre à ses critiques.

Et Bercy ne cache pas que, après les paris sportifs, le dossier des casinos en ligne devrait être rapidement sur le tapis.

Une occasion en or pour un secteur en berne. Depuis novembre 2006, la mise en place des contrôles d’identités des joueurs a rendu la vie dure aux casinos et à leurs chiffres d’affaires. Une baisse de 3 à 4 % de l’activité se serait fait ressentir chez Barrière. « Il faut donc trouver des relais de croissance avec Internet », estime Dominique Desseigne. Le pari est risqué. Perdre des clients au tapis ou en gagner sur la toile… C’est quitte ou double.

Tiphaine RÉTO.

Les franchises, une solution pour la Sécu ?

Samedi, septembre 29th, 2007

Face à face. Responsabilisation des patients ou atteinte à l’égalité des soins ? C’est le débat provoqué par le projet de franchise médicale (0,50 € par boîte de médicaments).

Les Français se rebiffent contre les franchises. Un collectif réunissant professionnels de santé, partis politiques, syndicats et associations organisent aujourd’hui des rassemblements dans une cinquantaine de villes. L’objectif ? Faire entendre leurs voix contre l’effort « de solidarité », annoncé, fin juillet, par le président de la République.

La mesure devrait entrer en vigueur dès janvier 2008. Pour faire face au déficit de 12,7 milliards d’euros de l’assurance-maladie, la Sécurité sociale devrait diminuer certains de ses remboursements : 50 centimes prélevés par boîte de médicaments et par acte paramédical et 2 € retenus sur les transports en ambulance. Le tout ne devrait pas dépasser les 50 € par personne et par an. Et permettra d’engranger 850 millions d’euros.

Pourtant, 70 % des Français restent opposés à cette mesure, craignant, notamment un déséquilibre dans l’accès aux soins. Pour faire passer la pilule, le gouvernement a déjà annoncé que la somme servirait au plan Alzheimer et à la lutte contre le cancer.

INTERVIEW 1 : Guy Vallancien, professeur à l’université René Descartes Paris 5, président du cercle santé société.

« La santé, c’est aussi des devoirs »

Guy Vallancien, en quoi pensez-vous que le système de franchises médicales est une bonne chose ?

Nous sommes dans un système sanitaire qui a totalement déresponsabilisé tous ses acteurs. Il est temps que les caisses d’assurance-maladie sachent pour quoi elles paient, que les médecins ne se mettent à prescrire que le nécessaire… et que les malades passent du statut de simples patients à celui de consommateurs actifs. La plupart des gens veulent être sensibilisés et participer à leur diagnostic, mais ne veulent pas payer la facture. Il faut arriver à un système de franchise suffisant pour que le patient ait le réflexe de se dire : « C’est cher docteur, faut-il vraiment que je le prenne ? »

Mais n’y a-t-il pas, justement, un risque d’inégalité face aux soins ?

En France, les ménages dépensent 3 % de leurs revenus pour la santé… et 17 % pour le téléphone ! Même dans les familles les plus modestes, des gens peuvent dépenser 20 ? par mois pour leur téléphone. Et personne ne pourrait mettre 50 ? par an pour sa santé ? C’est bien la preuve qu’on a totalement sorti la santé de la responsabilité des Français. En plus, tous les malades en Couverture médicale universelle (CMU) et en Aide médicale d’État (AME) seront exonérés de cette franchise. De même que les femmes enceintes et les enfants de moins de 16 ans. En France, nous avons une très belle chose : c’est la Sécurité sociale. Un système qui fait que les riches paient pour les pauvres.

S’il faut responsabiliser tout le monde, pourquoi les patients doivent-ils payer ?

Pour les médecins d’autres méthodes vont être mises en place avec le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Il faudra moins de médecins, mieux formés, mieux répartis et plus aidés par des assistants médicaux. La franchise ne va pas boucher à elle seule le trou de la Sécu, mais il faut arrêter de penser que ce trou est inéluctable ! Et pour ça, la première chose à faire, c’est d’introduire beaucoup de pédagogie. Qu’on apprenne aux Français que la santé n’est pas un droit… Mais une somme de devoirs.

Recueilli par Tiphaine RÉTO.

INTERVIEW 2 : Michel Régereau, président de la Caisse nationale des assurances maladies et de l’Union des caisses d’assurance maladie

« Faire payer le patient ne marche pas »

Michel Régereau, vous avez comparé les franchises médicales à de « simples rustines ». Que vouliez-vous dire ?

À chaque fois que l’on évoque les problèmes des comptes de la Sécurité sociale, les gouvernements, quels qu’ils soient, inventent des franchises, soi-disant pour « responsabiliser » les gens. En réalité, tout le monde sait que c’est pour combler le déficit de la Sécu. Or, on finit cette année 2007 avec 7 milliards de déficit. Les franchises ne doivent rapporter que 800 millions d’euros. On voit bien que ce n’est que du bricolage. Un bricolage qui permet de cacher la vraie question qui est celle de l’organisation du système.

Mais cette « responsabilisation » des patients ne permettrait-elle pas cette réorganisation ?

Quelle responsabilisation ? L’expérience montre bien que ça ne marche pas de faire payer le patient. Le ticket modérateur n’a jamais responsabilisé. Pas plus que le forfait journalier pour l’hôpital ou l’euro prélevé à chaque consultation. Et cette franchise-là s’annonce encore pire ! Ce sont les malades qui paient pour les malades. Où se trouve le système de mutualisation, là-dedans ? On n’est pas malade par plaisir. Ce sont avec les professionnels de santé qu’il faut travailler. Notamment sur la prescription des médicaments. La France est le plus gros consommateur en Europe. On voit le médicament comme un produit magique, et non comme un produit chimique. Et on considère que, parce qu’on paie le médecin, on doit recevoir, en échange, des médicaments.

Que préconisez-vous ?

Il faut commencer par aller au bout de la dernière réforme du système de santé. Notamment, avec la mise en place du dossier de suivi personnel. Cela évitera la double médication, qui, par ailleurs, peut s’avérer dangereuse. Il faut aussi que les médecins aient une vraie formation en pharmacopée. Une formation qui ne soit pas réalisée, comme à l’heure actuelle, par les laboratoires pharmaceutiques. Par ailleurs, il va vraiment falloir réorganiser l’articulation médecin-hôpital.

Recueilli par Tiphaine RETO © Ouest France

Voir la page : franchises.pdf