Au nom d’Allah ?
Les talibés font partie du quotidien des Sénégalais. Ces enfants, âgés habituellement de 6 à 15 ans, confiés par leurs parents à des « marabouts » pour parfaire leur apprentissage du Coran, arpentent le pays en quête d’une pièce, d’un peu de sucre ou de riz. Dans l’enseignement des « daaras » (écoles coraniques), l’épreuve de la mendicité force l’humilité tandis que les Sénégalais satisfont l’un des piliers de l’islam : la charité. Ainsi la société fonctionnait en bon équilibre… jusqu’à ces dernières années.
La crise économique tend à pervertir la tradition. Des charlatans, venus de l’intérieur du Sénégal ou de pays voisins, se sont approprié le titre de marabout pour ouvrir des daaras au fonctionnement douteux à Dakar, ville de tous les espoirs. Les enfants y sont de plus en plus jeunes, de plus en plus nombreux. Ils n’étudient plus, mais mendient toute la journée pour nourrir leur « maître » et sa famille. Ils ne trouvent plus de couvert, ne sont plus soignés, sont souvent maltraités et parfois battus ou violés. Les talibés grandissent en marge de la société.
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