Amer acide

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Le Cambodge connaît une recrudescence des attaques à l’acide qui tuent rarement mais détruisent toujours la vie des victimes. Vengeance de femmes trompées ou jalousie de voisinage… Chaque année, une quarantaine de personnes sont défigurées, handicapées par des jets d’acide. Un nombre qui a été multiplié par 40 entre 1990 et 2000 et qui concerne surtout femmes et enfants présents lors des attaques. Perpétrées essentiellement dans les zones rurales, il y a encore fort à faire pour changer les mentalités dans un pays où 80% de la population vit à la campagne. Loin des villes,  les victimes n’osent porter plainte auprès de tribunaux par crainte de représailles ou d’une justice corrompue.
La situation pourrait néanmoins changer. En novembre 2009, pour la première fois, un haut dignitaire de l’armée commanditaire d’une attaque à l’acide, a été condamné à 18 ans de prison et à une amende de 100 000 $. Une brèche s’est ouverte. Depuis février, un « Comité anti-acide » a été mis en place par le gouvernement royal afin d’étudier la possibilité de légiférer et de réglementer la vente d’acide. Une loi devrait être promulguée d’ici la fin de l’année, faisant des attaques à l’acide une grande cause nationale.

Reportage réalisé en collaboration avec Delphine Barrais et Hana Levy