Rendez-vous aux bains douches
Pour beaucoup, les bains douches ne sont qu’un vestige du passé. Pourtant, la Ville de Paris continue d’entretenir 18 de ces établissements d’hygiène. En 1999, on y comptait 300 000 entrées par an. En 2008, le chiffre avait triplé : 900 000 visiteurs ont poussé la porte des bains municipaux.
Entre les deux, l’ancien maire de Paris, Jean Tiberi, a imposé la gratuité des accès. Et le niveau de vie des Parisiens les plus modestes n’a cessé de baisser.
Conçus à l’origine pour accompagner les piscines florissantes du début du XXème siècle, les bains douches sont devenus peu à peu le symbole d’une France de l’exclusion. Mais aujourd’hui SDF, mal-logés et sans-papiers croisent les retraités des chambres de bonnes ou les « travailleurs pauvres » ne pouvant plus payer les factures d’eau.
Il est souvent difficile d’y faire ses premiers pas… Beaucoup d’ombres se faufilent jusqu’aux cabines. On s’attarde rarement. Surtout les premières fois. Pourtant, à force de revenir encore et toujours, on finit par se connaître. On discute, on échange. On prend ses aises en même temps que ses habitudes. « Ce lieu est un nerf social, affirme Billy. On ne se rend pas compte à quel point la crasse vous exclut de la société. En sortant de la douche, on se sent redevenir humain. » Ancien commercial, il fréquente les bains douches depuis une dizaine d’année. « Fréquenter » est le mot puisqu’il n’y vient parfois que pour « voir du monde ». « Les gens arrivent ici par difficultés, ils découvrent une atmosphère. »
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