Jongleurs de maux
Dans l’ancienne ville coloniale de Battambang, au Cambodge, le campus de l’association Phare Ponleu Selpak (PPS) est réputé pour son sens de l’accueil, de l’apprentissage… et du jonglage. Ici, orphelins, gamins des rues, enfants malades du Sida ou simples jeunes à la dérive trouvent dans les arts du cirque un nouveau départ.
C’est dans les camps de réfugiés, sous le régime khmer rouge, que l’association est née. « En apprenant le dessin dans le camp de réfugiés S-2 à la frontière thaïlandaise, j’ai pu dépasser mes angoisses et mes traumatismes », se souvient Khuon Det, directeur de l’ONG. Décidé à faire partager sa passion et son échappatoire à la violence, il monte un atelier de dessin à destination des plus jeunes.
Le camp S-2 ferme en 1992. Mais Khuon Det reste persuadé du bien-fondé de l’art pour panser les plaies. Le cirque, plus adapté aux besoins de se dépenser d’enfants encore perclus de traumatisme, s’ajoute peu à peu au dessin et à la musique dans les salles de classe de l’association. Plus de 200 enfants, âgés de 12 à 20 ans, viennent chaque jour y recevoir une éducation à la fois scolaire et artistique.
Les plus âgés ont monté une compagnie qui tourne désormais partout dans le monde et partage la scène avec les Mnouchkine et autre grands noms de la piste.